Parcours

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Pour un débat d’idées

Pour un débat d’idées

(2ème partie)

(Paru dans « L’observateur Paalga », n°6505 du mardi 25 octobre 2005, pp. 8-10)

 

 

 

Ces derniers temps, on a vu Laurent Bado, lors de l’ affaire des 30 millions, s’époumoner pour dire qu’il n’a toujours désirer qu’un débat d’idées.

Or, voilà depuis le 15 décembre 2002, que nous l’avons invité à ce débat mais en vain.

Le programme de la CDS (Convergence pour la démocratie sociale), est une invite à un débat d’idée, adressé à tous les partis politiques.

Il a été adressé à tous les partis politiques du Groupe parlementaire Justice et Démocratie (dont est membre le PAREN), au  CDP, etc., sous pli fermé avec une lettre d’accompagnement.

Et depuis, nous attente a été vaine.

En attendant qu’un journal de la place accepte de publier un extrait de ce programme qui fait la critique des orientations des diverses formations politiques existantes au Burkina Faso, et particulière celle du PAREN, nous proposons au lecteur, comme avant-goût, ces quelques passages extraits du Discours que j’ai prononcé à Bobo-Dioulasso le 15 décembre 2002 à l’occasion de la clôture  du 1er Congrès de la CDS,). Les partis présents à la clôture de ce congrès sont en possession de ce discours.

 

 

Un sage africain ne disait-il pas que:

 

« L'arc-en-ciel doit sa beauté aux tons variés de ses

 

couleurs » (THIERNO BOKAR)

(…)

Faisons en sorte que le ciel politique du Burkina Faso soit riche de toute sa diversité et dans une compétition saine, que cette diversité de doctrines instruise notre peuple et  permette d'opérer un choix conscient quant à son devenir.

La CDS est née après plusieurs mois de concertations.

Nous ne désespérons pas de voir ceux qui traînent encore le pied de nous rejoindre pour renforcer nos rangs, lorsqu'ils se seront rendus compte de la justesse de notre orientation et quand ils auront circonscrit la fausseté des calomnies.

A la CDS, nous ne serons jamais à la remorque de qui que ce soit. Nous ne marchanderons jamais nos convictions. Mais nous oserons toujours afficher nos convictions quand bien même celles-ci choqueront aux premiers abords.

Nous savons que tôt ou tard, par expérience, que ceux qui nous jettent l'opprobre, rallieront, toute honte bue, à nos prises de positions.

Il en a été ainsi, lorsque dans un autre cadre, nous avons été les premiers à avancer la revendication d'une réconciliation nationale. Nous avons affirmé à l'époque que cette réconciliation nationale était incontournable, et qu'elle se fera avec ou contre les hommes qui sont actuellement au pouvoir. Ceux qui ont la vue courte et la bouche mielleuse et le fiel dans le cœur, s'en sont pris à nous et nous ont accusés de chercher «à aller à la soupe». Mais nous sommes restés inébranlables dans nos convictions.

Et lorsque le «Collège des Sages» a formulé, mots pour mots, à la lettre près, notre revendication d'une Réconciliation nationale, les mêmes personnes qui ne savent que médire, ont traîné d'abord les pieds, en vitupérant contre les «Sages», pour ensuite emboucher la trompette.

Il en a été de même, lorsque en étant membre actif du «Collectif», nous avons, contre tous, osé affirmer que la lute contre l'impunité n'était pas incompatible avec la lutte politique que les partis se devaient de mener conjointement. Nous nous élevions donc contre la pratique de boycott systématique des consultations populaires sous le prétexte que telle ou telle condition n'était pas réunie.

Et une des exigences avancées, posée à l'époque par une certaine opposition dite radicale comme condition à sa participation aux élections, fut l'épuration du dossier de Norbert Zongo.

Nous invitions le Collectif à se départir de cette attitude infantile qui à la longue pourrait saper la lutte contre l'impunité. Nous l'invitions à savoir judicieusement utiliser les deux flèches dont elle dispose dans sa lutte contre l'impunité.

On a encore crié « Haro au Baudet ».

On ne saurait, clamait-on, sauter le cadavre de Norbert Zongo pour aller aux élections.

On ne pouvait, renchérissaient certains, enjamber le corps de Thomas SANKARA pour aller aux élections. Ceux qui disaient cela, oubliaient qu'avant le Collectif, ils ont bel et bien enjambé le corps de Thomas Sankara, sans émoi, pour prendre part aux législatives de 199L

Quoiqu'il en soit, aujourd'hui où en sommes-nous? Tous ces partis politiques du «G.14» ne sont-ils pas allés, en rangs dispersés, aux dernières législatives sans que pour autant le dossier Norbert Zongo n'ait été vidé. Et s'il vous plaît, ils l'ont fait sans autocritique préalable, aussi naturellement qu'ils s'y étaient opposés.

Au Burkina Faso, autocritique, on connaît pas !

Les représentants de ces partis, pour ceux d'entre eux qui ont passé l'épreuve avec succès, trônent aujourd'hui à l'Assemblée, arborant, avec fierté, sur leur poitrine la cocarde.

Certains partis, à l'époque, sont nés seulement du fait de l'opposition de leurs membres à prendre part aux élections. (…).

Ce sont là, des attitudes qui minent l'opposition qui se dit démocratique et qui empêchent toute entente, toute unité d'action.

Au Burkina Faso, du fait de leur mentalité mesquine, de leur étroitesse de vue, les leaders politiques s'offusquent à l'idée que ce soit quelqu'un d'autre qu'eux-mêmes, qui voit juste. La vérité n'est pas bonne dans certaines bouches. Il faut qu'elle soit dite par la leur.

Quant à nous, nous persévérerons dans notre ligne de conduite: dire la vérité quand il faut et où il le faut, toujours avec courage et détermination.

Il faut le souligner, les hommes politiques de ce pays, font l'insulte à l'intelligence de notre peuple, en croyant que celui-ci n'a pas de mémoire.

Aujourd'hui, l'on a assisté à l'organisation de la journée de pardon, pensant pouvoir réaliser la «Réconciliation nationale ».

Les élections ont été organisées, certes avec d'énormes irrégularités, avec la participation de tous.

Vu la façon dont la réconciliation s'est faite, dans l'insatisfaction générale, les problèmes demeurent dans leur entièreté.

Nous sommes confortés, à la CDS, à l'idée que l'on ait mieux servi que par soi-même.

C'est pourquoi, à ce Congrès nous avons insisté sur le fait que la CDS, en tant que parti de l'opposition, ne doit pas proposer un programme de gouvernement.

La CDS est un parti d'opposition qui mène la lutte pratique pour se rallier le peuple burkinabè en vue de la conquête du pouvoir. Il est donc loin de détenir les rênes du pouvoir pour se lancer dans l'élaboration d'un vaste plan de transformations sociales.

La CDS n'est pas un parti au pouvoir, mais un parti aspirant à la conquête du pouvoir. En ce sens, ses options politiques stratégiques (son programme) ne sauraient être un programme de gouvernement qui dans le présent ne servira qu'à consolider les assises de ceux qui nous gouvernent. Car, ceux-ci n'en extrairont que les propositions qu'ils jugeront utiles à cet effet.

On a vu comment le pouvoir a usé de notre revendication de la Réconciliation nationale.

Ils ont pris l'idée mais en la mettant en application, ils l'ont vidée de tout son contenu. Ce faisant, ils ont pensé s'être tirés d'affaire. Mais Ils n'ont fait que se donner du répit.

Car cette revendication reviendra sur la table avec plus de force. On ne peut couvrir le ciel avec la paume de sa main.

Aussi, le programme d'un parti de l'opposition comme la CDS, qui vise à la conquête du pouvoir, doit-il consister en un exposé de thèses, d'un ensemble de revendications en faveur de notre peuple à des fins de propagande et d'agitation. Ces revendications doivent placer le pouvoir devant un dilemme:

- s'il entreprend de les satisfaire, il se remet en cause;

- s'il s'y refuse, le peuple le remet en cause en le démettant.

 

En outre, pour élaborer un programme de gouvernement qui soit des propositions de transformations économiques et sociales pertinentes, il faut avoir une vue d'ensemble de la situation de la nation établie sur la base du tableau économique et social d'ensemble.

C'est pour toutes ces considérations que les propositions (le programme) adoptées au cours des présentes assises de la CDS, se veulent moins ambitieuses et se contenteront d'esquisser à grands traits —  son orientation politique étant clairement définie —,  ses objectifs stratégiques et tactiques.

Nous, à la CDS, nous n'avons pas l'intention de proposer un quelconque projet de société, si dans l'entendement de ce terme, cela consiste à déterminer la physionomie de la société future fondée sur  des valeurs, des principes et surtout sur des fondements économiques sociaux originaux.

Nous ne préparons pas «des recettes pour les gargotes de l'avenir».

 Nous, Démocrates-sociaux du Burkina Faso, nous sommes conscients de mener notre combat dans un contexte national et international qui se caractérise par des mutations profondes en train de s'opérer et qui auront des conséquences décisives sur le devenir de peuples.

Une claire perception des tendances d'évolution et une évaluation des stratégies de luttes existantes s'imposent afin de ne pas fourvoyer toute une génération dans des voies sans issue.

C'est après une analyse de l'évolution de notre monde actuel, et après nous être pencher sur le devenir de l'Afrique, que nous avons passé au crible, les différents systèmes idéologiques qui sont représentés dans notre pays, avant d'affirmer notre physionomie propre.

Et nous comptons, dans notre action, confronter, dans une saine émulation et dans le respect de l'autre, nos conceptions à celles des autres partis en vue d'une éducation de notre peuple.

Notre peuple doit cesser d'être tiré par le bout du nez pour être conduit comme un troupeau de moutons suivant un berger.

Nous comptons dans cette confrontation politique, amener notre peuple à se faire une idée claire de tous les partis politiques qui sollicitent à l'occasion ses voix pour présider et siéger aux lieux où l'on délibère et décide de sa destinée.

Notre peuple doit savoir, qui est qui, qui fait quoi, qui est avec qui et pourquoi?

C'est une pratique salutaire que nous comptons instaurer au Burkina Faso. Que les acteurs politiques de notre pays souffrent de se soumettre à cette confrontation loyale qui contribuera à l'instruction civique, politique et idéologique de notre peuple.

Que chacun brandisse son drapeau et défende les attributs de son existence.

Nous Démocrates sociaux du Burkina Faso, nous comptons mener cette confrontation avec toute la courtoisie nécessaire et avec les considérations de respect que nous devons aux autres.

Au Burkina Faso, on confond débats d'idées et attaques basées sur des considérations de personnes.

Il y a des gens dans ce pays qui, tout en se déclarant démocrates, attachés à la liberté d'expression, ne souffrent pas la contradiction. Ils s'échauffent à froid chaque fois que l'on ose affirmer que l'on ne partage pas leurs idées. Il va bien falloir qu'ils nous souffrent. Car, c'est parce que nous ne sommes pas d'accord avec toutes les doctrines existantes, que nous nous sommes constitués comme une tendance distincte.

A la CDS nous ne nous laisserons aucunement intimider par ceux qui à défaut d'arguments n'ont recours qu'à l'invective.

A tous ceux qui sollicitent la caution de notre peuple qu'ils ont la prétention de diriger vers des lendemains meilleurs, à tous ceux qui veulent vendre leurs illusions à notre jeunesse nous disons:

« Vous croyez être dans le juste! Nous aussi.

Vous croyez détenir la clé du futur! Nous aussi.

Alors, confrontons nos idées. Le peuple y gagnera en lumière».

L'obscurantisme entretenu au niveau de notre peuple et surtout au niveau sa jeunesse a profité et profite à tous ceux qui œuvrent consciemment et inconsciemment contre ses intérêts.

Notre premier combat, à nous Démocrates-sociaux, ce sera la démystification de toute théorie doctrinale, qui a la prétention d'être le dernier mot de la pensée humaine et qui, examinée de près, après l'avoir débarrassée de toute la phraséologie qui l'embellit, se trouve être une idée aussi vieille que le monde.

Notre devoir sera de démasquer tous ceux qui abusent en théorie et en pratique notre peuple en se présentant à lui comme ses amis et défenseurs de son intérêt.

Ces «amis du peuple» devront se soumettre à l'épreuve de la critique.

Certes notre peuple est dans son immense majorité analphabète et est pour ce faire indifférent aux débats d'orientation politique d'une portée théorique. Les adhésions aux parties politiques, le choix des candidats aux diverses élections se font dans notre pays sur des considérations d'appartenance à la même famille, à la même « tribu », au même village et à la même, si ce n'est à qui tend le plus les espèces sonnantes et trébuchantes.

 

Entre des ressortissants d'une même région, le choix se portera sur celui, qui saura faire Ie plus de promesses démagogiques ou qui aura le plus de feuilles à distribuer à l'occasion.

Nous devrons, dans notre démocratie, souffrir encore longtemps de l'absence de la conscience civique de nos populations, qui profite a tous ces marchands d'illusions. .

Tout espoir n’est cependant pas perdu. Il faut espérer, avec la génération montante, des attitudes plus citoyennes et une conscience de discernement et de jugement plus grande.

La, Jeunesse de notre pays, se trouve désemparée par l'absence de perspective d'avenir, du fait de la «mort des idéologies».

Aussi est-elle prête  à mordre dans la première pomme acide qu'on lui présente sous les oripeaux  doctrinaux.

C'est pourquoi, nous au sein de la CDS, nous mettrons un accent particulier sur l'éduction de cette jeunesse, en lui dispensant une formation théorique conséquente afin qu'elle ne soit entraînée dans des voies sans issue.

La jeunesse, c'est l'avenir; c'est la force vive avec laquelle il faudra édifier notre démocratie. C'est pourquoi, nous avons choisi d'axer essentiellement notre action sur elle.

 La question sociale dans notre pays de façon particulière et en Afrique de façon générale, est en effet une question paysanne. C'est la question de savoir à quel destin sont promises nos communautés rurales.

Tout programme politique, tout projet de société doit passer par l'épreuve de cette question sociale.

Les doctrines des partis politiques doivent être jugées en fonction de la vision qu'elles se font du destin de nos communautés rurales et de l'orientation qu'elles entendent imprimer à l'évolution de nos sociétés.

Il convient par conséquent de faire le point sur ces différentes doctrines de développement, afin que notre jeunesse (surtout dans sa fraction scolaire et universitaire), sache, en toute connaissance, pourquoi elles sont vouées à l'insuccès ou tout simplement à l'impossibilité.

Notre jeunesse doit être théoriquement armée pour être à même de juger et de prendre parti.

Tous les adversaires du capitalisme, en Afrique ou tous ceux qui se veulent tels, dans leurs projets sociaux, ambitionnent de changer le cours actuel du développement du capitalisme dans notre pays en proposant, pour les uns d'en faire l'économie par des raccourcis menant tout droit au socialisme, d'inventer pour les autres, une «troisième voie» différente des systèmes connus (capitalisme et socialisme) en prenant comme élément de «régénération» (de «renaissance») sociale les institutions et les valeurs de communautés rurales traditionnelles.

Autour de cette pomme de discorde, on peut regrouper les partis politiques existants en trois grandes tendances en fonction de leurs orientations et de leurs pratiques :

1° - ceux qui pensent qu'il faut activer le bouleversement, la destruction en cours de nos structures traditionnelles et des valeurs (considérées comme des entraves) qui y sont attachées pour nous engager résolument dans la voie de modernisation dans laquelle nous avons été entraînés à notre corps défendant. Ils insistent sur la nécessité d'abolir toutes les entraves surannées qui gênent l'essor d'une vie économique moderne.

Dans cette catégorie, se rangent aussi bien les libéraux conservateurs, les libéraux par provision et les socialistes de tout bord.

La tendance libérale qui fait reposer sa conviction sur l'inviolabilité de la propriété privé et qui consciemment œuvre au développement du capitalisme dans notre pays, est incarnée par l'ADF-RDA.

La tendance socialiste qui voit dans le développement conséquent du capitalisme la possibilité d'une transformation révolutionnaire socialiste, elle, est représentée par deux grands courants:

les Sociaux-démocrates partisans d'un socialisme démocratique qui pensent réformer le capitalisme sans chercher à remettre en cause ses fondements véritables. C’est la tendance incarnée par le PDP et dont se réclame aussi le CDP.

les communistes, qui prônent le socialisme scientifique et sa réalisation par la révolution radicale. C'est la tendance incarnée par le PCRV.

 2°- ceux qui pensent qu'il faut retourner à nos structures et à nos valeurs traditionnelle pour les revivifier afin de se frayer une «troisième voie» qui soit différente et du capitalisme et du socialisme (les deux avatars du développement occidental).

Cette tendance que nous qualifierons désormais de «populiste», fait ouvertement l'apologie de ces entraves ou bien évite soigneusement d'en parler (ce qui revient pratiquement au même). La représentation nationale de cette tendance est incarnée par le PAREN avec son «tercérisme» fondé sur le «capitalisme populaire».

Les autres courants politiques, dont le discours est circonstanciel, s'attachent dans la pratique à l'une ou l'autre de ces trois grandes familles de pensée.

C'est donc en fonction de ces trois grandes tendances que les Burkinabè conscients devront se déterminer pour choisir une voie de développement.

Pour un tel choix, il faut être armé d'une vision claire de la marche des sociétés. Et cela, on ne le peut, sans l'acquisition de connaissances théoriques et sans s'être instruit de l'expérience pratique de notre peuple et des autres peuples.

L'histoire, dans l'appréciation des différents systèmes sociaux, nous est utile en ce qu'elle est pleine d'enseignements et notre jeunesse doit continuellement s'en inspirer pour éviter Ies vains engagements qui se tournent en déceptions démoralisantes.

En éventant toutes ces utopies, notre objectif est d'amener le peuple instruit à se faire une juste idée sur les alternatives que proposent les différents partis politiques de notre pays.

Chacun pourra ainsi juger de la pertinence de leurs orientations politiques et pourra se déterminer en fonction de cela.

C'est une tâche ingrate, mais nous sommes résolument déterminés à œuvrer pour éviter à notre peuple des tourments inutiles en se laissant conduire dans des voies sans issues.

 C'est le lieu de ne pas méconnaître, le danger de l'islamisme qui, ces derniers temps, défraye la chronique. Dores et déjà, il faut prémunir notre peuple contre ce nouveau danger imminent.

Depuis la fin de la guerre froide, une utopie se meurt, celle du communisme. Et déjà sous d'autres cieux de nouvelles utopies prennent le relais. L'islamisme dans le monde arabe (cas de l'Afghanistan) qui avait servi dans la lutte contre le communisme prend le relais de la lutte contre l'oppression.

Les peuples arabes en lutte contre l'oppression des dictatures nationales et l'exploitation des puissances internationales, ne sachant plus à quel système se vouer, sont entrain de verser dans l'islamisme avec comme seul moyen de lutte le terrorisme.

L'après guerre froide, avec la victoire des États-Unis d'Amérique sur l'Union des républiques soviétiques socialistes (URSS), a suscité une autre guerre dont les configurations ne sont pas encore bien définies.

Le vainqueur après avoir utilisé les courants islamistes pour venir à bout de son ennemi se trouve dans la position du magicien impuissant face aux forces infernales qu'il a suscitées.

Un totalitarisme est mort avec la fin de la guerre froide. Ce totalitarisme était contenu à l'intérieur des pays. Mais le totalitarisme que nous vivons aujourd'hui est à dimension mondiale: mondialisation de l'économie, mondialisation de la culture donc mondialisation de la lutte.

Face à ce phénomène de mondialisation, les luttes à l'intérieur des frontières ne sont plus classiques. Et ce sont les puissances du monde qui en ont décidé ainsi.

Sur le plan international, les guerres ne sont plus classiques prenant la forme d'affrontement de deux armées d'un pays contre un autre pays. Et c'est encore les puissances du monde qui l'ont décidé ainsi.

Alors le terrorisme devient le recours des opprimés dans cette guerre qu'ils livrent pour la liberté et le droit de vivre mieux.

Et partout dans le monde il y a des pauvres et des opprimés.

Notre pays étant un pays pauvres à majorité musulmane, nous avons à craindre que de telles dérives ne franchissent nos frontières. C’est pourquoi nous avons le devoir d’éclairer nos frères musulmans que la solution de l'obscurantisme fondamentaliste ne saurait constituer une alternative.

L'islamisme, qui se développe dans les pays à dominance musulmane, se présente comme la voie de salut pour les masses qui chaque jour constatent leur misères croissantes en même temps que leur divorce d'avec les classes dirigeantes de moins en moins aptes à répondre à leurs attentes. Animant cette espérance, les fondamentalistes invitent les fidèles à retourner aux sources par une étude rigoureuse du Coran qui, selon eux, contient toutes les solutions des problèmes de la vie.

Le fanatisme devient une force qui fédère tous les frustrés qui enfin, las de ce monde, s'anéantissent dans des actions suicidaires pour espérer le salut dans l'autre monde.

Malheureusement le fondamentalisme musulman, comme tous les autres fondamentalismes qui l'ont précédé (au sein du christianisme notamment), ne peut être l'alternative au système dominant, car tourné vers le passé en se fondant sur une certaine interprétation du Saint Coran, « texte révélé» et transcrit il y a plus de treize siècles alors qu'une interprétation et une pratique qui respectent l'esprit et non la lettre en intégrant les transformations sociales survenues depuis et les apports immenses de la science et de la démocratie, répondraient mieux à l'unicité de la communauté musulmane (la «Umah») du troisième millénaire.

En attendant, que Dieu préserve le Burkina des dérives de l'intolérance religieuse afin que les différentes communautés religieuses continuent de vivre leur foi dans la paix et dans la concorde, dans le respect de la laïcité de l'État.

Un verset du Coran ne dit-il pas:

« La création des cieux et de la terre,

la diversité de vos langues et de vos couleurs

sont autant de merveilles pour ceux qui réfléchissent. »

(Coran, XXX, 22)

 

Et voilà, le débat est lancé. Nul ne pourra s'y soustraire.

« Alea jacta est » ! (Le sort en est jeté) >>

Hélas, après la publication et la diffusion de notre programme, nos espoirs ont été déçus.

Aucun parti n’a réagi à la critique que nous avons faite de son orientation.

Alors que l’on ne vienne pas aujourd’hui nous chanter que l’on recherche désespérément un débat d’idée.

Si les journaux de la place pouvaient accepter de nous offrir leurs colonnes, nous seront disposés à animer ce débat d’idée, surtout dans cette période des élections, où chaque candidat devrait présenter et défendre son programme politique.

Ce sera notre contribution à l’éveil de la conscience politique de notre peuple.

 

 

 

 

 

Valère D. Somé

Chargé de recherche

INSS-CNRST



24/10/2011
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