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La queue du serpent qui dort

La queue du serpent qui dort

(Article proposé au Journal « L'Observateur-paalga » et paru dans sa livraison du ……septembre 2001., n°……)

 

[ Dans votre livraison du mardi 04 septembre 2001 (n° 417), j'ai été pris à parti par des anonymes dans deux articles différents. Usant de mon droit de réponse, je vous prie de bien vouloir publier le présent article que je soumets à l'attention de vos lecteurs.]

 


 

   Quand un petit imprudent provocateur piétine la queue d'un « boosre » (serpent bien connu en pays moaga) qui dort, il  ne pourra s'en prendre qu'à lui-même de la morsure qu'il aura reçue.

   Je suis ce « boosre » qui a pour ligne de conduite de ne pas être le premier à attaquer, me plaçant toujours dans une position de légitime défense.

   Dans l'Indépendant du mardi 04 septembre 2001 (n° 417) deux poltrons anonymes se sont pris en ma personne. L'un a signé son article intitulé« Le gombo sec d'un ministre sankariste » sous le pseudonyme de « Michel Zoungrana ». Le second a signé son article intitulé « Groupe du 14 février : vers un échec » sous l'abréviation « STM » . Mais ces deux poltrons doivent savoir que tout se sait au Burkina Faso, pays de la clairière ou tout  croc en jambe est impossible.

   Prenant les lecteurs de l'Indépendant en témoin, il me faut relever que l'esprit qui anime actuellement ce journal est loin de celui qui prévalait au temps de Norbert Zongo.

   Celui-ci avait le mérite d'entreprendre des enquêtes minutieuses avant de s'attaquer à un dossier quelconque. Il avait l'amour de la vérité associé au respect de la personne humaine. Il avait le respect de la déontologie de la profession.

  En outre, tous ses écrits il les signait de son nom quelle que soit la gravité des accusations qu'il portait. C'est ce qui a fait la renommé de l'Indépendant.

  « L'indépendant sera indépendant ou ne sera », telle a été la devise de l'Indépendant. Ce qui traduit que Norbert Zongo n'entendait pas se soumettre au dictat ni du pouvoir, ni de n'importe quel groupe de pression.

   Cette autre devise aurait bien pu convenir au journal : « L'Indépendant sera critique ou ne sera pas ».

  Après sa disparition, de bonnes volontés ont pris l'engagement d'œuvrer à ce que l'esprit du journal ne meurt avec son fondateur :

  C'est ainsi que Germain Bitou Nana a tenté de maintenir le flambeau jusqu'à son départ de l'Indépendant. Lui aussi avait le courage de ses opinions. Il s'efforçait à l'objectivité et signait de son nom.

   Aujourd'hui à lire l'Indépendant, nous sommes loin de cet esprit. Les animateurs actuels de l'Indépendant sont entrain de trahir cet esprit. A y persévérer, ils finiront par transformer cet organe en une vulgaire feuille de choux, où des paparazi s'exercent à démolir la réputation des hommes qu'ils auront ciblés. Ils sont entrain d'assassiner l'« Indépendant ». Et ce sera la seconde mord de Norbert Zongo, tué par les siens.

   Le paparazi qui a écrit sous l'anonymat de « Michel Zoungrana », doit savoir que pendant qu'il travaillait pour un autre organe de presse au sein duquel il œuvrait à saper la lutte du collectif, nous étions de ceux qui, au sein du Collectif, se faisaient gazer, molester et arrêter pour protester contre l'assassinat odieux de Norbert Zongo. Nous sommes surpris, aujourd'hui qu'il est transfuge à l'Indépendant, de lui trouver une âme de militant de la lutte contre l'impunité (sous toutes ses formes).

   Une chose est certaine, en amenant avec lui sa moralité au sein de l'Indépendant, il risque de transformer celui-ci en un organe de sensation comme l'était l'organe dont il était un des principaux animateurs. D'ailleurs depuis qu'il a quitté cet organe, celui-ci a gagné de la crédibilité. Et depuis qu'il s'est amené à l'Indépendant, ce dernier est en train de perdre de sa notoriété.

   Un organe ne vaut que par les hommes qui l'animent.

  Il se pourrait que nous nous trompions sur l'identité véritable du journaleux qui se cache sous le pseudonyme de « Michel Zoungrana ». Mais quoi qu'il en soit, il appartient au Directeur de publication de l'Indépendant de ne pas prêter les colonnes de son journal à des poltrons afin qu'ils se livrent à de la délation gratuite.

   Nous invitons ces délateurs pusillanimes à avoir le courage de leurs opinions et d'oser signer de leur vrai nom. Lorsque l'on croit détenir la vérité et que l'on croit bien faire en se posant comme défenseur des intérêts du peuple, on doit avoir le courage de signer ses écrits de son propre nom. On doit avoir le courage d'agir à visage découvert. L'anonymat est le recours des poltrons et des malhonnêtes. Notre peuple ne doit donner aucun crédit aux écrits des individus anonymes, puisqu'ils ne peuvent s'assumer publiquement. On ne débat pas avec des anonymes. N'eût été le souci d'éclairer le lecteur encore prisonnier de préjugés, ces écrits poltrons ne méritent qu'un simple mépris. Ils sont le fait d'intellectuels poltrons qui par conséquent ne peuvent s'engager ouvertement aux côté du peuple, encore moins s'ériger en son défenseur.

   Certains d'entre ces anonymes messieurs, convaincus de leur passé peu honorable, savent que s'ils signaient de leur nom, personne ne les prendrait au sérieux. C'est pourquoi qu'ils optent pour la solution commode de l'anonymat.

 

2- A propos des « deux flèches dans le carquois du Collectif »

 

   L'article « Les Deux flèches dans le carquois du Collectif » irrite énormément l'un des deux poltrons.

  Voilà un écrit que j'ai signé de mon nom à une période où la passion aveuglait l'immense majorité des membres du Collectif et qui est demeuré irréfuté jusqu'à nos jours. Ceux qui, comme notre « brave » anonyme, qui s'y sont essayé se sont contenté d'allusions vagues et d'insinuation tendancieuse, sans plus.

  Dans l'Indépendant du mardi 10 juillet (n° 409) un des intellectuels courageux qui s'est fait connaître par la pertinence de ses écrits à travers les colonnes de l'Indépendant, M. Bamas Stanislas, qu'on ne saurait soupçonner de connivence avec le pouvoir, a dans un article intitulé « l'opposition burkinabe doit s'unir », donner la confirmation des thèses développées dans « Les deux flèches… », affirmant que le  Collectif « manque de véritable stratégie ».

  A moins d'être un attardé congénital, on ne peut s'attaquer au « Deux flèches.. », au moment même où les partis du G.14 sont entrain d'éprouver les vérités qui y sont développées. C'est un tel ralliement qui ne dit pas son nom qui a d'ailleurs  provoqué les jérémiades de l'autre anonyme, qui écrit dans son article « Groupe du 14 février : vers un échec » :

« Il (le G.14) a beau expliquer que sa participation à la CENI ne signifie pas ipso facto sa participation aux élections, on voit mal comment le G.14 pourra boycotter les prochaines consultations si l'on connaît les forces dissensions internes à ces partis quant à la pratique du boycott comme arme politique »

  De notre point de vue, il est heureux que les partis politiques du G-14 se rendent à la réalité. Quand on se refuse d'aller à la vérité, la vérité ira à soi.

  La conception populiste qui veut que les organisations de masse dirigent les partis politiques a beaucoup nuit au mouvement étudiant. Et c'est cette conception que l'on a cherchée à transplanter au sein du Collectif et auquel nous nous sommes farouchement opposés.

  Que cette capacité d'anticipation me vaut l'étiquette d' « idéologue », n'est pas pour me déplaire.

  L' « idéologue » que l'on veut que je sois, a, il faut le rappeler, anticipé, à une certaine période, bien avant l'assassinat de Norbert Zongo, sur la nécessité de la Réconciliation nationale.

   Les mêmes attardés ont crié « haro au baudet ». Lorsque le Collège des Sages a fait sien, l'essentiel de mes propositions, les mêmes, dans un premier temps ont crié « haro au baudet » pour ensuite faire du rapport du Collège de Sages leur cheval de Troie.

  Il ne faut pas croire que notre peuple est bête et qu'il ne suit pas les péripéties des uns et des autres.

  L' « idéologue » que je suis, a ceci qui le caractérise, qu'il a le malheur, comme dirait l'autre, d'avoir tort, pour avoir trop tôt raison.

  Je m'honore de ne pas être compté parmi ceux là qui sont toujours là à observer le postérieur du peuple, et qui participent du courant que l'on appelle le « queuisme ». Ils sont toujours en retard d'une ou de deux batailles. Et ce qui est diabolique chez eux, c'est leur entêtement dans l'erreur.

   Je loue les pas effectués par le G-14, mais je dis que c'est encore des pas de caméléon, condamné malgré ces pas en arrière d'avancer irrémédiablement. Leur participation au CENI en tant que « mesure conservatoire » est une clause de style qui ne trompe personne. 

   Comme je l'ai dit ailleurs (cf. Interview dans Labor tribune n° 19 du 23 au 29 juillet 2001), les partis du G-14 sont condamnés d'aller aux élections législatives sous peine d'être l'ombre d'eux-mêmes. Et honteux qui sera le dernier ! Puisque rien de leurs exigences conditionnelles n'aura été satisfait.

   Quand une des grandes gueules du G-14, pendant qu'il était président de semaine, ose traiter les partis signataires du protocole, de « traîtres » et de « collaborationnistes », c'est le monde en l'envers. Il manque tout simplement de pudeur.

   Qui, d'entre le « sankariste » qu'il est, qui a justifié le 15 octobre et qui a pris une part active au mouvement de rectification sous le Front populaire et le sankariste que je suis, qui a combattu l'avènement de ce régime et qui, à la lueur de l'avènement de l'Etat de droit cautionne un gouvernement de compromis, est le traître ?

   Nous, à la CPS, nous n'avons pas à rougir vis-à-vis de n'importe quel dirigeant du Collectif. Faut-il que nous soyons obligé de retracer l'itinéraire des un et des autres ? La « traîtrise » ne saurait être l'apanage des seuls dirigeants du Collectif. Mais gardons-nous de ramener les débats à un niveau peu honorable.

   L'anonyme « STM », trouve que je suis sous le contrôle de maître Yaméogo Hermann. Bien entendu, pour qui a une âme servile, les rapports entre les hommes ne peuvent qu'être appréhendés qu'en termes de subordination. Que voulez-vous c'est une affaire de culture !

Je ne suis sous le contrôle de personne. J'ai mes idées ; je les défends avec passion car je préfère mourir pour mes idées que pour les idées des autres.

  C'est connu ! Lorsqu'on ne partage pas les idées du Collectif, on ne peut être que soit un « vendu », soit un « servile » de quelqu'un d'autre. Ce genre de chantage moral ne m'effraie guerre, car je sais que mes pires ennemis savent le contraire.

 

 3- A propos du « gombo sec ».

    Le nommé « Michel Zoungrana » a le mérite de situer clairement le problème, lorsqu'il traite du « gombo sec d'un ministre sankariste ». Il a établit de façon claire et sans équivoque, que la cabale dirigée contre le ministre Sanon Djézouma trouve sa justification dans le fait que la CPS soit allée aux élections municipales malgré le dictat des organisations civiles qui dirigent le Collectif et d'avoir été co-signataire du « Protocole d'accord » gouvernemental.

   Prenant partie d'office pour le Dr Gnoumou il se lance sans aucune investigation ( ce que Norbert Zongo se serait gardé de faire) dans une diatribe contre le ministre Sanon. Il gratifie le Dr Gnoumou du qualificatif pompeux de « parangon de l'intégrité ».

   « Michel Zoungrana » est libre de prendre les accusations du Dr Gnoumou pour argent comptant. Nous à la CPS, nous ne doutons pas un seul instant de l'intégrité de notre camarade Sanon.

   Mais voyons de plus près celui que l'on veut faire passer comme un « parangon de l'intégrité ».

   Voilà un monsieur dont les études ont été financées de bout en bout par l'Etat burkinabè par le sacrifice de notre brave peuple, afin qu'il devienne chirurgien, qui laisse tomber sa vocation première pour se muer en simple homme d'affaire, comme dit l'autre « mangeant son fromage dans la bouche des grabataires ».

   Nous avons approché un certain nombre de malades qui ont été évacués ou leurs proches, il ressort que ce docteur convertit aux affaires n'est  pas tellement un « saint ni touche ». Le Ministère de la Santé et l'Inspection d'Etat se doivent d'aller fouiner dans ses « affaires ». On y verra plus clair.

  Voilà un « rouge », formé pour devenir chirurgien, au lieu de rentrer pour mettre ses compétences au service de son peuple, a choisi de se convertir aux affaires. On sait combien ça coûte de former un chirurgien. Notre peuple manque cruellement de médecins encore plus de chirurgiens.

   On pourra rétorquer qu'avec son « International medical network », le docteur-homme d'affaires rend d'énormes services à son pays.

   Mais ce n'est pas seulement avec le Burkina Faso qu'il réalise son chiffre d'affaires, mais avec de nombreux Etats africains.

   Le « milliardaire rouge » du Parti communiste français nous a accoutumé au fait que l'on peut s'afficher communiste et être rompu aux « deals » capitalistes. Mais tout de même !

   Et c'est le lieu d'observer que de tels « parangons d'intégrité » sont légions ici même au Burkina Faso.

   Ils sont « rouge » dans leur tête alors que leur tube digestif est blanc vermeil. Ils sont tout simplement bicolores.

   Ils ont la tête à gauche et leur ventre à droite. Ce sont des êtres difformes.

   Vous les trouverez, dans des organismes internationaux, des ONG qui payent bien, des projets et autres directions de l'Etat juteux.

    Leur radicalisme verbal est à la mesure de leur concupiscence.

   Entretenant bien leur bedaine, ils peuvent faire languir le peuple, quant à l'amélioration journalière de ses conditions de vie, en attendant « la lutte finale »  que dans leur for intime ils ne souhaitent d'ailleurs pas l'avènement.

   Le docteur Gnoumou appartient à cette espèce d'êtres difformes, qui croît tromper le peuple, mais qui se trompe lui-même.

   Après investigation, nous savons que l'article qu'il a écrit contre le ministre Sanon, il l'a fait en collaboration avec un de ces militants veules du CDP, bien connu dans le milieu et qui a joué des pieds et des mains pour se faire affecter à l'Ambassade du Burkina Faso à Paris au service de l'action sociale. C'est le lieu de dire que les extrêmes (un « rouge » affairiste et un « cdp » pourri) s'accordent harmonieusement quand leur fromage ou leur gombo (au choix) est menacé.

   Alors, l'anonyme « Michel zoungrana »  peut établir ses critères d'intégrité, mais il doit savoir avec ses compères qu'on ne piétine pas la queue du « boosre » impunément.

 

 

 

 

Valère D. Somé 

Secrétaire général

de la Convention panafricaine sankariste (CPS)



24/10/2011
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