Parcours

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Les opportunistes aux abois (AEVF-M21) [1ere partie]

AEVF – UGEV- FEANF

 

Sous-section AEVF

PARIS

 

 

Les opportunistes aux abois

ou

 

 La déroute complète de leur ligne opportuniste de droite

(Extrait du rapport du bureau de la

sous-section AEVF de Paris lors de l'Assemblée Générale du 28 Janvier 1979)

 

 

 

 

 

 [p.1]

« Lorsqu’on parle de la lutte contre l’opportunisme, il ne faut jamais oublier le trait caractéristique de l’ensemble de l’opportunisme moderne dans tous les domaines sans exception : ce qu’il y a de vague, d’imprécis et d’insaisissable. De par sa nature, l’opportunisme évite toujours de poser les questions d’une manière claire et résolue : il recherche toujours la résultante, il a des louvoiements de couleuvre entre deux points de vue qui s’excluent, cherchant à « se mettre d’accord » avec l’un aussi bien qu’avec l’autre, et réduisant ses divergences à de légères modifications, à des doutes, à des vœux pieux et innocents, etc., etc. » (Lénine. 0.C., T.7, p.423 - Tout ce qui a été souligné, l'a été par nous)

 

 

 

 

[p.2]

 

Introduction

 

     Déjà dans un de nos documents, paru les premières semaines de décembre 1979, il s'agit de « Encore une fois  sur la lutte de lignes au sein de l’AEVF…. », nous affirmions ceci :

« Nous attirons l’attention de tous les militants et de tous les anti-impérialistes conséquents de notre pays à suivre très attentivement le CE de l’UGEV dans ses mouvances opportunistes.

Nous continuerons quant à nous de mener de façon inlassable, et avec âpreté, la lutte de principe contre ces opportunistes de droite que sont le CE de l’UGEV et ses suppôts influents à la base, jusqu’à ce qu’ils mettent bas le masque. » (p.56)

     Toujours dans le même document, nous notifions ce qui suit:

« C'est l’occasion de rappeler les reculades en catastrophe sur certaines de leurs positions politiques. Cela n'est pas pour étonner ; l’opportunisme est condamné à cela. » (p.56)

     Et plus loin, nous mentionnons le fait suivant :

« Aujourd’hui le CE bureaucrate consent à parler de la super-puissance impérialiste à propos de l’Union soviétique 

Il y a encore quelques semaines cela déclenchait une levée de bouclier. Nous ne pouvons que nous réjouir tout en gardant l’espoir qu'ils finiront bien par adopter la caractérisation beaucoup plus juste de social-impérialisme. »

     Toujours dans le même document, nous affirmions la vérité suivante:

« Nous sommes persuadés d'une chose, les idées justes que défendent telles ou telles personnes, ne se transformeront pas en mensonges parce que ces personnes auront été traînées dans la boue. Mieux, tel personnage peut disparaître, mais ses idées justes seront reprises nécessairement par d'autres » (p.11)

 

     Enfin, dans ce document, il est dit:

« Nous sommes convaincus que la simple et claire vérité finira néanmoins par se frayer un chemin à travers toutes ces théories et déclarations pompeuses et fumeuses. »(P.52)

 

 

     Sans triomphalisme et sans euphorisme, nous pouvons aujourd'hui affirmer, avec la tenue de ces deux congrès (congrès de l'AEVF et congrès de la FEANF), que nous avons, en partie atteint notre objectif. Le déroulement de ces deux congrès, vient confirmer l'optimisme révolutionnaire qui nous a grandement animés dans cette lutte difficile contre les droitiers bureaucrates juchés à la direction de l’AEVF et de l'UGEV et tous leurs suppôts influents à la base.

     Nôtre optimisme était fondé sur la justesse de nos idées, sur la justesse [p.3] et la force de nôtre  ligne. Bien que  jeune et faible en nombre, nous constituons une force montante, qui avait et qui a de l'avenir.

     Notre optimisme est redoublé, surtout au regard de la défaite cuisante essuyée par les opportunistes de droite et de la déroute complète de leur ligne.

     Les opportunistes de droite de l’AEVF sont aux abois. C'est là une simple et heureuse constatation. Leur ligne droitière, sous le feu conjugué et nourri des militants conséquents de  l’AEVF et de la FEANF, a perdu le nord.

     La déclaration suivante d’une section territoriale de la FEANF, lors du 31ècongrès    est tres révélatrice :

« Tout le monde a constaté que l'AEVF n'a plus de ligne. En moins d'une heure, elle a changé six (6) fois de position »

 

 

     Camarades, gardons la tête froide et n'allons pas vite en besogne. Ne nous laissons pas gagner par l'euphorie et écartons loin de nous tout sentiment de triomphalisme. La lutte se poursuit.

     Tout en continuant à observer l'attitude responsable qui fut la nôtre (en évitant de verser dans la dénonciation policière, en nous démarquant des ragots de couloir et autres calomnies et en rejetant loin de nous toute attitude relevant de la bestialité) poursuivons implacablement la lutte contre les opportunistes de droite, jusqu'à leur faillite totale. Poursuivons patiemment, avec persévérance le travail d'explication et de clarification auprès des éléments sincères, en élevant leur conscience politique et leur niveau politique, jusqu'à ce qu'ils en arrivent à percevoir, tout comme nous le percevons, la nature foncièrement opportuniste de droite des éléments bureaucrates juchés à la direction de l'AEVF et de l'UGEV et de tous leurs suppôts influents incrustés à la base.

 

 

     Ce compte rendu s'inscrit dans cette optique. Tout en essayant de dévoiler l'opportunisme balançoire qui caractérise les droitiers de l'AEVF, il vise à enlever sous leurs pieds les dernières mottes de terre sur lesquelles ils tentent encore vainement de maintenir leur équilibre.

     La lutte de lignes implacable que nous avons livrée contre eux, les a conduit à réduire les divergences sur le plan international (caractérisation de l'Union Soviétique, dénonciation de la théorie des trois mondes), à « de légères modifications, à de doutes, à des vœux pieux et innocents ».
      Aujourd'hui, ils affirment que ce sont là des divergences « non essentielles », « des différences d'appréciation ». Nous y reviendrons afin de donner notre compréhension de ces « différences d'appréciation ».

     Selon eux, les divergences fondamentales entre eux et nous, résident uniquement sur la situation nationale et sur la situation en notre sein

En quels termes résument-ils ces divergences fondamentales? Écoutons-les:


« Le congrès (de l'AEVF) a montré que les divergences de fond — qui ont [p.4] un caractère de principe— au sein de l'AEVF et de l'UGEV ne sont pas les différences d'appréciation (souligné par nous — S/N —) sur la situation internationale, mais ont leurs racines profondément ancrées au niveau de la situation nationale ». « La question centrale autour de laquelle se ramènent toutes nos divergences avec le NCOL est la question de la  révolution dans notre pays :

 1°) La question de la faillite du néocolonialisme en d'autres termes la question de savoir si les conditions objectives sont réunies dans notre pays pour la révolution ou pas; mêmes si les conditions subjectives retardent sur les conditions objectives »

2°) L'appréciation du mouvement démocratique dans notre pays et du mot d'ordre de Front Démocratique, de même que l'appréciation de la situation au sein de la réaction.

3°) L'appréciation de la situation en notre sein: le problème de la démarcation et du style de vie anti-impérialiste » (cf. Rapport du CE au congrès de l’AEVF et de la FEANF)

 

     Ainsi, tout le monde peut constater, que :

       - la question de savoir s'il faut dénoncer la « théorie des trois mondes » en termes explicites comme nous, nous le faisons, ou en termes fumeux de NCO (Nouveau courant opportuniste) ne revêt pas « un caractère de principe ».

       - la question de la dénonciation de l'Union-Soviétique en terme de « social-impérialisme » et le refus de le faire sous prétexte que cela relève des « problèmes idéologiques »; que c'est là « résolument des positions aventuristes» irresponsables, ne tenant pas compte de notre plate-forme minimale » (Cf. « Rapport du CE de l'AEVF au congrès de l'AEVF et de la FEANF — S/N —)

 

     Voilà qui est clair! C'est cela même l'opportunisme.

     Si nous sommes d'accord à admettre avec les opportunistes de droite, qu'au niveau de la situation nationale il existe des divergences de fond, nous ne sommes pas prêts à leur concéder le fait que ce qu'ils appellent les divergences (plus exactement, « les différences d'appréciation ») sur la situation internationale, n'ont pas un « caractère de principe ». Nous ne pouvons accepter un tel vil marchandage.

     Notre pays n'est pas isolé du reste du monde. Mieux, il est un des maillions de la grande chaîne impérialiste. C'est ce qui fait que toutes les crises du système capitaliste-impérialiste ont nécessairement leur répercutions dans notre pays.

     De même la lutte qui se mène dans les différents coins du monde, sont une contribution immense à la lutte de notre, peuple et inversement. Quand l'Albanie construit victorieusement le socialisme, ce n'est pas seulement une victoire du peuple albanais, mais aussi une victoire pour tous les peuples du monde qui aspirent à la révolution et à la démocratie.

     Quand l'Union-Soviétique se met à liquider (et a liquidé effectivement) [p.5] les acquis révolutionnaires du peuple soviétique, acquis arrachés de hautes luttes sous la direction conséquente des éminents Révolutionnaires que sont Lénine et Staline, en versant sueurs et sang, cela ne peut laisser indifférent le vaillant peuple voltaïque.

     Lorsque le camp socialiste se renforce et se consolide, du même coup le camp impérialiste s'affaiblit et se désagrège et cela facilite la lutte du peuple voltaïque. Cela est tellement évident, qu'on est même gêné de le répéter.

     En outre, l'opportunisme n'est pas seulement un fait national mais international. Cette Vérité est mise en évidence avec force à l'époque de l'impérialisme.

     Même si les facteurs internes sont décisifs pour l'issue de la révolution, les facteurs externes sont aussi nécessaires.

     Voilà ce que ne comprennent pas, ou du moins font semblant de ne pas comprendre ceux avec lesquels nous sommes en divergence tant sur la situation internationale que nationale; Reprenant à notre compte la déclaration contenue dans le document des camarades de l’ASV «  La liquidation de liquidateurs » »(P.25), nous dirons:

« Au sein de l’UGEV nous avons toujours essayé d'élever notre compréhension afin d'appréhender correctement la situation internationale, car sans une bonne connaissance de la situation internationale, il est pratiquement impossible d'orienter correctement la lutte des masses populaire voltaïques. Ainsi l’appréciation de la politique extérieure de l'URSS (et de la Chine, ajouterons-nous) s'inscrit à juste titre dans le cadre de notre appréciation de la situation internationale qui n'est pas stagnante mais changeante, qui n'est pas donnée une fois pour toute, mais en perpétuelle évolution. » 

    

     Et voilà des gens qui viennent nous dire que les divergences sur la situation internationale sont « non essentielles », qu'elles n'ont pas « un caractère de principe » et qu'elles constituent « des différences d'appréciation ».

     Non ! On ne peut corriger ses erreurs en avançant ainsi, en ayant « de louvoiements de couleuvre ».

     Quand on se veut être révolutionnaire, on se doit de critiquer avec force ses propres erreurs, cerner leurs causes véritables, les conditions qui les ont fait naître. En agissant ainsi, on donne la preuve qu'on est sincère et qu'on s'est engagé résolument à se corriger, à rompre avec l'opportunisme.

     L'attitude observée actuellement par nos « adversaires » politiques, montre qu'ils sont encore en train de patauger dans le bourbier de l'opportunisme et qu'ils ne sont pas encore prêts d'en sortir, malgré les multiples perches qu'on leur tend.

     Un des points de divergences qu'il faut mentionner et que les droitiers de l'AEVF ont omis sciemment, c'est celui de la direction de la [p.6] lutte par la classe ouvrière.

     A ce sujet référons-nous, à nôtre document déjà cité (il s'agit de « Encore une fois, sur la lutte de lignes au sein de l'AEVF »). Il y est dit:

« A propos de la direction de la lutte, c'est le même opportunisme balançoire qui s'est manifesté jusqu'à l'adoption d’une position unique. Encore au CA (Conseil d'Administration)-78, le CE bureaucrate affirmait que l'UGEV ne pouvait trancher la question de la direction en faveur d'une classe quelconque, car le faire serait outrepasser la plate-forme.
L'attitude présente consiste à dire que l’UGEV a déjà tranché la question dans son discours de clôture du VIIIe congrès.
 »(P.55)

     Quelle est cette importante thèse du VIIIe congrès qui a tranché la question de la direction de la lutte par la classe ouvrière?

     Reproduisons la entièrement:

« Les réformistes impénitents du M"L"N qui ont peur du communisme comme du feu, se démènent pour propager leur peur du communisme au sein des étudiants voltaïques et des masses voltaïques en général. Ainsi, depuis notre historique Ve congrès en 1971, ces réformistes ne cessent de déverser leur rage anti-communiste contre l'UGEV. Tantôt l'UGEV est marxiste-Léniniste, tantôt l'U.G.E.V est dirigé par un parti communiste, etc., etc.. Sandwidi Yacinthe est l'échantillon le plus représentatif des anti-communistes viscéraux et épidermique que le M"L"N renferme.

Si en Haute-Volta il naît un parti communiste qui mobilise et dirige les masses dans la lutte contre l'impérialisme principalement français et ses valets locaux, pour la réalisation de la REVOLUTION NATIONALE DEMOCRATIQUE et POPULAIRE eh! bien, un tel parti communiste, nous le soutiendront et cela dans le cadre du front uni-anti-impérialiste que nous préconisons.
Le marxisme-léninisme est l'idéologie de la classe ouvrière. Or en Haute-Volta il naît et se développe une classe ouvrière qui prendra nécessairement connaissance du marxisme-léninisme et un parti communiste naîtra nécessairement pour le plus grand bien du peuple voltaïque.

Sandwidi et ses compères réformistes du M"L"N de même que les représentants du Nouveau Courant Réformiste qui sont en fait anti-communistes aussi, bien qu'ils s'en défendent, peuvent mourir de rage, c'est leur affaire » (Extrait du discours de clôture du VIIIe congrès de l'UGEV).

 

     Voilà, c'est cela l'importante thèse du VIIIe congrès.

     Chacun peut se rendre compte par soi-même de comment cette « importante thèse » pose et résout l'a question de la direction de la lutte par la classe ouvrière.

     La question de la direction de la lutte par la classe ouvrière à travers son parti, le parti marxiste-léniniste, est une question d'une importance extrême qui ne souffre pas qu'on le résolve de façon frauduleuse (cette [p.7] façon d'agir est anti-révolutionnaire; c'est la façon d'agir des escrocs politiques), mais qui nécessite qu'elle soit posée clairement et ouvertement pour que tous les militants en débattent afin de l'assimiler correctement et consciemment.

     Déjà dans « Deux pratiques, deux lignes… » (Document publié au mois d'Août 1978) nous avons montré la portée limitée d'une telle « thèse ». Sans équivoque, nous affirmons dans ce document que:

« Ce que vise cette thèse du VIIIe congrès, c'est combattre l’anti-communisme, un point c'est tout. Elle a été adoptée essentiellement pour la lutte contre les anti-communistes, ceux du M"L"M... »


      Et plus loin nous poursuivons en disant :

« Mais dès lors qu'on veut lui donner une importance démesurée couvrant des questions de principe, nous rejetons cette nouvelle interprétation, nous cessons d'applaudir.
Continuer d'applaudir serait cautionner des positions opportunistes (refus de reconnaître la nécessité de la direction de la lutte par la classe ouvrière) qu'on tente de camoufler avec cette thèse »(P.7)

 

 

     Dans « Encore une fois .... » nous affirmons que:

« En attendant de fournir une analyse, plus profonde sur la question, nous nous contenterons ici, de sus-citer des points de réflexion au niveau de tout un chacun, sur la malhonnêteté politique notoire qui anime nos bureaucrates du CE de l'UGEV » (p.55).

  

    Nous y avons posé un certain nombre de questions qui n'ont pas reçu de réponses parce que justement, nos opportunistes ne peuvent y répondre sans mettre bas du même coup leur masque. Cela d'ailleurs, nous l’avions prévu lorsque nous affirmions:

« Nous n'attendons pas, bien sûr, des réponses convaincantes à ces différentes questions, car il est manifeste que le CE de l'UGEV se livre à des jongleries notoirement opportunistes. Si vous voulez abandonner vos positions opportunistes, faites-le directement et sans détour »(P.56)

    

      En effet faites-le sans détours et sans atermoiements opportunistes. Cela, nous le disons sans triomphalisme, mais de grâce, ne faites pas passer le « blanc » pour le « rouge » et le « rouge » pour le « blanc »! Cela, c'est l'affaire des charlatans.

      Mais malgré cette invitation, les opportunistes se cramponnent (vraiment, c'est le mot!)avec acharnement à leur « importante thèse ». Mieux, ils ont pris un malin plaisir à jouer au charlatanisme, et sont de ce fait devenus des charlatans. Ainsi, d'un coup de baguette magique, ils ont fait disparaître en fumée la très longue autocritique du VIIe congrès. Ils affirment que le VIIe congrès avait posé la question de la direction de la lutte de façon responsable, en évitant les déviation aventuristes qui visaient à amener le mouvement étudiant à assumer toutes les tâches théoriques et pratiques du mouvement ouvrier (Cf., propos tenus par le CE au congrès de l'AEVF).

      Cela est FAUX, ARCHI-FAUX! Le charlatan réussit ses tours de passe-passe [p.8] aux yeux de ceux qu'il a réussi à hypnotiser, c'est-à-dire, dans le cas qui nous intéresse, les serviles invétéré à la solde du CE-bureaucrate.

     Mais camarades du CE (oui! camarades, parce que nous ne les considérons pas encore comme des contre-révolutionnaires), vous mentez et de façon grossière. Vous tentez-là, d'élever un écran de fumée pour couvrir vos positions de droite. Mais nous allons le dissiper en reproduisant (et cette fois, entièrement) l'autocritique faite au VIIe congrès à propos des conclusions du VIe congrès. Cette autocritique à propos de « la direction du front-uni patriotique anti-impérialiste » contenu dans le VIIe congrès, la voici:

« A propos de cette question, nôtre 6ème congrès écrit: "...la lutte révolutionnaire doit être dirigée par la classe ouvrière et la paysannerie". Il est erroné pour une organisation comme la nôtre de lancer, une telle thèse. Notre Union en tant qu'organisation de masse anti-impérialiste des étudiants voltaïques patriotes ne peut accréditer telle ou telle classe ou couche sociale pour la direction de la lutte, la direction du Front Anti-Impérialiste. C'est dans le feu de la lutte que les masses populaires voltaïques choisiront leurs dirigeants.

C'est ceux qui, à travers leurs programmes, leur pratique révolutionnaire au sein des masses, vont se montrer les plus conséquents, les plus, aptes à défendre les intérêts et à réaliser, les aspirations des masses, c’est seulement ceux-là qui auront la confiance des masses et seront reconnus par elles comme leurs dirigeants et vont donc assumer la direction de la lutte. »(P.86)

 

     Des gens sains d'esprit ne mentent, pas lorsqu'ils savent que leur mensonge sera dévoilé sur le champ.

Voilà, c'est la consignation écrite des positions foncièrement de droite, qu'on a réussi à imprimer très profondément dans la conscience des éléments petit-bourgeois, militant de l'AEVF et de toute l'UGEV. C'est là un sale travail. Aussi, si on se rend compte de l'erreur commise, il faut s'y attaquer résolument pour l'arracher avec force là où elle est enfouie profondément.

     Il est vrai que la façon dont le VIe congrès pose le problème de la direction de la lutte est erronée. En effet la direction de la lutte, la classe ouvrière l'assume sans partage avec quelque classe que ce soit, dusse-t-elle être la paysannerie qui somme toute constitue la petite-bourgeoisie (paysannerie pauvre s'entend). Mais l’autocritique du VIIe congrès quant à elle, est foncièrement droitière.

     La position présente des opportunistes de droite, réside dans l’« importante thèse » du VIIIe congrès. C'est là leur dernier mot, le dernier mot de l'opportunisme.

     Mais nous aurons l'occasion de revenir tout au cours de ce présent compte-[p.9]rendu sur ces différents points qui constituent l'objet de divergence.

     La réduction des divergences sur la situation internationale, au niveau de « différences d’appréciation », marque la déconfiture de l'opportunisme de droite sur ce terrain. Ainsi pense-t-il pouvoir trouver refuge dans les limites territoriales de la Haute-Volta. Là encore, les opportunistes de droites se trompent; car l'opportunisme déborde le cadre des frontières, des limites territoriales, il est international. La manifestation de nos opportunistes de droite sur le pian international, est la manifestation de leur opportunisme sur le plan national.

     Lorsqu'ils se bombent le torse, pour dire que c'est sur la situation nationale que se trouvent en fait nos divergences fondamentales, on croirait à les entendre parler, que là, ils sont sur des positions justes. Or, c'est tout le contraire. Ce sont les « mêmes yeux opportunistes qui jugent et analysent les deux situations internationales et nationales. Il y a de ce fait une(1) chance sur mille (1000) que les mêmes yeux ayant analysé de façon opportuniste la situation internationale, puissent analyser de façon révolutionnaire la situation nationale.

     De même, ils aiment procéder par des allusions, aidés en cela par certaines personnes; Ce qui nous amène à douter sérieusement de l’anti-impérialisme de ces dernières.

Ainsi nos opportunistes aiment à laisser entendre que les divergences actuelles au sein de l'AEVF relèvent de problèmes de fond, dont ils ne peuvent faire état ici (entendez au sein de la FEANF).

     La seule conséquence qui s'impose à Un élément anti-impérialiste conséquent (nous ne parlons pas de ceux qui se font passer pour tel) qui sait analyser sur la base des principes est la suivante : « Si votre (nos opportunistes de droite de l'AEVF) opportunisme de droite est le reflet de certains problèmes de fond, cela prouve une et une seule chose, c'est que le fond lui-même est pourri. »

     En effet, on ne peut être dans le fond révolutionnaire et apparaître opportuniste. C'est le contraire qui est vrai. On peut paraître révolutionnaire et être opportuniste quant au fond. Dans la lutte de ligne qui se mène actuellement au sein de l'AEVF et de l'UGEV, un observateur impartial peut émettre des réserves quant au fond vis-à-vis de la partie qui se tient sur la ligne juste (c'est-à-dire nôtre partie). Quant à la partie qui se tient sur des positions foncièrement opportuniste de droite, l’observateur impartial ne peut que la tenir pour opportuniste quant au fond.

     A moins d'être un « observateur » partisan, on ne peut qu'aboutir à une telle conclusion. L’« observateur » partisan qui émet des réserves sur la partie qui se tient sur la ligne juste et couvre la partie opportuniste, conduit les anti-impérialistes conséquents à se poser des questions légitimes quant à son fond à lui. Vis-à-vis de tels « observateurs » partisans, nous ne [p.10] continuerons pas à observer le silence. Vis à vis des organisations et des des éléments qui soutiennent et contribuent à renforcer l'opportunisme dans notre pays, nous ne pouvons continuer à observer le silence. Ceci dit, à bon entendeur, salut !

     Nous saurons assumer sans faillir, une lutte multilatérale.
      Aucune collision de groupes sans principes ne nous fera dévier de nôtre chemin. Toute attitude qui se fonde sur le principe suivant « LE COUCOU FAIT L'éLOGE DU COQ, PARCEQUE CELUI-CI FAIT L’éLOGE DU COUCOU », ne-saurait être révolutionnaire mais opportuniste.

 

*

 

*     *

 

Première partie :

Bref aperçu de la situation internationale, africaine et nationale et de la situation en notre sein à la veille du congrès de décembre 1978 de l’AEVF.

 

I.   – Sur la situation internationale et africaine

 

     C'est dans un contexte international trouble marqué par l'exacerbation des contradictions fondamentales de notre époque, que ce sont tenus les deux congrès: congrès de décembre 1978 de l'AEVF, et 31è congrès de la FEANF.

     Partout dans le monde, la convergence de ces contradictions s'est étendue, et crée des situations explosives, où les régimes et les gouvernements réactionnaires sont mis en péril. En effet, l'entrelacement des contradictions économiques, politiques et sociales, et leur aggravation ont atteint des proportions telles que l'on peut affirmer que la situation dans le monde est révolutionnaire en général. Tout cela c'est la preuve que le système capitaliste-impérialiste mondial est miné dans le plus profond de ses fondements par des contradictions inextricables, et sont la concrétisation manifeste du fait que notre époque demeure l'époque de l'impérialisme, l'époque des révolutions prolétariennes et de libérations nationales, l'époque de l'effondrement de l'impérialisme et de la liquidation du système d'oppression coloniale et néocoloniale.

[p.11] Quelles sont ces contradictions fondamentales de notre époque, dont l'exacerbation, met à l'ordre du jour la révolution ? Il s'agit:

       1°- La contradiction entre, le système capitaliste et le système socialiste.

       2°- La contradiction entre le capital et le travail, par conséquent entre le prolétariat et la bourgeoisie dans les pays capitalistes.

       3°- La contradiction entre les peuples et les nations opprimées et
l’impérialisme.

       4°- La contradiction entre les puissances impérialistes elles-mêmes, entre les divers monopoles.

 

     Toutes ces contradictions sont le contenu essentiel de notre époque.

     Elles déterminent le développement des mouvements révolutionnaires actuels.

     Elles mettent aussi en évidence le fait que la classe ouvrière est la classe qui est au centre de notre époque.

      Elles constituent en outre la base à partir de laquelle il faut partir pour définir une tactique et une stratégie justes pour la lutte révolutionnaire.

      Ces dernières décennies, la grande crise a plongé tout le système capitaliste-impérialiste dans une situation périlleuse, l'extetlsion et l'approfondissement de la lutte du prolétariat, l'intensification des luttes des peuples, sous domination coloniale et néocoloniale, sont autant de manifestations concrètes qui justifient pleinement l'importante thèse selon laquelle:

« Le monde se trouve à une phase où la question de la révolution et de       la libération nationale n'est pas seulement une aspiration et une perspective, mais un problème posé et à résoudre. »(ENVER HOXHA).

     La marée montante du mouvement révolutionnaire, et le danger d'une troisième guerre mondiale a pour conséquence la recrudescence de l'opportunisme dans le mouvement révolutionnaire.

      L'opportunisme découle de l'étouffement de la pensée chez certains, qui les empêche de pouvoir analyser, chez d'autres il relève de la peur panique qui crée en eux une angoisse capitularde.

     L'opportunisme a aussi sa base économique, cela ne fera pas l'objet de notre propos ici.

     Dès l'apparition de l'impérialisme moderne, l'opportunisme a toujours marché de pair avec la lutte révolutionnaire. Et lors de chaque grande guerre (Ière  et 2è guerre mondiales), on a assisté à une recrudescence de l'opportunisme dans le mouvement révolutionnaire international.

     C'est ainsi que la menace de la troisième guerre mondiale que fait peser sur les peuples du monde, les deux superpuissances impérialistes (US et URSS), a entrainé un regain du social-chauvinisme (politique de soutien a sa propre bourgeoisie), dernier mot de l'opportunisme.

     Les divers opportunistes mettent tout en œuvre pour désorienter le prolétariat international et les peuples du monde attachés à la liberté et au [p.12] progrès social. Ainsi l'opportunisme des tenants de la division du monde en trois est une variante des anciens courants opportunistes (yougoslave et soviétique) dans le mouvement révolutionnaire.

     Les tenants et Les défenseurs de la théorie des trois mondes, essayent de tirer en arrière la lutte révolutionnaire des masses-populaires, en la rejetant aux « calendes grecques ». Ils jouent un rôle de sapeur-pompier des luttes qui se déclenchent partout à travers le monde.

 

     Sur le continent africain, la répercussion de la crise du système capitaliste impérialiste a des conséquences néfastes sur les conditions de vie des masses populaires qui loin de se laisser aller à la résignation, déploient leurs luttes de façon multiforme. Ces luttes de jour en jour deviennent de plus en plus amples et de plus en plus révolutionnaires.

     Partout en Afrique, les masses populaires aspirent à un changement fondamental en leur faveur. Tout cela conduit la bourgeoisie à avoir recours à des formes de gouvernements dictatoriaux de type fascistes. Au bâton, la bourgeoisie joint la carotte. Ainsi, elle a aussi recours à toute sorte de stratagème pour endiguer la marée révolutionnaire montante.

     Au Zaïre et au Togo, c'est « l'authenticité » qui est mis en avant. Au Sénégal, en Tanzanie et en Guinée, c'est le « socialisme africain » taillé à la mesure des Africains. Au Bénin, au Congo-Brazza, en Somalie, à Madagascar, en éthiopie, c'est le « socialisme scientifique », le « marxisme- léninisme ».
      En Haute-Volta et au Sénégal, c'est l'expérience « démocratique » le « retour à une vie constitutionnelle normale ».

 

     Sur le plan économique, l'impérialisme international et les bourgeoisies néocoloniales, après avoir élaboré sur le plan théorique le « NOEI » (Nouvel ordre économique international) s'acharnent à le traduire dans la pratique.

     Senghor, un des valets africains, les plus en vue, complète le « Nouvel ordre » en théorisant un « NOCI » (Nouvel ordre culturel international).

     Tous ces « nouveaux ordres » (économiques, politique, social et culturel) visent un seul but, la consolidation des assises des bourgeoisies réactionnaires africains, et la perpétuation de l'exploitation et de l'oppression néocoloniales des masses populaires africaines. D'ores et déjà, on peut affirmer que toutes ces mesures économiques, politiques et sociales dans le cadre du système néocolonial, sont vouées à l'échec.

     En outre le continent africain, à cause de ses ressources énergétiques et minières, de sa position stratégique demeure l'un des points de notre globe où les rivalités inter-impérialistes se manifestent de façon accrue.

     [p.13] Parmi ces rivalités inter-impérialistes, il convient de dénoncer celle qui oppose les deux superpuissances impérialistes, (l'impérialisme US et le social-impérialisme soviétique) qui non contents de piller de façon éhontée, les richesses des pays africains, y fomentent des guerres impérialistes. Ce qui sert de prétexte aux autres puissances impérialistes, telle la France d'intervenir directement en y envoyant sa force armée d'intervention massacrer les populations africaines, et ce, sous le slogan de « l'Afrique aux Africains ».

     En fait, la France en dépit de sa politique démagogique, vole, au secours de ses laquais (Mobutu au Zaïre Maloum au Tchad, Moctar Ould Dada en Mauritanie, etc...) en péril, et de ce fait vise en réalité à sauvegarder ses intérêts impérialistes en Afrique. Cette agression des peuples africains, la France l’effectue sous le couvert de « motifs strictement humanitaires ». Ainsi Louis De Guiringaud dans une interview, justifiait l'intervention française au Zaïre en ces termes :

« il s'agit d'une affaire ponctuelle et qui devrait être limitée dans le temps; son seul dessein est de donner aux autorités du Zaïre le répit nécessaire, d'une part pour rétablir la sécurité sans laquelle aucun développement n'est possible, d'autre part pour restaurer l'unité de ce grand, pays que la crise mondiale a durement éprouvé, mettant en cause les options sociales et politiques qu'il avait librement choisi et réveillant des antagonismes tribaux que les ingérences extérieures se sont appliquées à exacerber. Nous espérons que le répit gagné, avec l'appui d'états  africains frères, permettra au gouvernement du Zaïre de procéder aux ajustements indispensables et de rétablir avec tous ses voisins des rapports plus harmonieux. » (Cf. La politique étrangère de la France- 2è trimestre 1970- la documentation française, P 86).

     En termes clairs « l'Afrique, c'est notre chasse gardée, nous ne permettrons à aucun autre rapace de tendre ses tentacules dans cette réserve ».

     Et par rapport à la Mauritanie, Louis De Guiringaud affirme:

« Eh bien, nous aidons la Mauritanie à reconstituer son armée pour se défendre, et lorsque, récemment, la ville de Zouérate a de nouveau été menacée par une colonne du Polisario, nous avons, à la demande des autorités mauritaniennes, fourni un appui aérien aux forces mauritaniennes qui combattaient à terre. » (Ibid., p.38)

     C'est dire que sur le continent africain, la France s'érige en véritable gendarme international chargé de la sécurité des gouvernements impopulaires, vomis par leur peuple.

     Quant aux laquais Houphouët et Bongo, c'est l'occasion pour eux, profitant de l'intervention de la superpuissance social-impérialiste soviétique, de déverser toute leur bile d'anti-communistes. Les menées agressives sont un prétexte pour ces deux laquais de crier à l'épouvan-[p.14]tail « communiste », à la subversion « communiste ».

     De leur côté la clique contre révolutionnaire dirigeante en Chine, avec la mise en avant de leur « théorie des 3 mondes » maquille grossièrement tous ces valets décriés de l'impérialisme (en commençant par les sanguinaires Mobutu, Eyadéma, jusqu’à l’« empereur » anachronique de Bokassa) et cherche à les faire passer pour des « anti-impérialistes » qui s'opposent aux deux superpuissances impérialistes. Ce faisant leur but est d'amener les peuples africains à renoncer à leur lutte révolutionnaire pour se ranger résolument derrière ces fantoches, sous le couvert de la lutte contre l'hégémonisme de l'impérialisme US et du social-impérialisme soviétique.

     Alors on comprend aisément pourquoi, les chefs d'états africains comme Eyadéma du Togo, déclarent être fondamentalement d'accord avec la division du monde en trois (3). En effet tous les chefs d'états africains, tous au service de l'impérialisme international ne peuvent que voir d'un bon œil cette division du monde en trois et la tactique soi-disant révolutionnaire qui en découle.

     Dans les ex-colonies portugaises, les mouvements de libération nationales (MPLA, PAIGC et Frelimo) qui avaient entamé héroïquement une lutte sans merci contre le colonialisme portugais, et qui pour cela, avaient bénéficié du soutien et de la sympathie de toutes les forces révolutionnaires et démocratiques de par le monde, ont entrepris l’œuvre d'édification de leur « indépendance nationale » après que le colonisateur portugais ait été bouté hors des frontières de ces pays. Cette expérience d'édification, à peine débutée, apporte des désillusions bien amères pour tous ceux qui y fondaient un espoir.

     Bien avant la prise du pouvoir en Angola le MPLA s'était déjà mis sous la coupe du social-impérialisme soviétique. Aujourd'hui, il ne fait plus de doute que le pays a été libéré de la domination portugaise pour être placé sous celle de l'Union Soviétique.

     La Guinée Bissao quant à elle est liée par des accords asservissants à l'Union Soviétique qui entretient sur son territoire national une base militaire. Elle participe à des degrés divers à tous les organismes réactionnaires économiques, politiques et militaires regroupant les néo-colonies africaines. On peut affirmer sans le risque, de se tromper, que la politique actuelle en Guinée Bissao est loin d'être une politique d'indépendance nationale, mais plutôt une politique de démission où les ressources nationales sont bradées aux puissances impérialistes au détriment des masses populaires, qui croupissent dans la misère.

     Le Mozambique depuis fort longtemps est en train de marcher dans le sil-[p.15]lage tracé par les deux premiers pays susmentionnés.

     Ainsi dans une déclaration commune Soviéto-Mozambicain en date du 31 Mars 1977, il est dit: « Les parties ont constaté avec Une grande satisfaction que les relations entre l'URSS et la RPM s'inspirent d'amitié sincère et de solidarité révolutionnaire (?), et réaffirmé leur volonté de renforcer au maximum la coopération politique et développer les consultations sur les problèmes mutuels. Elles ont noté la mise en œuvre satisfaisante de l'application des accords soviéto-Mozambicains conclus en 1976. (Cf. « Problèmes politiques et sociaux ― Documentation française du 30 septembre 1977, n° 32).

     En effet, à l'issu de la visite de Podgornyi au Mozambique Un traité « d'amitié et de coopération » fut conclu entre les deux parties, le 31 mars 1977, pour 20 ans, complétant ainsi les accords antérieurs soviéto-Mozambicains de « coopération » économique et technique, de commerce, etc.. Dans cette déclaration soviéto-Mozarnbicaine, les deux parties « l’URSS et la RPM ont constaté avec satisfaction l'identité de leurs positions sur un grand nombre de questions internationales essentielles. ».

     Cette mésaventure pour des peuples qui ont arraché de haute lutte, leur indépendance politique, en versant leur sang émeut bien d’intellectuel petis-bourgeois, amène bien de patriotes sincères à se poser des questions et tout un chacun à méditer sérieusement cette expérience de lutte, afin de tirer les enseignements qui s'imposent.

     Toujours, s'inscrivant dans la même ligne, l’issu des luttes menées par les différents mouvements de libération en Afrique, doit retenir notre attention. C'est le cas du Frolinat, qui depuis 1966, a livré une lutte armée contre l'impérialisme français et sa valetaille au Tchad, ce qui a suscité beaucoup d'espoir et le soutien des anti-impérialistes du monde, et plus particulièrement du soutien actif des étudiants mobilisés au sein de la FEANF et de l'UGEV.

      Son évolution actuelle est la preuve, qu'il a abandonné le terrain de la lutte révolutionnaire, et qu'il a choisi de s'engager dans la voie de la conciliation de classes avec l'impérialisme français.

      Toutes ces luttes en Afrique, leurs échecs, posent pour les révolutionnaires et les patriotes africains, le problème d'une perspective juste en liaison avec la question de la révolution qui est posé et qui est à résoudre.

     Animés par l'optimisme révolutionnaire, nous devons faire notre ces expériences malheureuses pour nous armer et dégager ainsi des voies justes pour le triomphe de la révolution dans nos pays, car sans avoir tracé une perspective claire, juste et révolutionnaire, on ne saurait résoudre correctement la question de la révolution qui est [p.16] posée pour les peuples africains et les peuples du monde. Comme le disait Lénine « sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire ».

     C'est là une question tout aussi, essentielle que celle d'avoir conscience de la révolution qui est une question posée et à résoudre. Pour nous étudiants Voltaïques organisés au sein de l'AEVF et de l’UGEV, cet aspect de la question revêt une importance particulière, eut égard à la situation politique confuse qui prévaut dans notre pays, et ou le réformisme demeure en fait dominant et où se manifeste des mots d'ordre et des analyses aventuristes.

     Autant de choses qui risque de fourvoyer le peuple voltaïque dans sa lutte révolutionnaire pour secouer le joug de la domination impérialiste et des vestiges de la féodalité.

 

     En faisant le point de cette situation internationale et africaine nous avons retenu d'insister tout particulièrement sur :

      - la question de la superpuissance soviétique et de sa dénonciation par toutes les forces anti-impérialistes conséquentes dans le monde.

       - la question de la puissance chinoise et sa théorie contre-révolutionnaire des 3 mondes, et la nécessité de sa dénonciation ouverte par toutes les forces anti-impérialistes conséquentes dans le monde.

 

a)  La question de la superpuissance soviétique.

 

     La conclusion qui découle d'une analyse minutieuse de la situation internationale est la suivante: c'est sur notre continent (africain) que cette superpuissance impérialiste se manifeste avec le plus de force. Là, elle s'est constituée une néo-colonie (Angola) et de plus en plus elle étend ses ailes de rapace vorace sur les autres pays (Mozambique, Guinée Bissao, éÉthiopie, Somalie, Congo Brazza, Dahomey, etc...)

Il n'existe aucun conflit sur ce continent auquel elle ne soit mêlée? En effet avec la superpuissance impérialiste US, elle fomente des guerres meurtrières sur notre continent.

     Et tout cela, elle le fait sous le manteau du socialisme, sous le couvert du grand prestige international acquis par la Russie de Lénine et de Staline.

     Le social-impérialiste soviétique par ces activités expansionnistes, bellicistes et agressives, est anti-communiste et développent l'anticommunisme en théorie comme en pratique.

     Ainsi, les masses populaires, en reprouvant la politique actuelle de l'Union Soviétique, en arrive à réprouver le socialisme dont elle se couvre comme on le fait avec un manteau.

Les masses populaires africaines et en particulier Voltaïque, en arri-[p.17-18]…..[1]

 

     [p.19] Laisser freiner par la peur des problèmes idéologiques. Cela, ne nous conduit pas à nous placer entièrement sur le terrain du Marxisme-Léninisme et à faire nôtres ses principes fondamentaux. Non !

     Persévérer dans cette voie, signifie rompre avec l'attitude opportuniste qui consiste à ériger la plate-forme minimale anti-impérialiste, en une muraille compacte qui nous empêche de voir notre monde dans ses multiples réalités. En disant cela, nous n'avons pas la prétention de cerner de façon pleine et entière, toutes les réalités de notre époque.

     Ce que nous préconisons, c'est de rompre avec la politique de l'autruche qui consiste à se fermer les yeux soi-même pour se refuser de voir.

     Il faut rompre avec l'attitude de refuge derrière la plate-forme minimale comme dans une enceinte close et hermétiquement fermée du reste de la scène politique internationale, qui nous conduit à considérer qu'une chose n'existe que si et seulement si nous pouvons l'appréhender dans toute sa globalité.

     Nous sommes en parfait accord avec le CE de la FEANF lorsqu'il affirme dans son rapport au XXXIè congrès de la FEANF :

« Dire que le PCUS n'est plus un Parti communiste authentique, qu'il a abandonné le terrain du Marxisme-Léninisme ne doit poser aucun problème au sein de la FEANF car notre organisation porte des appréciations positives quant à l'idéologie de la classe ouvrière, le Marxisme-Léninisme. Par exemple quand nous affirmons que des Partis communistes naîtront en Afrique et pour le plus grand bonheur des peuples africains, ce n'est ni plus ni moins, qu'une appréciation positive. Mieux nous portons des appréciations positives par rapport à certains Partis communistes ; c'est le cas du PTA.

L'affirmation selon laquelle il nait et se développe une classe ouvrière dans nos pays qui prendra nécessairement connaissance de son idéologie marxiste-léniniste, pour le plus grand bonheur de nos peuple: ce n'est ni plus ni moins qu'une appréciation positive par rapport au Marxisme-Léninisme, idéologie de la classe ouvrière.

De ce point de vue, tout Parti qui au nom du marxisme-léninisme, développe une politique social-impérialiste, la FEANF se doit de l'apprécier négativement, en montrant que ce parti abandonne le terrain du marxisme-léninisme, que son idéologie est contraire au marxisme-léninisme (Cf. Rapport du CE au XXXIè congrès de la FEANF p.17-18).

     On comprend que le CE de la FEANF, dans une ambiance marquée par la « psychose » des problèmes idéologiques, ait hésite à indiquer et ce de la façon la plus explicite, que le Révisionnisme est l'idéologie contraire de l'idéologie du prolétariat, c'est l'idéologie du social-impérialisme.

     En effet de même, que nous procédons au sein de la FEANF et de l'UGEV au constat selon lequel le marxisme-léninisme est l'idéolo-[p.20]gie de la classe ouvrière, de même, nous devons, pour être conséquents, de faire le constat suivant: le révisionnisme est l'idéologie des pays et partis sociaux impérialistes, des partis anciennement communistes, ou tout en prétendant être communistes, développent des principes contraires au marxisme-léninisme (au nombre de ces partis on peut citer: le PCUSS le PCC etc..

      Le révisionnisme est une forme de l'idéologie bourgeoise dans le mouvement ouvrier international.

C'est là pur constat; c'est porter une appréciation sans avoir eu recours pour ce faire, à des « instruments d'analyses » à l' « artillerie lourde », aux « boulets rouges ».

 

b) La question de la Chine et de la théorie des trois mondes.

      Nous ne reviendrons pas ici sur le silence opportuniste prétendument « politique », observé lors du congrès de Décembre 1977 de l'AEVF et transposé au sein de la FEANF lors de son 30è congrès.

Notre argumentation sur ce point demeure valable, n'ayant pas rencontrée une réfutation digne de considération.

     Aujourd'hui nos opportunistes de droite, consentent néanmoins à rompre ce « silence politique » et à dénoncer la Chine comme un pays contre-révolutionnaire.

     De même, la peur des problèmes idéologiques les conduit à parler en termes d'allusions de la théorie des 3 mondes.

     Nous pensons quant à nous que la Chine est une puissance social-impérialiste, en ce sens qu'elles développent des pratiques et prônent des théories contre-révolutionnaires qui sont toutes les deux des pratiques et théories pro-impérialistes visant à renforcer et renforçant le camp de l’impérialisme et de la réaction, visant à perpétuer et perpétuant la domination, l'exploitation et l'oppression des peuples du monde.

La Chine participe donc à l'exploitation et à l'oppression des masses populaires de par le monde. Dire que la Chine a une politique impérialiste, hégémoniste, veut dire tout au moins qu’elle défend les intérêts du capital financier dans le monde, et tout au plus, qu'elle pille et opprime les pays dominés (pays coloniaux et néocoloniaux). Cette politique extérieure étant le prolongement de sa politique intérieure.

     Aussi, nous ne voyons pas l'impérialisme « comme un système de politique extérieur ». Nous savons avec Lénine, que:

« Au point de vue économique, l'impérialisme (ou l'époque du capital financier, la question n'est pas dans le terme) est le stade suprême du développement du capitalisme, celui où la grande production a atteint des proportions telle que la libre concurrence fait place au monopole. C'est là l'essence économique de [p.21] l'impérialisme » (Lénine. O.C., T. 23 p.44).

     La politique social-impérialiste de la Chine est à ne pas en douter le prolongement, de sa politique intérieure. L'expérience des pays comme l'URSS et des ex-pays de démocratie populaires est très enrichissant à ce sujet. Ce sont des pays où le capitalisme a été restauré sous diverse formes. En partant de cette expérience vécue, Enver Hodja a élaboré une thèse très importantes :

« Si le pays qui subit cette régression est important par son territoire, par sa population et par son potentiel économique, son état se convertit en social- impérialiste. Si au contraire, ce pays est petit, alors il devient un satellite du capitalisme mondial, un état dominé par les capitaux étrangers et le néo- colonialisme qui exploitent les richesses du pays et la sueur du peuple. »(souligné par nous. in « La Démocratie Prolétarienne est la démocratie véritable, édition Tirana, pp.22-23)

     C'est fort de tous ces éléments, que nous dénonçons la Chine comme une puissance social-impérialiste. Il ne fait plus l'objet d'un doute que la Chine vise à l'hégémonisme mondial (conflit Vietnamo-Cambodgienne). Or si elle vise à l'hégémonisme, c'est pour dominer et exploiter les peuples du monde. Donc pour ceux qui s'attachent à la recherche de la « base économique » de la politique extérieure de la Chine (« quel pays la Chine exploite? » ou « exporte-t-elle des capitaux? »), nous dirons qu'elle ne sera pas longue à venir, mais qu'elle n'est pas automatique.

     Et s'accrocher à trouver la base économique à l'extérieur de la Chine avant de la dénoncer comme social-impérialiste, c'est à la source, considérer l’impérialisme « comme un système de politique extérieure », c'est tomber dans « l’économisme impérialiste ».

      Quant à la théorie des 3 mondes, nous pensons que ce n'est pas par des allusions, par l'emploi de caractérisations fumeuses (NCO) que l'on contribuera à la démasquer aux yeux des militants de la FEAN et de l'UGEV, aux yeux des peuples africains et voltaïque.

      Nous pensons, quant à nous, que pour combattre de façon conséquente cette théorie, nous devons élever le niveau politique de nos militants, pour qu'ils puissent bien connaître son contenu réactionnaire.

     Sur cette question, les divergences au sein de l’AEVF ne sauraient être réduites à de simple « différences d'appréciations ».

[p.22]

 

II.           SUR LA SITUATION NATIONALE.

 

     Afin d'aborder correctement les points de divergences sur la situation nationale, il convient de dégager les caractéristiques essentielles de notre pays depuis son accession à l'indépendance politique jusqu'à nos jours et leurs tendances d'évolution.

 

A-  La Haute-Volta est un pays indépendant politiquement.

       Au mois de septembre 1978, est apparu un journal, dénommé « Le Prolétaire » (« Journal de propagande communiste »). Dans ce journal, on parle de la Haute-Volta comme un pays politiquement indépendant.

     Le CE opportuniste de l'AEVF, secondé par ses suppôts influents à la base et autres Larbins, ont entretenu consciemment une confusion visant à assimiler les promoteurs de ce journal communiste avec les tenants du « NCOL ».

      Partout au pays ils ont mené une campagne policière, pour dire que c'est tels et tels éléments du « NCOL » qui ont assumé la diffusion de ce journal. Au cours des différentes AG (AG, de l'AEVO, AG à Poitiers, AG à Lyon, AG à Toulouse, AG à Rouen, etc...), on s'est attelé à citer aux nombres des littératures diffusées par nous, le journal « le Prolétaire ». A Caen, le CE opportuniste en personne, s'en est pris au journal communiste en question, en le montrant, comme le chef d'œuvre du « NCOL ». Les points politiques, avancés, dans ce journal nous sont attribués lors des débats de lignes. Ainsi dans le journal communiste, « Le Prolétaire », on peut lire à la page 9 ceci :

« La Haute-Volta a été créée en tant que territoire, par l'e colonialisme-Impérialiste français en 1919 suite au développement des luttes des peuples africains et du monde, l'impérialisme français dû concéder l'indépendance politique (souligné par nous), comme solution barrant la route à une révolution véritable de libération nationale. »

     A la page 10, du même, journal, il est dit :

« Dans la lutte contre le colonialisme, toutes les couches et classe sociales du pays étaient intéressées au départ du colon blanc. Avec l’'indépendance politique qui verra la création d'un état national sur la base du cadre territorial colonial, l'appareil d'état étant, confié aux classes réactionnaires autochtones, produits de la domination impérialiste (bourgeoisie réactionnaire) et les vestiges des forces féodales ne font pas partie du peuple. De ce point de vue, il ne s'agit plus désormais en Haute-Volta d'une lutte révolutionnaire pour l'indépendance politique tout court (s'agissant de la voie pour le progrès social véritable) mais la lutte se pose en terme de REVOLUTION POPULAIRE (au sens scientifique du terme) anti-impérialiste, démocratique. Donc, comme l'indiquait l’internationale communiste (IIIè internationale lors de son 6è congrès) il s'agira de [p.23] réaliser une Révolution de Démocratie Nouvelle, sous la direction du Prolétariat »(Tout ce qui est souligné, l'a été par nous).

      Et, plus loin :

« Du point de vue de la causé prolétarienne la révolution à l'étape actuelle de la lutte de notre peuple, comporte un caractère national qui se mêle au caractère social, tous les deux étant dirigés dirigé contre l'impérialisme et ses piliers locaux. Ce faisant, le prolétariat voltaïque, pour ne pas tomber dans le nationalisme, ce qui reviendrait à se mettre à la remorque de la bourgeoisie, doit mettre en avant et faire valoir « les intérêts indépendants de la nationalité et commune à tout le prolétariat ».

 L'aspect national du point de la lutte du prolétariat, ne doit pas restreindre l’internationalisme, car ce serait mettre en avant de l'internationalisme prolétarien, l'égoïsme national. Ce faisant, c'est se battre sur le terrain de la bourgeoisie.

Jamais le prolétariat ne doit subordonner les intérêts de sa lutte dans le monde à l'intérêt de «cette lutte dans le cadre étroit d'un pays donné. »(page 10-11).

     Assimilant donc les promoteurs du « Prolétaire » au « NCOL », voilà nos opportunistes de droite, parti en guerre, contre le fait que le « NCOL » affirme que notre pays est indépendant politiquement. Selon eux dire de la Haute-Volta qu'elle est politiquement indépendante c'est défendre la thèse de l'état de démocratie nationale (Cf. sous-section de Poitier au congrès de l’AEVF.

     Face à une telle accusation, nous avons demandé, qu'ils produisent un seul passage dans un des documents que nous avons publié, à savoir « Deux pratiques,   deux lignes…. » et « Encore une fois..., etc., où nous affirmons cela.

      Vous en doutez, ils ne furent pas à même de produire ce passage.

     De même, faisant allusion aux points de vue développés dans « Le Prolétaire », ils affirment que nous nions l'étape de la lutte en Haute-Volta, c'est-à-dire la RNDP, puisque nous omettons l'aspect National.

     Partout dans nos documents publiés, lorsque nous parlons de l'étape de la lutte, nous continuons de faire nôtre le mot d'ordre de RNDP. Mais nous nous démarquons et ce avec force des points de vue des opportunistes qui résument le contenu de la révolution à l’étape actuelle à la lutte de notre peuple au seul aspect national. Ce qui fait qu'ils entrent en transe, lorsqu'une autre force politique formule un mot d'ordre définissant l'étape actuelle de la lutte de notre peuple, en y omettant l'aspect national. Une telle réaction épidermique, couvre en fait un nationalisme, des plus désuets.

       Par rapport à ces amalgames, et à ces dénonciations de type policier notre attitude de principe a consisté à affirmer que dans la lutte de ligne que nous menons au sein de l'AEVF, nous n'avons jamais arboré le drapeau du communisme. Tout en ayant cela en vue, nous tenons à dire que nous ne sommes nullement gênés, qu’on nous attribue  des points politiques sur-[p.24]tout quand ils sont justes; dussent-ils être avancés par des communistes.

       Depuis que le problème de l’indépendance politique de notre pays a été posé et ce, pour la première fois dans notre pays par « Le Prolétaire », nous avons réfléchi et étudié et nous sommes arrivés aux bouts de nos analyses à la conviction que c'est là une vérité incontestable ; que c’est là la seule acception scientifique de la réalité présente de notre pays. Et dorénavant, nous sommes décidés à rompre avec les généralités, avec tous ces concepts petits bourgeois (d'indépendance « fictive », d'indépendance « théorique », etc...) qui n'ont rien de scientifique et qui n'expriment que la simple indignation du petit-bourgeois exaspéré.

      Quant à la question de la définition de l'étape actuelle de la lutte de notre peuple, nos réflexions se poursuivent. Et qu'on se le tienne pour dit! Si au bout de nos analyses, nous arrivons à trouver que la définition de l'étape actuelle de la lutte du peuple Voltaïque, en terme de Révolution Anti-impérialiste Démocratique et Populaire ou de Révolution Démocratique et Populaire, est plus adéquate et plus judicieuse, nous n'hésiterons pas à la faire nôtre.

      Aujourd'hui, il y a en Haute-Volta, trois sortes de caractérisations à propos de la même étape:

       - le mot d'ordre de RNDP( Révolution Nationale Démocratique et Populaire) formulé pour la première fois par l'UGEV.

       - le mot d'ordre de RPLN (Révolution Populaire de Libération Nationale) avancé par la LIPAD;

       - le mot d'ordre de RAIDP (Révolution Anti-impérialiste Démocratique et populaire ou de RDP (Révolution Démocratique et Populaire) lancé par le journal « Le Prolétaire ».

 

     Trois mots d'ordre pour la même étape. Cela pose concrètement la tache de réflexion, pour déterminer le mot d'ordre le plus juste qui définit l'étape actuelle de la lutte de notre peuple. Nous mènerons nos réflexions en partant des axes suivants;

      1°) La justesse de tout mot d'ordre exige « une analyse précise à la fois
de la réalité économique, de la situation politique et de la portée politique du mot d'ordre considéré »(Lénine).

      2°) Le soucis, de la clarté politique et de la maturité théorique des mots d'ordres que nous formulons.

 

      Ceci dit, revenons à la question de l'indépendance politique de notre pays, pour dire notre mot.

Aujourd'hui, affirmer que notre pays est indépendant politiquement, choque bien de petit-bourgeois (les opportunistes de droite au sein de l'AEVF notamment) qui sont habitués à opérer avec des concepts petits bourgeois.

      En effet des concepts comme ceux d’« indépendance fictive », « indépendance [p.25] théorique » lorsqu'ils sont utilisés au sein de la FEANF ou de l'UGEV, visent en fait à nier le fait que notre pays et les autres pays néocoloniaux existent en tant qu'états nationaux indépendants depuis la décolonisation (parce qu'aussi, il arrive à Lénine de parler d'indépendance nominale, d'indépendance formelle. Mais "e telles expressions chez lui, exprime justement cette indépendance juridique, cette indépendance politique).

     En effet, depuis 1960, notre pays est devenu un état national avec des frontières bien délimitées, doté d'un gouvernement autonome, d'un parlement, ayant son drapeau et son hymne etc., autant de caractéristiques qui sont l'expression juridique de la souveraineté nationale.

     Sur le Plan International, la Haute-Volta a sa propre représentation, elle est représentée dans les assises et conseils internationaux où  assistent des pays souverains.

     Il est un fait, que depuis 1960, l'appareil colonial, a cédé la place à l'appareil néocolonial. Les agents coloniaux, se sont effacés en faveur des classes autochtones à qui sont confiées dorénavant les destinées du pays. Il y a eu une redisposition des classes sociales. La petite-bourgeoisie intellectuelle créée de toute pièce par la colonisation, de petite bourgeoisie bureaucratique est devenue une bourgeoisie politico-bureaucratique. La bourgeoisie commerçante en nombre infime lors de la période coloniale est devenue une véritable bourgeoisie compradore.

     Avec le départ des colons certaines branches commerciales ont été délaissées à l’exploitation des classes autochtones qui se sont développées. Ce fut là une des bases économiques de la formation de la bourgeoisie compradore. Les premières année de l'indépendance politique sont marquées par une transformation dans les structures étatiques (superstructures), mais la base économique demeurait essentiellement coloniale. La suppression de cette base économique coloniale a été seulement entamée ces toutes dernières années dans les pays coloniaux africains.

      Mais avants de nous attaquer aux conceptions erronées qui visent à nier cette indépendance politique de nos pays africains, il est nécessaire de donner notre compréhension de ce que c'est qu'une colonie, de ce que c'est qu'une néo-colonie ?

     L'époque de l'impérialisme nous offre une diversité de formes de dépendance. Le capital financier se soumet à des degrés divers, un certain nombre de pays. La forme absolue de dépendance, c'est la forme coloniale de domination. Le colonialisme exprime la domination directe d'un pays sur un autre sous tous les rapports: politique, économique, financier et militaire.

      A cet égard il faut mentionner que le fait colonial existait bien avant l'époque de l'impérialisme (au sens moderne du terme). Seulement à l'époque [p.26] de l'impérialisme, le phénomène devient plus étendu. A l’époque de l'impérialisme, le partage du monde entre les différentes puissances impérialistes est achevé. C'est par suite des rivalités inter-impérialistes que les anciennes puissances oppresseuses seront supplantées par de nouvelles.

     La définition d'une néo-colonie correspond à l'état de dépendance d'un pays décrit par Lénine en ces termes :

« C’est un pays qui existe en tant qu'état politiquement indépendant mais qui en réalité est un vassal de l'impérialisme international (français principalement, pour la Haute-Volta) aux points de vue économique, financier et militaire.»

Le terme de Néocolonie exprime une domination indirecte de l'impérialisme international. La dépendance dans ce cas, n'est pas absolue comme dans le cas d'une colonie, mais relative. Il faut ajouter que la dépendance
relative existe à des degrés divers (exemple : degré de dépendance du Portugal et degré de dépendance de la Haute-Volta).

     Nier l'indépendance politique de la Haute-Volta, revient à nier son droit à « la libre disposition », le droit de la « nation » voltaïque à disposer d'elle-même.

     Le droit à la libre détermination, est le droit d'exister en tant qu'état distinct.
Aujourd’hui, seule une annexion étrangère peut effacer la faute-Volta en tant qu'état distinct.

Selon Lénine, « le droit des nations à disposer d'elles-mêmes signifie exclusivement leur droit à l'indépendance politique a la libre séparation politique d'avec la nation qui les opprime. » (T.22, page 158).

     A la sortie de la seconde guerre mondiale, il était risqué pour la France de continuer de maintenir les pays Africains sous le joug colonial. Cala pour les saisons suivantes :

     1°) L'essor des mouvements nationaux dans le monde et tout particulièrement sur le continent africain;

      2°) La révolution d'octobre et la consolidation du 1er état socialiste dans Le monde.

     3°) Les guerres d'Indochine et d'Algérie, au cours desquelles l'impérialisme français a subi des cuisantes défaites;

     4°) L'action des pays socialistes et dans une moindre mesure, celle des USA qui voulait se faire passer comme le défenseur du « droit des nations à disposer d'elles-mêmes », « de la libre disposition » de ces nations;
      5°) La lutte de la classe ouvrière et du peuple français.

 

      C’est sous l'effet de ces différents facteurs, que la France a été contrainte à concéder cette indépendance politique aux pays africains. Elle ne s'est pas laissé enfermer dans la logique du « tout ou rien », car elle aurait tout perdu.

      De jure ces pays sont indépendants, mais « de facto » ils restent [p.27] toujours sous sa domination. Pour acquérir l'indépendance complète il faudra une série de Révolution. Cette, accession à l'indépendance politique marque un progrès certain. Les petits bourgeois préfèrent quant à eux, opérer avec des notions petites bourgeoises, avec comme dirait l'autre, des « concepts » étudiants, c'est à dires « relevant d'un langage simpliste et relâché qui est (tout naturellement de mise dans les ribotes d'étudiants » (Lénine). Or comme le dit Lénine, « on ne peut traiter des questions théoriques en usant des notions petites-bourgeoises ».

      Le point de vue erroné qui est aussi à la base du refus des petits-bourgeois de reconnaître l'indépendance politique des pays sous domination néocoloniale, est que selon eux (il s'agit entre autres des opportunistes de droite de l'AEVF, le CE en tête): « quand un pays n'est pas indépendant économiquement, il ne peut être politiquement indépendant ».

     C'est ce point de vue opportuniste que Lénine a réfuté justement dans « Une caricature du Marxisme et à propos de l’économisme impérialiste ».

     Lénine y qualifie de tels points de vue, « de l'impossibilité de la réalisation » de l'indépendance politique, sous l'impérialisme, comme étant des points de vue économistes impérialistes. En effet selon le même Lénine « l'annexion économique est parfaitement "réalisable" sans annexion politique, et elle se rencontre constamment ».

« Dans les textes traitant de l'impérialisme, dit Lénine, vous lisez à chaque instant que, par exemple, l'Argentine est en fait une "colonie commercial" de l'Angleterre, que le Portugal est en fait le "vassal" de l'Angleterre, etc., c'est exact: la dépendance économique à l'égard des banques anglaises, l'endettement vis-à-vis de l'Angleterre, l'accaparement par l'Angleterre des voies ferrées locales, des mines, des terres, etc., tout cela fait de ces pays des "annexions" de l'Angleterre au point de vue économique, sans qu'il y ait violation de leur indépendance politique (souligné par nous in Lénine. O.C., T. 23 p.46).

     Un autre exemple, où Lénine distingue indépendance politique et indépendance économique:

« Aucune forme politique de la Pologne, que celle-ci soit une parcelle de la Russie tsariste ou de l'Allemagne, ou une région autonome ou un état politiquement indépendant (souligné par nous) ne saurait servir à interdire ou abolir sa dépendance à l'égard du capital financier des puissances impérialistes, l'accaparement des actions de ses entreprises par ce capital.

L'indépendance de la Norvège, « réalisée » en 1905, est uniquement politique. Elle n'avait ni l'intention ni les moyens de s'attaquer à la dépendance économique» (souligné par nous T. 23 P. 51).

     De tout cela, il découle le fait qu'il ne faut pas confondre l'annexion d'un pays avec l'extension, l'expansion du capital financier à un territoire économique plus vaste.

     Toujours à la source, de l'erreur de « l'impossi-[p.28]bilité » de l'indépendance politique sous domination impérialiste, il y a l'incompréhension théorique, des « rapports généraux et fondamentaux » de l'impérialisme et de la démocratie politique en général. Aussi « la libre disposition des nations, selon Lénine n'est qu'une des revendications démocratiques et rien ne la distingue des autres »(O.C., T.23, P.36).

     Dans sa lutte contre les « économistes impérialistes », Lénine note le fait suivant:

« Le point central des raisonnements tenus par les adversaires de la libre disposition est la référence à « l'impossibilité de sa réalisation en régime capitaliste en général, ou à l'époque de l'impérialisme»

     Contre de tels raisonnements, Lénine oppose l'argumentation suivante :

« si l'on pense que la réalisation soulèvera des difficultés politiques ou ne sera pas possible sans une série de révolutions, toutes les revendications démocratiques sont "irréalisables" à l'époque de l'impérialisme. Si l'on pense à une impossibilité économique, il est radicalement faux de prétendre que la libre disposition est irréalisable de ce point de vue ».

 

      Pour terminer, nous dirons, toujours en nous référant à Lénine:

 « l'affirmation selon laquelle, le droit des nations à disposer d'elles-mêmes est irréalisable dans le cadre du capitalisme peut être prise soit dans un sens absolu, économique, soit dans un sens relatif politique.

Dans le premier cas, cette affirmation est foncièrement erronée du point de vue théorique..(...).

Le capital financier dans sa tendance à l'expansion, achètera et soudoiera "librement" le gouvernement démocratique et républicain le plus libre, les fonctionnaires élus de n'importe quel pays, fut-il "indépendant". » (souligné par nous).

La domination du capital financier, comme celle du capital en général, ne saurait être éliminée par quelque transformation que ce soit dans le domaine de la démocratie politique ou de l'auto-détermination se rapporte entièrement et exclusivement à ce domaine. Mais cette domination du capital financier n'abolit nullement l'importance de la démocratie politique en tant que forme plus libre, plus large et plus claire de l'oppression de classe et de la lutte des classes. C'est pourquoi tous les raisonnements présentant comme "irréalisable" du point de vue économique, l'une des revendications de la démocratie politique en régime capitaliste procèdent d'une définition théoriquement fausse des rapports généraux et fondamentaux du capitalisme et de la démocratie politique en général ». (Lénine. O.C.. T.22, P.156-157).

 

 

 

     Ainsi, l'impossibilité économique de la réalisation de la « libre disposition » c'est à dire de l'indépendance politique, est radicalement faux et relèvent des conceptions "économiste impérialiste".

Ainsi, nous sommes d'accord avec le journal « Le prolétaire » quand il af-[p.29]firme que notre pays est politiquement indépendant.

Ce ne sera que par une séries de Révolutions que la question de l'indépendance complète sera résolue.

 


 

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24/10/2011
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