Parcours

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Le chemin parcouru 01

 

 

LE  C H E M I N    P A R C O U R U

 

 

(Extrait du numéro spécial de l’Organe interne du Groupe « Le Prolétaire »

 

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 Dans le prologue du texte "Oualian et la Révolution burkinabè, à défaut d'avoir pu mettre en ligne le texte que j'ai évoqué à savoir "Le chemin parcouru", j'affirmais que je le tenais à la disposition de ceux qui le désirent.  Il suffisait pour cela pour cela de me communiquer un e-mail pour l’obtenir en fichier joint.

Aujourd'hui (12 janvier 2016) le lecteur de mon Blog pourra avoir accès à l'entièreté de ce document".

Ce document peut être versé dans le domaine public. Et ce ne sont pas les "déserteurs" récidivistes de l'ULC et de l'ULCR qui m'en empêcheront, eux qui n'était pas des nôtres lors de la dissolution de l'ULC et et lors de la mutation de l'ULC-R en Parti de la démocratie sociale (PDS).

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Introduction

Depuis la parution du numéro 0 du « Prolétaire », l’organisation est tombée dans une léthargie. Jusqu’à présent le second numéro du journal qui devait suivre le premier, et qui est tant attendu aussi bien par les militants de notre organisation que par notre public, est loin de voir le jour.

Cette situation amène certainement les cellules, les militants à se poser des questions légitimes : qu’est-ce qui se passe au niveau des organes  dirigeants ?

En effet, qu’est-ce qui se passe au niveau des organes dirigeants et qu’est-ce qui explique cette discontinuité dans notre action révolutionnaire ?

Il se passe qu’au niveau des organes dirigeants ça ne va pas. Il se passe que le Comité provisoire d’organisation (CPO) n’est qu’un comité d’organisation que de nom, et de ce fait ne peut assurer la direction idéologique, politique et pratique de notre organisation. Pourquoi cela ?

C’est ce que nous nous proposons d’expliquer aux yeux de l’ensemble de l’organisation.

Nous inspirant des principes et normes organisationnels qui président à la vie des organisations comme les nôtres, qui se veulent marxistes-léninistes, nous estimons qu’il est de notre devoir de ne pas « celer » à l’organisation, des problèmes sérieux qui touchent de prêt à sa survie. Comme le dit Lénine, « Seule une large publicité redresse toutes les déviations rigides, unilatérales, capricieuses ; elle seule tire de l’ « opposition » parfois inepte et ridicule des « groupuscules », la matière utile, indispensable, qui permet de s’éduquer dans l’esprit de Parti. »

Mais pour comprendre la situation actuelle, pour permettre à tous les militants de notre organisation d’être juges de cette situation, il est indispensable pour cela, de décrire le chemin parcouru jusque-là.

D’où sommes-nous partis ? Où allions-nous ? Comment sommes-nous arrivés là ?

Tout cela est nécessaire, pour répondre à la question de comment poursuivre le parcours, en sortant de cette situation de léthargie?

 

 

1.  D’où sommes-nous partis?

 

1.1. le noyau des quatre

Toute organisation, toute force politique, avant qu’elle ne se forme une physionomie (politique s’entend) a des initiateurs. Le plan de cette physionomie a été au préalable conçu par quelques individus avant d’être le plan d’un groupe d’hommes qui lui donne sa physionomie.

Notre groupe non plus, n’a pas échappé à ce processus. Notre groupe s’est constitué à partir d’une scission opérée au sein de l’O"C"V (Organisation « communiste » voltaïque). Cela avait été indiqué, certes de façon brève, dans le premier numéro de l’Organe interne (OI)

Au sein de cette organisation, déjà au mois d’avril 1978, quatre camarades prirent conscience de l’ampleur des problèmes idéologiques qui minaient sérieusement cette organisation et qui l’empêchaient de se transformer en une organisation véritablement communiste. Il convient de citer le nom de ces quatre camarades. Il s’agit des camarades : Sô-Fù-Mion [pseudonyme de Charles Salvi Somé.], Don-Donis [pseudonyme de Valère D. Somé], Bruno [pseudonyme Basile Laetare Guissou] et X.

Ces quatre camarades étaient partis des constatations suivantes, pour fonder leur action future :

L’O"C"V est une organisation au sein de laquelle prédomine sans partage, l’idéologie petite bourgeoisie, étrangère à l’idéologie prolétarienne. Et cela se manifestait de la façon suivante :

1°-  S’en prenant au 1er responsable de l’époque (ne pas confondre avec l’ancien Ier responsable, démis par voie de putsch), les quatre camarades le caractérisaient comme « un cacique » petit-bourgeois qui n’a pas hésité à s’entourer d’une véritable mystique, tout en qualifiant les autres de contre-révolutionnaires, ceci dans le but de mieux exciter le fanatisme, bâillonnant la critique et faire taire la vigilance révolutionnaire contre son pouvoir discrétionnaire de cacique. »

 Ainsi dans l’organisation, s’était instaurée une atmosphère de coterie, de conflits personnels, alors que doit exister une solide camaraderie communiste.

A la place des discussions saines à l’intérieur des structures de l’organisation, s’étaient substitués les « cancans » et autres chicanes.

Les attitudes du Ier responsables de l’"O"CV ressemblaient à des attitudes de petits chefs (« cacique ») qui parlent beaucoup, mais travaillent peu. »

2°- Le radicalisme aventurier et  gauchiste  de la petite bourgeoisie. Des années et des années de pratiques sectaires de l’O"C"V dominée par  l’idéologie petite-bourgeoise ont conduit au règne absolu des « caciques petits-bourgeois » et ont déformé  de nombreux militants et introduit chez eux, le vice du dénigrement dans les couloirs, le goût de la parade, l’impatience dans le travail communiste, qui demande de la patience et de la persévérance.

De la même manière que nous avons étouffé dans l’œuf les révisionnistes du PAI, engageons une lutte sans merci pour nettoyer des rangs du mouvement communiste voltaïque, la « phraséologie révolutionnaire qui éprouve une résistance au travail de masse et à l’application d’une tactique révolutionnaire, tendance qui exprime l’incapacité des petits-bourgeois devant les tâches ardues de la révolution.

3°- Abus de praticisme : cela entraîne le renforcement de l’idéologie petite-bourgeoise. L’abus du praticisme et la multiplication des tâches pratiques sont une manière de fuir les débats politiques sérieux (remplacement de ceux-ci par des généralités, des discussions théoriques qui n’apportaient rien à la formation idéologique et politique des militants). Cela entraîne chez les militants (ployant sous le poids des tâches pratiques), l’incapacité à penser par eux-mêmes, d’où l’indispensabilité des « Bonzes ».

Cela conduit au constat du faible niveau idéologique et politique des militants, de leur désintéressement à discuter politiquement des problèmes et remplacement par une tendance à vouloir toujours « creuser » chez les autres pour y découvrir «  les tares petites-bourgeoises » sous le poids desquelles eux-mêmes ploient.

Cela conduit à un désintéressement pour l’étude des documents (refus de faire étudier les documents de l’organisation), des classiques du marxisme-léninisme.

Tout cela égale la résistance radicale de la petite bourgeoisie à l’idéologie prolétarienne.

Cette prééminence des tâches pratiques a montré un incroyable manque d’esprit pratique, de capacité de réalisation, de capacité de conception.

4°- Manque d’audace, routine étriquée très développée.

5°- Les comportements du « cacique » étaient connus de tous. Aucun n’ignorait son action de division (pour mieux asseoir son règne) et la constitution d’une fraction pour « tomber » le 1er responsable de l’organisation. Cependant il n’y eut aucune résistance devant ces activités antiparti et anti-prolétariennes. Ce fut-là, une complaisance criminelle montrant à quel point, on avait su abuser de la confiance aveugle des militants, développant un servilisme des plus puants ».

 

Toutes ces cinq (5) manifestations citées, sont contenues dans le compte-rendu d’une des réunions (fractionnelles) tenues par les quatre camarades. Nous tiendrons à la disposition de tout un chacun, les originaux de ces comptes rendus de réunions des quatre.

Partant donc de ces cinq constatations, les quatre camarades se dégagèrent des tâches qu’ils intitulèrent, « les 5 démarcations » à savoir :

1°- rompre avec les idées et pratiques de l’esprit de coterie petit-bourgeois et intégrer à   l’organisation les anciens militants, mis à l’écart injustement.

 2°- coordonner les forces prolétariennes révolutionnaires et œuvrer à l’unification en un centre unique : le Parti communiste.

3°- ligne de démarcation nette entre nous et les révisionnistes modernes, ancien genre et nouveau genre (tiers-mondiste).

Sur le plan national, démasquer et anéantir les révisionnistes du PAI avec eux, deux lignes antagoniques.

4° - rompre avec la direction petite-bourgeoise de l’O"C"V. Démasquer les « caciques », les « chefaillons » à la manque, aux yeux de l’ensemble des véritables communistes de Haute-Volta .

 

Entre autres tâches mentionnées dans le compte rendu en question et qui ne sont pas clarifiées, il y a :

- lutter contre la mentalité petite-bourgeoise des sectes, des caciques, des groupes d’amitié, et du radicalisme vain.

- barrer désormais la route à toute tentative de diversions entre  camarades.

- incitation à une transformation radicale dans le comportement et l’action de chaque communiste.

- processus de bolchévisation.

A la page 4 du compte-rendu, on peut lire ceci :

« Mettre l’effort sur les points suivants, pour une véritable bolchévisation de l’organisation :

1°- Discuter, assimiler et appliquer les décisions du comité de réorganisation.

2°-  Rompre avec les séquelles de l’empirisme et du praticisme laissées par l’esprit de « cacique » des éléments petits-bourgeois à la direction de l’O"C"V.

3°- Enrayer le spontanéisme.

4°- Développer une vie organisationnelle régulière, une vie politique intense et une liaison aux masses étroites.

5°- Nécessité de diriger organisationnellement les masses, car il n’y a de liaison qu’avec les masses organisées.

6°- Apprendre à nous passer du confort, d’une vie facile et tranquille : sobriété, modestie et dignité.

7°- Éliminer les tendances et pratiques pernicieuses :

a) - Idées et pratiques des groupes, du caciquisme et de l’amitié petite-bourgeoise. Plus de mandarins qui entravent le centralisme démocratique et le principe de la direction collective, bloquant les liaisons entre les divers organismes, se réservant le droit de donner des ordres personnels en les faisant passer pour des « directives supérieures ». Quand ils (ces mandarins) occupent les postes de 1er responsable, ils laissent libre cours à la leurs vices. Ils transmettent aux organismes que ce qu’ils jugent nécessaire et quand ils veulent bien le faire.

Ils ne payent pas leurs cotisations.

Mieux, hier ils sont anti-albanais (paraît que tous ceux qui sont partis en Albanie sont devenus des « ultra-gauches » ), demain, ils sont plus albanais que les Albanais eux-mêmes (ils y ont fait à leur tour un voyage et ils ne sont pas devenus pour autant des « ultra-gauches », mais des « ultra  albanais »). Ils sont toujours occupés, pris par les affaires et pourtant ils ne font rien. Ce sont des spontanéistes et pourtant, ils sont les premiers à lancer ce qualificatif aux autres. Ils affichent toujours des airs de grands seigneurs : il faut leur ôter ce voile.

b)- Tendance à encourager et entretenir la délation, la dissimulation et le servilisme.

c)- Tendance à confondre le sectarisme à la fermeté révolutionnaire prolétarienne.

d) Tendance spontanéiste contraire à l’esprit qui consiste à travailler avec un plan minutieux élaboré et approuvé collectivement et avec méthode.

e)- Tendances libérales qui sont l’expression achevée de l’idéologie bourgeoise libérale.

f)- Tendances bureaucratiques créant une mentalité de fonctionnaires bureaucrates.

h)- Tendance de « conspirativisme ».

Sous prétexte de détecter les flics, on détourne l’organisation de son action auprès des masses. Entretien d’une atmosphère de suspicions réciproques. Autant de choses qui contribuent à déstabiliser les camarades honnêtes et sincères.

 

1.2. Conclusion

  • Être  communiste, n’est pas un simple acte de foi. C’est avant tout et par-dessus tout, une transformation réelle et constante du comportement idéologique et de l’élévation du niveau politique.
  • Être communiste c’est mener sa vie avec les intérêts de l’organisation et de la révolution ; c’est subordonner ses intérêts individuels aux intérêts supérieurs de l’organisation. C’est être un fidèle serviteur du peuple, en sachant travailler avec lui, vivre avec lui et lutter avec lui.
  • Être  communiste, c’est se porter aux devants des difficultés.
  • Être  communiste, c’est être honnête et sincère vis à vis de l’organisation et vis-à-vis de ses camarades de lutte, c’est tenir le mensonge en honte, c’est haïr l’hypocrisie.
  • Être  communiste, ce n’est pas une proclamation solennelle ; ce n’est pas l’attitude d’un moment, c’est l’être à tous les moments, pour la vie entière ; c’est un choix quotidien.

 Voilà ce que reflète le compte-rendu de cette réunion des 4. Nous avons tenu à produire sans aucune modification, y compris toutes les insuffisances, le contenu de ce compte rendu. Ce qu’il faut dire avec honnêteté, c’est que les 4 camarades se sont inspirés énormément des documents du PCP-R (Parti communiste Portugais–reconstruit), pour cerner la nature des problèmes idéologiques posés au sein de l’O"C"V. Parfois même c’est une reprise pure et simple de certains problèmes idéologiques décrits dans les documents du PCP-R.

Ce qui est la preuve que le genre de problèmes que nous connaissons, ne nous est pas spécifique.

Pour nous résumer nous dirons que cette analyse brève des insuffisances idéologiques, constituait la plate -forme idéologique à partir de laquelle, les 4 camarades allaient se fonder pour orienter leur action future, en contactant des éléments susceptibles d’être ralliés. En d’autres termes, ils avaient entamé résolument le travail de fraction. Dans ces contacts, c’est ainsi que l’ancien 1er responsable de l’O“C”V (que nous appellerons, Kévin [pseudonyme de Noaga Jean-Baptiste Oualian] fut saisi et sollicité. Il faut avouer son ralliement à notre cause, ne fut pas tâche aisée. Lors de la première entrevue au cours de laquelle le camarade Don-Donis a été chargé par les 3 autres camarades d’avoir avec lui, voilà le langage qu’il a tenu après avoir relaté en détail (pendant plus de 6 heures) la mésaventure qui lui est arrivée :

« je ne suis pas encore arrivé à la conviction que l’O“C”V est foutue ; sinon j’aurais déclenché une action parallèle. Et puis pour moi, je pense que mon rôle historique est terminé. Je me contenterai de donner, en étant à l’écart, ma contribution d’une manière ou d’une autre ».

Devant de tels propos, le camarade Don-Donis n’a pas manqué de déclarer que ce sont des attitudes capitulardes et que de telles attitudes ne sont pas concevables au regard de la question de la révolution dans notre pays qui est en cause.

Puis il s’est acharné à le convaincre de la possibilité pour lui de continuer dans la lutte qui est la nôtre. à l’issu de cette première rencontre, Kevin demanda un temps de réflexion ; ce qui lui fut accordé, mais toute fois avec la précision suivante à savoir : « qu’avec lui ou sans lui, nous, nous étions décidés à aller à contre-courant, du courant opportuniste petit-bourgeois prédominant au sein de l’O“C”V.

 Il est vrai qu’en ce moment nous n’avions pas une idée suffisamment claire de comment nous irons à contre-courant. A ce niveau, nous avions une position confuse. Nous préconisions, en même temps que nous mènerons la lutte à l’intérieur de l’"O"CV, mener un travail d’organisation à l’extérieur.

Il est à noter que c’est seulement après la première entrevue avec le camarade Kevin (ancien 1er responsable de l’O“C”V) que nous avons contacté le camarade Robin [pseudonyme de Bonaventure Kabré.] qui n’éprouvera d’ailleurs, quant au principe, aucune difficulté à se joindre à nous. Lors de la première entrevue avec Kevin, il lui a été aussi signifié, le fait que nous souhaiterions rencontrer le camarade Igor [pseudonyme  de Bazanasuon Somé], un des anciens de l’O“C”V et que nous considérons comme avoir été mis injustement à l’écart, et cela sans aucun débat.

C’est après ces quelques contacts, qu’au sein de l’O“C”V s’est posé (début mai 1978) le problème de la « Directive » (la fameuse directive) qui posait comme tâche immédiate, la création du Parti (en fait la simple transformation de l’O"C"V en Parti), pour les vacances 1978. La façon dont cette directive posait la question de la création du parti ne nous laissait aucun choix, pour mener la lutte idéologique à l’intérieure de l’O“C”V. Ainsi selon cette « Directive centrale », seuls sont des marxistes-léninistes, les éléments qui seront d’accord avec la vision subjective et volontariste qui y est contenue; seront considérés comme « révisionnistes », comme « des petits bourgeois jusque dans l’âme », qu’il faudra exclure, tous ceux qui iront à l’encontre de cette directive centrale. Puis la directive, terminait en invitant tout un chacun à répondre par un « Oui » ou par un « Non », s’il est d’accord ou non avec cette « tâche immédiate » de création du Parti prévu pour les vacances 1978.

Pour nous les quatre (4), la question du « Que faire ? » se posait avec force.

Comment concevoir sans trahir nos convictions idéologiques, le fait que l’O“C”V au sein de laquelle prédomine de façon totale, l’idéologie petite-bourgeoise se transforme dans ces conditions, en un parti communiste ?

Comment mener notre lutte, pour montrer que sans avoir atteint une stabilité idéologique certaine, on ne saurait passer à la transformation de l’O“C”V en un Parti de toute la classe ouvrière ; par principe, nous ne trouvions, à part le manque de stabilité idéologique, l’absence de dirigeants idéologiquement stables, aucun autre inconvénient à ce que le Parti se crée pendant les vacances. Voilà comment à notre niveau, avec toutes nos insuffisances, le problème se posait.

Outre le fait qu’au sein de l’O“C”V, il n’y avait pas d’organe interne à travers lequel, nous pouvions exprimer nos points de vue à toute l’organisation, les faisant dépasser ainsi le cadre étroit des cellules au sein desquelles le suivisme était à son paroxysme ; outre ce fait donc, il y avait le danger certain de nous faire isoler un à un, et nous éjecter de l’organisation comme de vulgaires antiparti, comme des « compagnons de route » petits-bourgeois. Tenaillés donc par ce souci, au niveau des « quatre», nous avons arrêté un texte en commun que voici :      

 

« APPEL AUX COMMUNISTES VOLTAIQUES

 

(Deux tendances au sein du mouvement communiste voltaïque)

   

 Introduction

Le prolétariat international est à la veille d’une lutte décisive. Nous continuons de vivre sous l’époque de l’impérialisme et des révolutions prolétariennes. Tout le système capitaliste (y compris les pays révisionnistes social-impérialistes) est secoué dans le plus profond de leur fondement, par une crise économique sans précédent. Cela s’explique d’une part, par le fait que le système capitaliste de par sa nature est et sera toujours en prise à des crises profondes avec leurs cortèges de malheurs. D’autre part, par le fait que les masses populaires de par le monde assènent des rudes coups aux intérêts économiques du monde capitaliste impérialiste, confirmant le fait qu’aujourd’hui dans le monde, la tendance principale est à la révolution.

Dans tous les pays capitalistes impérialistes, on assiste à la montée grandissante du fascisme. La bourgeoisie se prépare fébrilement pour museler les peuples et les contraindre à la soumission. En outre, la rivalité des deux superpuissances, l’impérialisme US et le social-impérialisme soviétique, fait planer sur les peuples du monde, le danger d’une troisième guerre mondiale. Tout cela rend incontestablement, cette vérité selon laquelle : aujourd’hui, dans le monde, la révolution n’est plus une simple aspiration et une perspective, mais un problème posé et à résoudre : ou la révolution conjure la guerre ou la guerre provoque la révolution. Ce sont les deux issues possibles.

C’est pourquoi dans les pays où il y a un mouvement ouvrier conscient, la classe ouvrière doit s’apprêter à livrer une série de batailles décisives, les armes à la main. Il est plus que jamais impérieux, pour ce faire, qu’elle se dote d’une solide et puissante organisation révolutionnaire afin d’assumer sa mission historique, celle de son émancipation et de l’émancipation de l’humanité entière. Toute hésitation, toute perte de temps est une perte de temps précieuse, qui coûtera très cher aux peuples.

Dans tous les pays où la classe ouvrière reste inorganisée, il importe aux communistes d’œuvrer à la naissance d’authentique parti marxiste-léniniste, se démarquant résolument du révisionnisme moderne ancien genre (Kroutchévien) comme nouveau genre (tiers-mondiste), et demeurer la fraction la plus consciente, la plus combative et partant la plus révolutionnaire. La tâche des communistes est d’organiser toute la classe ouvrière et le peuple sous la direction d’une avant-garde communiste.

Pour nous communistes voltaïques, la nécessité d’un parti communiste est une nécessité impérieuse.

Nous, nous devons de l’envisager comme la tâche stratégique immédiate. Mais il nous faut un Parti Communiste authentique, qui répudie l’opportunisme de toute nuance, allant du révisionnisme sous toutes ses couleurs (Kroutchéviens comme tiers-mondiste) à toutes les tendances propres à la petite bourgeoisie ; cela est d’une importance particulière, « car un parti communiste n’est pas seulement nécessaire avant et pendant la révolution, mais après celle-ci ». Les expériences amères du PCUS, et du PCC, sont une leçon sérieuse pour le prolétariat international. Cette nécessité ne peut prendre fin qu’avec la disparition des classes sociales. C’est en raison de toutes ces considérations, qu’à la veille de la création du premier parti communiste voltaïque, il importe à tous les marxistes-léninistes authentiques de notre pays d’être attentifs et vigilants.

Ce pour lequel, de nombreux communistes ont œuvré va voir le jour. C’est le couronnement de tant d’années de labeurs, de durs sacrifices et de beaucoup d’abnégation.

On serait tenté de crier : victoire ! Mais hélas ! De nouveaux combats pointent à l’horizon. Mais en véritables communistes, ne reculant devant aucune difficulté, nous oserons assumer nos devoirs et nos responsabilités pour que ce Parti soit l’authentique Parti de la classe ouvrière voltaïque.

Des arrivistes petits-bourgeois, usant des méthodes des plus viles, dignes d’éléments bourgeois et petits-bourgeois, veulent anéantir l’effort de tant d’années consenti à la juste cause de la classe ouvrière et du peuple voltaïque. C’est pour lutter contre ces éléments petits-bourgeois, que nous communiste authentiques, sommes constitués en un noyau ferme et uni et avons pris la ferme décision, et l’engament irrévocable, de venir à bout de ces arrivistes petits-bourgeois, et sauvegarder l’authenticité du parti de la classe ouvrière. Nous avons été confrontés au dilemme suivant : ayant acquis la ferme conviction que la direction actuelle ne représente aucunement l’intérêt du prolétariat, devons-nous dès cet instant opérer une scission ou continuer de rester dans le parti pour y mener une lutte décisive ?

Nous avons opté pour le deuxième terme du dilemme, et cela pour deux raisons essentielles :

1°) Nous pensons et croyons à la justesse, sur les points essentiels, du document issu de la 1re Conférence nationale (septembre 1977), Conférence au cours de laquelle notre groupe a pris la dénomination d’O“C”V (Organisation « communiste » voltaïque)

2°) Nous pensons et croyons à la nécessité impérieuse d’un parti communiste, qui naîtra sur la base de la ligne fondamentale issue de la 1ère Conférence nationale. La création d’un tel Parti, ne peut être remise à des lendemains lointains ; elle aura le mérite, celui d’avoir planté sur notre sol, le drapeau rouge, le drapeau de la classe ouvrière, le drapeau de la libération de notre pays et du socialisme comme voie de transition vers le communisme.

Une fois que ce drapeau, qui est l’œuvre de tous les membres de l’O“C”V, flottera sous les cieux de notre pays, il ne serait plus l’apanage de tel groupe ou tel autre, mais le drapeau de la classe ouvrière voltaïque.

C’est pourquoi, nous sommes décidés à mener la lutte de l’intérieur, en sachant que cette lutte sera une lutte entre deux lignes s’excluant mutuellement, car au sein du Parti de la classe ouvrière, il ne peut et ne doit  exister qu’une seule ligne, celle du marxisme-léninisme authentique, léguée par Marx, Engels, Lénine et Staline.

Nous mènerons cette lutte jusqu’à ce que les éléments étrangers à la cause de la classe ouvrière, soient extirpés de nos rangs. Cette lutte sera dure, car l’appareil de l’organisation est aux mains de ces éléments  étrangers qui l’utiliseront certainement pour nous écarter ; alors et alors seulement, nous constituerons à part le véritable Parti communiste. Quoiqu’il advienne, cette lutte est indispensable pour rallier tous les camarades sincères dupés par ces éléments petits-bourgeois, étrangers à la classe ouvrière et à son idéologie, le marxisme-léninisme, et pour isoler ces derniers.

C’est une tâche difficile, mais exaltante, et nous l’avons entreprise. Nous sommes optimistes quant à son issu, car nous tenons fermement aux positions véritablement marxistes-léninistes.

 

1. Le chemin parcouru jusque-là

(Cette partie, n’a pas été développée ; certainement nous l’avions laissé provisoirement, en comptant sur l’expérience des camarades anciens que nous désirons ralliés à notre cause)

2.- Deux tendances au sein de l’O“C”V (du mouvement communiste voltaïque)

Une tendance commence à poindre sous forme d’erreurs larvées, se produisant ça et là, petit à petit, mais sûrement, elle finit par ce consolider, « car, comme le dit Lénine, pour profiter de l’expérience du mouvement et en tirer des leçons pratiques, il faut se rendre compte jusqu’au bout, des causes et de l’importance de tel ou tel défaut. » O.C. : T.5, p.384) ;

et Lénine poursuit :

 « Du moment que les tâches étaient bien posées, du moment qu’on avait assez d’énergie pour essayer à nouveau de les accomplir, les insuccès momentanés n’étaient que demi-mal.

L’expérience révolutionnaire et l’habilité organisatrice sont choses qui s’acquièrent. Il suffit que l’on veuille cultiver en soi les qualités requises !

Il suffit qu’on prenne conscience de ses défauts, ce qui en matière révolutionnaire, est plus que corriger à moitié. Mais le demi-mal, devient un mal véritable quand cette conscience commença à s’obscurcir (elle était pourtant très vive) quand apparurent des gens (…) prêts à ériger ces défauts en vertus et tendant même de justifier théoriquement leur idolâtrie, leur culte du spontané. Il est temps de faire le bilan de cette tendance … » (souligné par nous, Lénine : O.C. : T.5, p. 385).

En effet, il est temps de faire le bilan de cette tendance. Pour l’essentiel, ces pratiques pernicieuses qui allaient finir par miner toute la vie de l’organisation, relèvent des séquelles des pratiques héritées au sein du PAI révisionniste. A cet effet il faut dire, qu’une profonde leçon n’a pas été tirée de cette rupture d’avec le révisionnisme matérialisé par le PAI. On le comprendra plus aisément quand on saura que de bout en bout, du tout au tout, au sein de l’organisation, la conscience a  été toujours écrasée par la spontanéité, et cela de façon spontanée.

Le spontanéisme en plein, voilà ce dans quoi toute l’organisation a toujours baigné. Or qu’est-ce que le spontanéisme, sinon l’opportunisme le plus plat !

Et c’est par là qu’il faut partir, si nous voulons cerner correctement cette tendance.

 

2.1. Idolâtrie ou culte du spontané

Lénine disait que :

 « … tout culte de la spontanéité du mouvement ouvrier, tout amoindrissement du rôle de l’ « élément conscient », du rôle de la social-démocratie, signifie par la même – qu’on le veuille ou non, cela n’y fait absolument rien – un renforcement de l’influence de l’idéologie bourgeoise sur les ouvriers » (O. C. : T.5, P.389)

Outre le fait que le travail scientifique, selon un plan élaboré, adopté collectivement faisait défaut, examinons dans la pratique, la façon dont s’est manifesté le culte du spontané.

                                  

2.1.1. Les communistes voltaïques et le mouvement étudiant

Pendant très longtemps, les communistes ont trouvé dans le mouvement étudiant, le baobab derrière lequel ils se tenaient cachés pour porter des coups aux gouvernements néo-coloniaux de notre pays et à toute la réaction. Que le mouvement étudiant ait constitué à un moment donné, le maillon fondamental avec lequel ils devaient tirer toute la chaîne vers eux, ce n’est pas cela qui est mis en cause.

Mais on finit par prendre plaisir à la facilité, à prendre le mouvement étudiant pour le tout. On aurait pu depuis fort longtemps, par la diffusion d’un organe communiste, développer un courant communiste dans le pays. Mais non ! On est toujours resté dans l’attentisme, attendant, on ne sait quoi !

Le mouvement étudiant, l’organe des étudiants, étaient utilisés pour diffuser le programme, les idées des communistes, avec les limites qu’une organisation de masse connaît. Mieux, au lieu d’amener, en tant qu’élément d’avant-garde au sein d’une organisation de masse, les étudiants à accepter de façon consciente la direction de la classe ouvrière, on s’est acharné à tirer le mouvement en arrière, sous le prétexte erroné, des limites du mouvement étudiant, etc.

Quand bien même cette erreur fut perçue, on trouvera des prétextes pour ne pas la corriger. Et les camarades qui voulaient de ce fait, qu’une rectification soit portée, furent accusés d’ « ultra-gauche » (Ce faisant on se plaçait soi-même à l’ultra droite). Entre autres erreurs, il y a le fait de faire assumer des mots d’ordre au mouvement étudiant (UGEV), des mots d’ordre du genre « Front démocratique », alors qu’il ne pouvait contrôler son application.

Et nous passons !

 

2.1.2. Le putsch contre le 1er responsable de toute la fraction scolaire du groupe en France

Sous le couvert de luttes idéologiques, on cherche à assouvir la soif du pouvoir personnel. L’impatience de vouloir jouer un rôle dans l’Histoire, prit le pas sur les sentiments et les pratiques vraiment prolétariens.

On eut recours à la calomnie ou au mensonge. On constitua une véritable fraction, aux dépens du respect des normes organisationnelles, pour réaliser les noirs desseins. Le comble, c’est que tout se passa, dans les couloirs, partout sauf au sein de l’organisation marxiste-léniniste, même pas au sein de l’organisation de masse anti-impérialiste qu’est l’AEVF. Et toute farce fut dénommée, « lutte idéologique ».

Laissons de côté, la violation des normes organisationnelles, et examinons de plus près, cette lutte idéologique, qui a abouti à la chute du 1er responsable de l’organisation, l’un des membres parmi les 4 cofondateurs de l’O“C”V.

Entre parenthèses, le chef d’orchestre de toute cette mascarade, est très loin d’être un des 3 autres cofondateurs de l’ancien groupe.

Que lui reprochait-on ? On lui reprochait d’avoir soutenu et défendu la « théorie des 3 mondes ». Et cela, il paraîtrait qu’il l’a fait lors des entretiens privés avec des éléments qui sont sensés ne pas le savoir organisé. Mais malgré tout, le jour où pour la première fois, la question de la « théorie des 3 mondes » s’est posée au niveau de la direction, il y eut l’unanimité quant au fait que c’est là une théorie anti-léniniste, révisionniste [c’était là la version dont nous nous sommes laissés convaincre par Kévin]. Donc au niveau de l’O“C”V, il n’y eut pas de divergence autour de cette théorie anti-léniniste. Et pourtant c’est ce qui fut saisi par son coresponsable (ils étaient deux à la direction), c’est-à-dire celui-là même qui orchestra la mascarade, donc quand il fut saisi par ce dernier sur le fait que certains camarades lui reprochaient d’avoir défendu la « théorie des 3 Mondes », il fut très surpris. Il finit par reconnaître néanmoins que s’il n’avait pas défendu de façon explicite la théorie des 3 mondes, son appréciation sur la nouvelle direction chinoise (Hua Kuo Feng et autres), et la défense du bastion qu’est la Chine (et cela personne ne le mettait en cause en ce moment-là) visait objectivement à protéger cette théorie. Et c’est ainsi qu’il entreprit de lui-même la démarche auprès de ces quelques camarades « pour rectifier le tir », car si de par ses prises de position, les camarades ont vu là une caution à la « théorie des 3 Mondes », il fallait les revoir pour leur dire que, quand bien même cela avait été perçu ainsi, cela constituait un point de vue erroné de sa part. Mais puisque tout avait été orchestré, sa démarche fut interprétée comme une façon de fuir les critiques. Voilà tout. Voilà la lutte idéologique menée autour de cette théorie des 3 mondes, d’où il est sorti des tenants du « NCO » en notre sein.

La fraction constituée organisa spontanément un débat de masse en dehors de l’organisation pour régler le compte au « révisionniste défenseur de la théorie des 3 mondes ». Et l’affaire fut dans le sac.

Voilà la manière dont les grands problèmes sont traités dans notre organisation. Et l’on veut que tout le monde cautionne de telles pratiques spontanéistes, échafaudées sur la base d’imaginations tendancieuses dans le but de visées sinistres et égoïstes.

Tous les militants sincères qui veulent un tant soit peu, faire un effort d’objectivité dans les réflexions, ne peuvent que se désolidariser de telles manœuvres. Pour notre part, nous estimons que dans le cas favorable (aux fractionnistes) où le camarade 1er responsable, aurait défendu la « théorie des 3 mondes », nous ne voyons pas où se trouve le mal, dans la mesure où, quand la discussion a été portée au sein de l’organisation, il s’est démarqué de cette théorie. Et mieux, il a cherché à présenter son auto-critique (sur la base de la confusion consciemment entretenue) à ceux  d’entre les camarades (qui sont sensés l’ignoré organisé) qui lui reprochaient un tel fait. Mais que voulez-vous ! Quand on cherche à abattre son chien, on l’accuse de rage.

Nous passons, sur les autres arguments d’accusations, car elles sont beaucoup plus risibles.

Voilà où la soif du pouvoir personnel peut conduire : au mépris des intérêts prolétariens. Ce que cela traduit, c’est le désir de jouer un rôle important (poste de direction) dans la lutte révolutionnaire, et ce, au mépris de toutes autres considérations. Et ce sont ces petits chefaillons, ces « caciques » qui sont aujourd’hui à la direction de notre organisation.

Mais poursuivons, pour montrer leur vrai visage, d’éléments petits-bourgeois, étrangers à la classe ouvrière.

Notons en passant, que par de mêmes pratiques, le 2e  cofondateur du groupe [il s’agit du camarade Igor, qui se trouve aujourd’hui organisé avec nous.] a été éliminé sans un débat au sein de l’organisation. Le 3e cofondateur lui aussi a été éjecté, sans aucun débat.

L’arriviste petit cacique, s’accommode aujourd’hui avec le seul membre cofondateur du groupe qui est entré au pays depuis fort longtemps. Mais une chose est sûre, l’arriviste petit cacique, ne reculera pas pour l’éliminer lui aussi, afin d’assouvir sa soif de pouvoir et agir en maître incontesté. Et tout cela, s’est passé sous nos yeux, sans qu’aucune voix ne se soit levée.

On peut dire, que ce qui a amené l’élimination des certains camarades n’a pas été une lutte déclarée de deux conceptions absolument opposée, ni la victoire de l’une sur l’autre, il n’y a pas eu une lutte idéologique sérieuse qui aurait permis d’extirper les tendances petites-bourgeoises qui se manifestent sous les formes les plus diverses. Cela aurait permis de corriger les méthodes de direction erronées dans le travail de l’organisation.

à défaut d’une assimilation sérieuse de l’idéologie de la classe ouvrière, l’organisation dans son ensemble ne sût pas opposer la résistance nécessaire à ces pratiques opportunistes, de petits chefaillons. Les idées-bourgeoises et petites bourgeoises allaient avoir dès lors droit de cité au sein de l’organisation. L’ère du caciquisme avait commencé pour l’organisation.

Par des méthodes bourgeoises et petites-bourgeoises, certains camarades parvinrent à se maintenir à la direction de l’organisation, faisant du Parti « leur chose » et non la « chose » du prolétariat. Qui ose critiquer est mis aussitôt aux bancs des accusés ; l’étiquette de « NCO » ou de « NCR», etc., lui est attribué au bon gré du moment.

Ainsi, l’adoption d’un document juste (sur ses points essentiels) lors de la 1re Conférence nationale ne s’est pas suivie de changements profonds sur les conceptions étrangères. Les caciques ou chefaillons (chefs à la manque) allaient trouver dans la confiance aveugle des militants, dans le servilisme, le terrain propice pour véhiculer et propager avec habileté leurs conceptions. »

Là s’arrêtait, l’ «Appel ».

Manifestement il n’était pas terminé, et depuis lors, il demeura inachevé jusqu’à ce que nous entreprîmes de contacter les deux anciens camarades, cofondateurs de l’ancien groupe.

L’ « Appel » fut présenté au camarade Kevin qui poursuivait encore ses réflexions, à l’issue de laquelle, il devait se déterminer par rapport à nous. Quand il eut pris connaissance du contenu de l’ « Appel », il ne formula aucune critique. Mieux, il ne faisait qu’acquiescer de la tête la partie concernant le putsch qui a été opéré contre sa personne [Cette partie reprenait en fait sa version des faits à laquelle nous avons crû aveuglément.].

C’est dans la période, qu’enfin nous réussîmes à entrer en contact avec le camarade Igor. Une fois de plus Don-Donis fut chargé de représenter les autres camarades lors de cette rencontre, sur laquelle nous fondions beaucoup d’espoir. L’entrevue fut occasionnée par l’entremise de Kevin ; il prit soin en prévenant le camarade Don-Donis de la disponibilité du camarade Igor à l’entrevue, de dire ceci :

— « maintenant c’est à toi de jouer ; si tu sais te montrer convaincant, tant mieux ; d’ores et déjà, je te préviens que ce ne sera pas facile. »

Il est particulièrement important d’insister sur cette rencontre avec Igor, puisqu’elle influencera de beaucoup sur le cours futur des évènements.

D’entrée de jeu, Don-Donis lui tendit l’ « Appel » ci-dessus reproduit et pendant qu’il le survolait, se mit à lui exposer tout le chemin parcouru jusque-là, et la façon dont nous comptions mener la lutte. Au beau milieu de son intervention, il fut arrêté par Igor.

- Igor : il paraît que tu as un problème de local ?

Joignant l’acte à la parole, il tendit à Don-Donis une enveloppe contenant 2. 500 FF. Devant un tel acte « spontané », Don-Donis était là tout ébahi et ne put poursuivre son « discours ». Il se contenta de dire tout simplement ceci :

- Don-Donis: Dans ce cas, tu es au courant de tout alors ! Il est donc inutile de continuer. Ce qui serait intéressant c’est de bénéficier de ton concours, dans la critique de notre projet.

- Igor : Attention ! Il ne faut pas confondre deux choses ! J’ai appris que tu as un problème de local et je te porte mon concours. Ce qui ne te dispense pas de continuer à me tenir informé de votre projet.

Et puis il y a une chose que je tiens à te dire : actuellement tu as élaboré un plan, que tu cherches à soumettre à des camarades pour recueillir leur adhésion. S’il se trouve que ces camarades sont d’accord avec ton plan, tant mieux ! Dans le cas contraire, tu les mets de côté et tu continues ton chemin.

Don-Donis : Nous sommes assez jeunes, sans grande expérience. Nous avons beaucoup d’insuffisances théoriques, comme pratiques, de ce fait, quel que soit le plan que nous puissions arrêter, il sera entaché de beaucoup d’erreurs. C’est pourquoi le concours de camarades expérimentés comme vous, nous est nécessaire. 

Sur cette réponse, sans se perdre dans des tergiversations interminables, ils décidèrent tous deux de poursuivre l’examen du projet. A la fin de l’exposé fait par Don-Donis, Igor lui posa la même question que lui avait déjà posée Kevin, lors d’une de leur entrevue.

Igor : Quel est le problème subjectif qui t’oppose au camarade X… [ de l’O“C”V ] [ Nous nous sentons l’obligation de préserver l’identité de ceux qui n’étaient pas organisé avec nous. C’est une question de principe. Quant à X…, il s’agit du « cacique » de l’O“C”V, dont nous avons longuement parlé dans le compte rendu de la réunion des 4] ? ».

Une fois de plus Don-Donis ne put retenir son étonnement face à une telle question. Il répondit néanmoins.

Don-Donis : Mais rien ! Mais absolument rien ! Le camarade Kevin m’a posé la même question. Mais je pense que vous faites fausse route, si vous pensez qu’un camarade ne peut s’opposer à X…, que sur la base de problèmes subjectifs. Je pense quant à moi que les problèmes qui se posent, sont des problèmes d’ordre idéologiques qui sont un motif suffisant de détermination pour tout camarade qui les perçoit. 

Igor n’insista pas outre mesure et poursuivit.

- Igor : d’après vous, qu’est-ce qui justifie la création du Parti pendant ces vacances ? A mon avis, si ce n’est pas le désir de se partager les postes, je ne vois aucune raison objective. Ne pensez-vous pas qu’un journal de propagande communiste est beaucoup plus nécessaire ? 

-  Don-Donis: J’avoue, que les seuls inconvénients pour nous, s’opposant à la création du Parti pendant ces vacances, c’est le manque de stabilité idéologique au sein de l’organisation et l’absence de chefs idéologiquement stables qui mériteront la confiance indispensable de tous les militants. Cette vision des choses ne nous a pas permis d’examiner d’autres perspectives. Ta suggestion est très intéressante, et je vais la faire examiner par les autres camarades.

 Igor : Je constate que dans l’ « Appel », vous avez répudié le « pensée Mao-Tse-Toung ! En citant les grands classiques, Marx, Engels, Lénine et Staline, mention n’est pas faite de Mao. A quoi cela est-il dû ?.

Ce à quoi répondit Don-Donis très brièvement en ces termes :

-  Don-Donis: Selon nous, parler de « pensée de Mao-Tsé-Toung », cela pose le problème de notre époque ; car aujourd’hui en Chine, la « pensée Mao-Tsé-Toung » est présentée comme une étape supérieure du marxisme-léninisme. Ne sommes-nous pas toujours à l’époque de l’impérialisme et des révolutions prolétariennes ? Le Léninisme n’est-il pas défini par Staline, comme le marxisme de l’époque de l’impérialisme et des révolutions prolétariennes ? Or les Chinois présentent la « pensée Mao-Tsé-Toung » comme étant le marxisme-léninisme de l’époque du l’impérialisme, des révolutions prolétariennes et des luttes de libération nationale. Tout comme si c’était une époque différente de l’époque du Léninisme. Tout en considérant la « pensée Mao-Tsé-Toung » comme étant l’application des principes du marxisme-léninisme en Chine, on ne saurait l’ériger en pensée universelle ».

Ce point demeurera entre eux, un véritable point d’achoppement. Ce n’est seulement que le lendemain, par suite de longs débats, qu’Igor consentit à faire un « compromis » en n’en faisant pas un problème de principe qui puisse nous empêcher de nous unir.

Lors de cette entrevue, le camarade Igor a tenu à nous faire la recommandation suivante :

Igor : Dans le travail de réorganisation que vous entreprendrez, il ne faudrait jamais commettre l’erreur de re-confier un poste de responsabilité à Kévin, car j’estime qu’il est trop imbibé par l’idéologie prédominante au sein de l’O“C”V    

 Cela est très important à retenir, surtout eut égard à la suite des évènements.

Ce fut là le contenu essentiel de l’entrevue avec Igor, qui donna son adhésion pleine et entière à notre projet. C’est aussitôt après son départ, que Kévin finit par donner son adhésion et ce, après plus de trois semaines de réflexions.

Au niveau des 4 camarades, nous nous retrouvâmes pour adopter le projet du journal de propagande communiste. Puis nous estimâmes nécessaire de briser notre noyau de départ, afin de nous joindre les camarades Kévin, Igor et Robin [ En fait seul Robin sera membre coopté au sein du CPO, en attendu la cooptation de Georges.].

Ainsi, l’idée de la constitution d’un Comité provisoire d’organisation fut retenue. Il se compose comme suit :

- 1er responsable : Bruno

- Les deux autres responsables (dont les attributions précises n’ont pas été définies) furent Robin [ pseudonyme de Bonaventure Kabré] et Don-Donis.

Ainsi, une première étape venait d’être franchie. Mais avant de clore cette étape, il convient de faire remarquer que c’est aussitôt après la mise sur pied du CPO, que nous rentrâmes en contact avec le camarade Georges [ pseudonyme de Aboubacar Nass Toguieni ] avec lequel nous fûmes tout de suite en parfait accord idéologique et politique.

La mise sur pied du CPO, allait nous amener à développer plus en avant le travail d’organisation entamé depuis longtemps en multipliant les cellules, à Paris, dans les autres villes de France, à Dakar, en Russie et au Pays.

3.  Le groupe des huit

Le noyau des « quatre » s’est autodissout pour se joindre les camarades susmentionnés. Dorénavant toutes les consultations se faisaient loyalement (du moins à notre niveau) au niveau de ces 8 camarades [ En réalité entre les membres CPO (les quatres camarades) plus les deux « vieux)] qui sont :

- Les membres du 1er noyau des « quatre » ;

- Les quatre autres camarades : Kevin, Igor, Robin et Georges.

 

L’idée de la publication d’un journal ayant été retenue, il fallait s’y atteler. La proposition d’élaboration d’un projet du contenu du journal, fut faite à Kévin. Cette proposition reposait sur les considérations suivantes :

1°- nous nous sous-estimons et pensions ne pas être à la hauteur de la tâche.

2°- nous pensions que le camarade Kévin, du fait de ses « capacités théoriques » et de sa « haute expérience » (ayant été premier responsable de l’ancien groupe) serait à la hauteur de la tâche.

Devant la proposition, il se déclina et avança des arguments qui étaient quand même assez convaincants. Selon lui, c’est en forgeant qu’on devient forgeron ; c’est seulement en nous lançant à l’œuvre que nous réussirons à surmonter nos insuffisances théoriques et pratiques. En outre, de par son expérience au sein de l’O“C”V, il ne voulait plus être cet homme indispensable. Devant de tels arguments, nous ne pouvions que nous plier.

Le camarade Don-Donis se proposa de se mettre à l’œuvre et au bout d’une semaine un projet du contenu du journal fut présenté au niveau du CPO.

Ce qu’il convient de dire, ce 1er projet n’a pas eu la prétention d’être une œuvre originale, mais il était un essai d’interprétation et d’application des principes du marxisme-léninisme. Au mieux, on ne pouvait le juger que comme étant le travail d’un bon d’élève assez studieux.

Après l’audition du projet, les camarades du CPO (Bruno et Robin) prirent des notes et demandèrent un temps de réflexion afin de pouvoir mieux apporter leur contribution. La procédure suivie, visait à faire adopter ce 1er  projet par tout le CPO et de le faire adopter comme projet de travail de tout le CPO. Mais le journal devant être publié au plutôt, eu égard à l’objectif fixé, on ne pouvait épuiser toutes les procédures. Ainsi, Don-Donis en fit une photocopie qu’il expédia au camarade Igor. Le camarade Kévin étant sur place, le manuscrit lui fut transmis directement pour qu’il le lise et l’annote par ses amendements. Il le renvoya, avec seulement quelques annotations de forme.

Entre temps, des discussions eurent lieu entre les camarades du CPO pour arrêter le nom du journal.

Au cours de ces discussions, il ressortit deux propositions que nous avons d’ailleurs soumises à l’ensemble des cellules :

- « L’étincelle » (proposition de Bruno)

- « Combat communiste » (proposition de Robin) 

Lors des discussions, Bruno avait soulevé aussi la question d’examiner la possibilité de transcrire le journal en langues nationales. Ce auquel Don-Donis s’est opposé en disant que c’est là, vouloir mettre la charrue avant les bœufs et que cela ne constituait pas un problème à l’heure actuelle. Ainsi, la discussion fut close.

Tous ces petits faits pour une «chronique », sont d’une importance réelle et les camarades sont invités à les avoir présents à l’esprit pour la compréhension ultérieure des évènements.

Lorsque le camarade Kévin fut informé de ces deux propositions quant au nom du journal, il les rejeta toutes.

Kévin :

  • « Étincelle » : c’est un nom qui recèle de la prétention ; c’est vouloir se comparer à Lénine et à son organisation, en outre les adversaires pourraient nous tourner en ridicule.
  • « Combat communiste » : c’est là aussi, une surestimation de notre groupe qui n’a pas encore atteint le stade d’une organisation de lutte ; car selon lui, l’organisation communiste évolue de la façon suivante : noyau, groupe organisation ou union  et parti.

Ce sont autant de raisons qui l’ont amené à rejeter toutes les deux propositions et à proposer la dénomination « Le Prolétaire ».

Son argumentation justifiant la proposition fut la suivante : non seulement elle a l’avantage (la dénomination « Le Prolétaire ») de ne prêter aucun flanc à la risée des adversaires, mais aussi, elle répond à l’objectif visé à savoir que nous nous adressons en premier lieu aux prolétaires.

Nous n’élevâmes aucune objection à cette proposition. Nous ne pouvions d’ailleurs pas avoir des velléités à objecter quoi que ce soit, eu égard aux considérations démesurées que nous vouons à ce camarade. Sur ce dernier point, nous y reviendrons plus longuement.

Nous adoptâmes donc « Le Prolétaire » comme nom du journal et nous entreprîmes d’élaborer la maquette du journal. Un de nos camarades fut saisi à cet effet avec des indications bien précises.

Plus haut, nous disions, que la photocopie du projet avait été expédiée au camarade Igor. Il est plus exact de dire que c’est le camarade Don-Donis qui s’est déplacé en personne en amenant avec lui, la photocopie et la maquette du journal pour le voir. C’est ainsi qu’il lui remit la photocopie et lui soumit la maquette pour recueillir ses observations.

 

A propos de la maquette, il n’émit aucune observation, elle le satisfaisait. Quant au texte du projet, il se réservera le droit, après lecture, de faire à parvenir Don-Donis ses observations. Ce qui ne fut jamais fait.

C’est au cours de ce bref séjour auprès du camarade Igor, qu’il y eut un incident, qui recevra l’appellation de l '« incident de Lyon ».

Quel est cet incident de Lyon ?

A l’arrivée de Don-Donis à Lyon, il fut hébergé avec le camarade Igor chez la « copine » de ce dernier que nous désignerons sous le nom d’Yvette. Igor, travaillant, avait laissé seuls Yvette et Don-Donis. Sur la demande de ce dernier, Yvette le conduisit (en voiture) à la cité universitaire où il désirait rencontrer certains camarades. C’est au cours du parcours que Don-Donis se hasarda indiscrètement à poser la question suivante :

Don-Donis : Au fait !  Est-ce qu’il arrive à Igor de te parler de sa famille ?

Le camarade Igor, est l’un de ces camarades que nous tenions beaucoup en considération (ils étaient, lui et Kévin, ce que nous appellerons sans honte aucune, un idéal révolutionnaire pour nous) parce qu’ayant tout sacrifié (y compris leur famille) pour se vouer entièrement à la cause (c’est ce que nous pensions à l’époque). Aussi Don-Donis était très intéressé de savoir comment ce camarade arrivait sans fléchir à surmonter la situation. D’où sa question indiscrète.

Yvette : pourquoi une telle question ?

Don-Donis : par simple curiosité.

Yvette : pourquoi ne pas le demander à Igor lui-même ?

Notre camarade avoua qu’une telle réponse l’a fait « rougir ». Donc tout honteux et tout confus, il fit son autocritique, en lui disant qu’elle avait parfaitement raison de répondre ainsi et que c’est ainsi qu'il aurait dû procéder. Le camarade avait fait là une gaffe, à ne pas en douter, surtout qu’Igor lui avait dit qu’entre Yvette et lui ce n’était rien que des « rapports de sexe » (sic !) et qu’il avait pris toutes les mesures, pour qu’elle ne s’immiscie pas dans sa vie privée et autres activités. De ce point de vue le camarade, réalisait l’ampleur de la « gaffe » commise. Mais il était loin de se douter qu’une telle erreur, allait influer dorénavant sur tout le cours des évènements.

Le soir, de retour de  la cité universitaire où Yvette l’avait déposé, Don-Donis trouva Yvette et Igor accoudés sur la table l’air un peu morose.

Don-Donis : Qu’est-ce que vous avez ? demanda-t-il, on dirait que vous êtes abattus ».

En effet, il avait constaté que l’entrain jovial coutumier à Igor, ce jour-là s’était dissipé. Il était loin de se douter que cela avait trait à l’incident de tout à l’heure avec Yvette.

Don-Donis, ne se souvient plus d’ailleurs de la réponse d’Igor. Aussitôt après sa question posée, Don-Donis venait de se rendre compte qu’il avait oublié la clé de l’appartement à la cité universitaire et ils s’apprêtèrent tous les trois à y retourner. Cette journée s’écoula ainsi, sans grand dommage. Tout au cours du restant de son séjour, Don-Donis affirma n’avoir jamais remarqué de changement notable dans ses rapports avec Yvette. C’était les mêmes discussions acharnées, la même attention à son égard. On lui aurait demandé son appréciation par rapport à Yvette, qu’il aurait répondu sans hésitation, qu’elle était positive (son appréciation)

C’est le jour de son retour, assis avec Igor dans le métro en plein milieu d’une conversation que le camarade Igor ramena le sujet.

Igor : « Au fait ! Il paraît que tu as posé une question à Yvette ? ».

Don-Donis sans le laisser poursuivre, tout en ayant la tête basse, tout comme un enfant pris en faute, reconnut en effet son indiscrétion. Il ajouta qu’il s ‘était rendu compte de la « gaffe » commise, après que la question lui ait échappée des lèvres ; et qu’à ce sujet d’ailleurs il avait présenté son autocritique à Yvette.

-   Igor : Ah! toujours est-il, qu’elle affirme que depuis lors le courant ne passe plus entre toi et elle, car elle t’a assimilé à tous ces gens qui me dénigrent ici. 

- Don-Donis: Ah bon ! je ne comprends pas ? Je ne vois pas le rapport entre ces gens et moi qui suis ton camarade ? Et puis de toute façon, j’espère que toi au moins tu comprends le souci qui m’animait en posant une telle question ? Ce n’est pas que je ne pouvais pas te la poser directement à toi ! Mais seulement, j’ai tenu compte du fait que je risquais d’éveiller en toi, de vieux souvenirs désagréables ! C’est uniquement la raison qui explique la « gaffe » commise auprès d’Yvette.

Igor : Bien sûr ! À mon niveau, cela ne constitue pas un problème, car j’ai pleinement confiance en toi. 

 

Quand les deux camarades se séparèrent à la gare, Don-Donis restait longtemps pensif même dans le train. Pendant plus de 2 heures de voyage, il resta assis toujours pensif. Ces pensées, l’amenèrent à revivre le film des évènements et c’est là que l’attitude d’abattement observé l’autre soir, lui vint à l’esprit. Est-ce cela qui était à la base de l’abattement du camarade ? Cela le troubla énormément. Il serait vraiment dommage qu’à partir d’un tel fait, un camarade qu’il tenait en haute estime en arrive à douter un tant soit peu de lui. Avant de mettre fin à ses réflexions sur la question, il se promit intérieurement de revenir sur la question avec le camarade Igor, pour savoir si son abattement de l’autre soir était dû à cet incident, auquel cas, lui faire un certain nombre de critiques.

Il convient de mettre en relief cet autre fait, lors du séjour du camarade Don-Donis à Lyon : un jour dans un entretien à deux, Igor lui tint le langage suivant :

Igor : Il me semble, que vous vous plaignez beaucoup à Paris, de l’inactivisme du camarade Kévin ? Je pense qu’il faut savoir comprendre le fait qu’il ne s’est pas encore remis du traumatisme subi au sein de l’O“C”V. Ce qui nécessite, qu’il faille aller avec lui doucement.

-  Don-Donis : A mon niveau, cela n’a jamais constitué un problème. Le fait que Kévin ne s’y met pas avec ardeur ne m’a jamais posé de problème particulier et je n’ai jamais eu à me plaindre de ce fait.

Voilà aussi, un fait que chacun se doit de garder à l’esprit pour comprendre la suite des évènements.

Dès son retour à Paris, le camarade Don-Donis s’acharna à améliorer dans sa forme le 1er projet. Ainsi un deuxième projet de loin meilleur dans la forme au premier, fut élaboré (aucune photocopie de ce deuxième projet ne fut faite). C‘est ce deuxième projet qui fut soumis au camarade Georges, lors d’un de ces passages à Paris. Deux autres camarades de Dijon (les camarades Yiri [Yiri ; pseudonyme de Guillaume Sessouma ] et Sami [Sami : pseudonyme de Poda Train.] en prirent connaissance. Cela avait été jugé nécessaire par le camarade Don-Donis, puisque ces deux camarades étaient en partance pour Ouagadougou pour les vacances.

Ce deuxième projet leur fut présenté de façon impersonnelle, comme étant un projet du CPO. Cela aussi est très important pour la suite des évènements. En soumettant ces différents projets (1er et 2è ) aux camarades, le camarade Don-Donis visait à recueillir le plus de critiques possible, le plus de suggestions possible, afin que l’œuvre finale soit une œuvre réussie, une œuvre collective.

A son retour à Paris, le camarade Don-Donis, devait inviter le camarade Bruno à se rendre à Lyon pour éclaircir un problème de structure qu’il avait mis sur pied là-bas. Les camarades Igor et autres se demandaient à quel niveau, cette structure avait été mise sur pied, est-ce une cellule de l’organisation, où est-ce un cercle d’étude m-l ?

Le camarade Bruno devait se rendre sur les lieux, pour éclaircir ce problème de structure. C’est lors d’une réunion du CPO, que le problème fut posé. Puisqu’on était en train d’examiner les modalités du voyage du camarade Bruno, Don-Donis relata aux membres du CPO, l’incident de Lyon qu’il avait vécu. Il en tira la conclusion suivante :

Don-Donis : Selon moi, cette fille vise à brouiller les rapports entre camarades, dans le but de conserver son homme à elle seule, ce qui est normal pour une fille de ce genre. Mais de toute façon, c’est peine perdue, car j’ai pleinement confiance en la vigilance  du camarade.

Ce n’est pas un camarade qui a su sacrifier sa famille, qui se laissera embourber par une fille.

Il mit donc en garde le camarade Bruno, contre les erreurs que lui-même a eu à commettre auprès d’Yvette. Il pensait en agissant ainsi, avoir fait son devoir de camarade. Cela aussi, les camarades se doivent de l’avoir en tête pour comprendre la suite des évènements ultérieurs.

Ainsi, le camarade Bruno effectua son voyage et en revint sans avoir à son compte un incident quelconque.

Toujours dans le sens de l’amélioration du projet du contenu du journal, Don-Donis en arriva à ne pas être satisfait de l’analyse de la situation nationale, surtout dans sa partie actuelle (période électorale, etc..

Notons, qu’au cours de cette période, nous avions constaté avec joie que le camarade Kévin était devenu plus actif. Maintenant on le voyait plus souvent, s’intéressant à l’évolution des choses. Ce constat nous amenait à dire qui voulait nous entendre, ceci : « le camarade Kevin, s’est enfin retrouvé. Il est redevenu lui-même. »

Mais vu le cours des évènements actuels, nous nous posons des questions légitimes, quant à ce réveil brusque et soudain. N’est-ce pas dû au fait que maintenant avec la maquette déjà faite, le projet déjà écrit, etc., Kévin  s’est rendu compte que cette œuvre innocente qu’il méprisait, avait pris une physionomie qui présageait son caractère grandiose ? N’est-ce pas dû au fait qu’il se rendait compte que le train était en marche et qu’il allait partir sans lui, s’il continuait de rester à la traîne ?

Parce qu’effectivement, tous les jours, Kevin était là, distribuant les directives par-ci, donnant des recommandations par-là, etc…

« Il faut faire ceci, il faut faire cela. Ah ! Non, ce n’est pas comme cela ! C’est du spontanéisme ! Etc., etc. »

Face à tout cela, nous étions loin de nous formaliser. La seule chose qui nous réjouissait,  c’est qu’il se soit enfin retrouvé, qu’il soit redevenu lui-même. Nous étions prêts à nous plier en 4, pour lui faire plaisir, pourvu qu’il se retrouve, car nous pensions et croyions que la révolution en Haute-Volta avait toujours besoin de lui, qu’il n’avait pas « fini de jouer son rôle historique ».

Donc, Kevin et Don-Donis ont convenu d’une séance de travail pour améliorer l’analyse de la situation nationale. Comme toujours, sur chaque point (presque) de l’avis de Don-Donis, il menait des discussions acharnées avant de se mettre d’accord. Don-Donis était chargé de formuler les idées sur lesquelles ils étaient arrivés en accord, et de lui soumettre pour approbation. C’est ainsi que les deux camarades ont travaillé ensemble pour arrêter l’analyse finale de la situation nationale contenue dans le projet. D’ailleurs, le camarade Don-Donis se chargea par la suite d’améliorer la formulation.

Vraiment ! Les camarades doivent être ennuyés par tous ces petits détails. Nous les comprenons. De même que nous sommes persuadés que les camarades nous comprendront lorsqu’ils auront pris connaissance des évènements ultérieurs survenus. Ce sont justement, ces petits détails, si on n’y prend garde, si on ne les résout pas correctement, qui minent et finissent par déduire une organisation.

Ainsi nous sollicitons de la part des camarades qui nous lirons, encore d’effort et beaucoup plus de patience.

Après que la séance de travail soit terminée, les deux camarades ont entamé une conversation sur des sujets divers. C’est ainsi que Kevin, dans une de ses « généralités » (il adore les « généralités ») affirma ceci :

— « J’estime que pour de réels rapports de camaraderie, les camarades se doivent d’être francs les uns avec les autres. Ils doivent éviter de critiquer les camarades derrière leur dos, etc. Ainsi, j’estime qu’un camarade s’il a quelque chose à me reprocher, qu’il me le fasse directement, au lieu d’entretenir des propos malveillants à mon endroit et derrière mon dos ».

Avec une telle « généralité » le camarade Don-Donis ne pouvait pas ne pas être en accord fondamental. Sur les généralités, on peut mettre en accord le + et le -, la « montagne » et la « plaine » ; On peut unir les contraires. Cela c’est sûr. C’est maintenant dans l’application concrète que se révèle le caractère formel des accords établis sur la base des généralités ; c’est sur le terrain concret, que les contraires se manifestent avec force.

Aussi, le camarade Kevin, fut invité à descendre du sommet des généralités, et à poser les problèmes beaucoup plus concrètement. Parce que la référence à certaines « généralités n’est utile et nécessaire que si l’on cherche à appréhender correctement un problème concret. »

- Don-Donis : En mentionnant cela, quel problème vises-tu ? Aurais-tu appris que j’ai tenu des propos malveillants à ton endroit ?

Kevin faisait certainement allusion aux propos tenus par Igor à Don-Donis à Lyon.

Face à une telle question directe de Don-Donis, Kévin affirma énergiquement, qu’il n’y avait rien de tel, le concernant. Il a simplement soulevé cette question, surtout eu égard à son expérience au sein de l’O“C”V. Ainsi par exemple, il lui serait difficile sinon impossible de s’organiser avec des éléments qui au sein de l’O“C”V ont contribué à sa destitution. Il faudra que lui Kevin, ait des discussions profondes avec ces camarades, et qu’au sein de toute l’organisation des enseignements sérieux soient tirés.

Voilà des choses sur lesquelles, Don-Donis n’avait rien à redire, car il est évident qu’on ne peut redémarrer (Cf. la plate-forme idéologique des quatre) sur des bases saines, sans avoir examiné réellement ce dont on veut se démarquer.

Pour en revenir à la question concrète, le camarade Don-Donis a tenu à dire ceci :

— « De toute façon, les principes que tu viens de soulever, j’ai toujours fait l’effort de fonder mon action dessus. Je me suis efforcé toujours de me départir de ces pratiques pernicieuses. Et cela d’ailleurs constitue un de mes premiers points de rupture avec l’O“C”V. De toute façon tu peux être certain d’une chose, le jour où j’aurais à te reprocher une chose, je n’hésiterai pas à le faire vis-à-vis. C’est peut-être toi qui risques d’avoir à t’en formaliser ».

Chemin faisant, se rendant tous les deux au domicile de Kevin qui était le plus proche ( il se faisait tard et le métro avait cessé de fonctionner), les deux camarades poursuivirent leur conversation qui du point de vue de Don-Donis, s’inscrivaient dans le cadre d’une connaissance réciproque.

Et c’est toujours dans le cadre des critiques que les camarades se devaient de se faire vis-à-vis et non dans le dos des uns et des autres, que le camarade Don-Donis a fait état de l’ "incident de Lyon", pour dire ceci : - j’attends de voir Igor pour lui faire un certain nombre de critiques, parce que bien qu’il se refuse à dire qu’il ne fait aucun cas de l’incident, son abattement de la soirée en question, prouve quand même qu’il a été plus ou moins touché par l’incident. Et c’est sur ce point que j’aimerai discuter avec lui. Quant à Yvette, j’estime qu’elle est dangereuse, car le but recherché par elle s’est de brouiller des rapports excellents entre camarades. »

Kevin tout en accord avec Don-Donis quant à la nécessité qu’il en discute avec Igor, a tenu à attirer son attention quant au risque de subjectivisation par rapport à Yvette. Ce que Don-Donis, convient de retenir comme point de réflexion.

Ce sont là, les menus et petits détails survenus depuis la constitution (en fait) du groupe des huit (8).

Un des aspects qu’il faut aussi mettre en relief, pour clore cette page de chroniques, c’est l’attitude du camarade Robin qui rapportait à Kevin, tout ce que nous disions et faisions au sein du CPO. De telles pratiques d’intermédiaires, de messagers, de colporteurs, désagrègent les bons rapports entre ceux auprès de qui on joue le rôle de courroie de transmission. C’est en cela qu’il est important de porter à la connaissance de tous, une réflexion que le camarade Don-Donis a eu à émettre lors d’une discussion à bâton rompu (c’est à dire hors propos de la réunion) entre les camarades du CPO .

Un point avait retenu notre attention à tous les trois (3), chaque fois que l’on discutait avec l’un ou l’autre des deux camarades Igor et Kevin, chacun tenait les mêmes propos :

- « j’ai été le premier à prendre conscience du fait que le PAI est un Parti révisionniste et de la nécessité de rompre avec lui".

- "J’ai été le premier, lorsque nous nous sommes réunis pour créer l’ancien groupe sur la base de la pensée Mao-Tsé-Toung,…"

 - "J’ai été le premier à souligner la nécessité de prendre le mouvement étudiant comme maillon principal."

- " C’est moi qui le premier a rejeté le programme de gouvernement proposé par le PAI, comme un programme anti-marxiste, réformiste".

- " C’est moi qui le premier, etc., etc., etc., et encore etc.. » 

Chacun d’entre nous de par sa propre expérience avait eu à constater cela.

Sans observer une attitude de principe (et c’est là son erreur) consistant à mépriser ces propos propres aux mégalomanes, Don-Donis est entré de plain-pied dans le jeu et a tranché la question en faveur d’Igor. Il a estimé que c’est Igor qui disait vrai et que c’est Kévin qui disait faux. Dire cela en présence de Robin, c’est comme si de fait cela avait été dit devant Kevin (d’ailleurs, cela aurait été mieux, puisque ça nous aurait donné l’occasion de nous expliquer).

Cela aussi est un fait à ne pas négliger, car il importe pour Kevin, dans sa lutte pour asseoir son influence de savoir quels sont les éléments qui lui sont acquis, et quels sont les éléments qui ne lui sont pas acquis.

L’idée d’une lutte d’influence entre un d’entre nous (ceux que nous appellerons les « jeunes ») avec l’un quelconque des deux camarades (ceux que nous appellerons les « vieux ») était loin d’effleurer notre esprit. S’il devait survenir une lutte d’influence, cela ne pouvait l’être qu’entre les deux « vieux ». Nous n’avons jamais éprouvé le désir de contester leur influence sur nous.

Mieux, nous avons tout mis en marche pour, pourrait-on dire, conquérir notre mise sous tutelle.

Enfin, avant de clore ce chapitre roman, il est bon de relater les nombreuses discussions bilatérales qu’il y a eu entre Kevin et Don-Donis.

Le tenant pour un camarade théoriquement de loin mieux armé que nous le sommes, nous n’émettions aucune réflexion sans lui soumettre pour approbation.

Ainsi, Don-Donis a eu des discussions souvent très acharnées (ne se laissant pas intimider par les coups de citations de Lénine, il s’est vu obligé un jour de dire ceci à Kevin : Lénine en personne peut me dire une chose que je n’admettrais que si et seulement s’il arrive à me convaincre par une sérieuse argumentation) sur les points suivants :   

 

1°. La dénonciation par l’AEVF et  de  la FEANF de l’Union soviétique en terme de social-impérialisme

Vous allez être étonnés de savoir que celui qui en 1974, a été le premier a posé la nécessité de cette dénonciation, est le même qui, en 1978, manifeste des oppositions à cette dénonciation. Ainsi sont les menteurs ! Leur mémoire finit par leur faire défaut.

Toujours est-il que c’est à la suite d’une discussion acharnée qu’il finit par admettre la dénonciation en termes de social-impérialisme. Pour lui, la caractérisation en termes de superpuissance impérialiste, était la limite au-delà de laquelle le mouvement étudiant ne pouvait aller.

 

2°. Sur le « Front démocratique »

Pour lui le mot d’ordre de « Front démocratique » (FD), n’est erroné que seulement dans la mesure où l’on a cherché à l’actualiser. Sinon à l’époque, la situation dans laquelle, il a été formulé, confère au mot d’ordre sa justesse. Il n’a pas hésité à aller chercher chez Lénine (Pauvre Lénine ! il a semé des puces, pour récolter des dragons) une citation pour justifier le mot d’ordre. Et cette citation, la voici :

« Mais un marxiste doit, pour juger une situation se fonder sur le réel et non sur le possible ». (Voir Lénine, lettre sur la tactique, O.C. : T.24,  p.36).

Dans le cas concret [car c’est le même Lénine qui dit que :  « Pas de vérité abstraite, la vérité est toujours concrète », (O.C. : T.7, p.387.) . Ou encore :  

« il faut analyser les questions concrètes de la façon la plus concrète » - (O.C. : T.7,  p.392)]  qui nous intéresse, cela veut dire que nous ne pouvons, sur la base du fait que le « Front  démocratique » sera récupéré par la bourgeoisie, pour nous refuser de le lancer.

Voilà ce qu’on appelle citer Lénine pour combattre Lénine.

En effet, on ne juge pas un mot d’ordre quant à la possibilité qu’il y a pour la bourgeoisie de la récupérer, mais une chose est sûre et certaine, à défaut d’avoir des capacités pour veiller à l’application d’un mot d’ordre, on crée non une possibilité, mais une réalité pour la bourgeoisie de pouvoir le récupérer et c’est le cas du mot d’ordre de « FD.» lancé par l’O“C”V, à travers l’UGEV.

 

3°. La question de l’indépendance politique et de la Révolution nationale démocratique et populaire.

A ce niveau, lorsque la question a été soulevée, il convient de dire, qu’il n’y a pas eu de divergence, mais seulement Kevin a prétendu que depuis longtemps il en était conscient et l’avait même soulevée au sein de la direction de l’O“C”V.  Et que c’est son coresponsable (celui que nous appelons le cacique de l’O“C”V et maintenant du P“CR”V.) qui s’y est opposé. Alors face à l’opposition de ce dernier il n’a pas insisté outre mesure.

Don-Donis n’a pas pu retenir son indignation face à un tel manque de fermeté (s’il est vrai, effectivement qu’il en avait eu conscience et avait réellement soulevé la question) devant des questions de fond, relevant même de problèmes principes. Il ne pouvait en effet pas comprendre, qu’en tant que 1er responsable, il se laisse bloquer par le 2è responsable sur des problèmes de fond.

Face à un désaccord de principe au sommet, il est absolument indispensable de saisir la base, à moins qu’au niveau de la direction ce soit l’esprit de coterie qui prévalait sur les rapports de camaraderie basés sur les principes révolutionnaires.

C’est le lieu de souligner aussi, qu’à propos de maints problèmes posés par la direction de l’O“C”V, dont le camarade Kevin était le 1er  responsable, ce dernier a tendance à se blanchir chaque fois et à remettre tout sur la responsabilité de l’autre.

Nous vous épargnons les autres détails, qui ont jalonné cette période et conduit toute l’organisation au bord de la scission et « quand les deux parties refusent de travailler ensemble, la scission est alors effective », (O.C., T.7 p.167).

Nous disons au bord de la scission puis qu’aujourd’hui les camarades Igor, Kévin et Robin ont constitué une fraction et se livrent à un travail de désorganisation.

Mais poursuivons. Cet article justement a pour but de dévoiler leurs menées liquidatrices et à les contraindre à assumer la véritable lutte idéologique au sein de l’organisation que de se livrer à des activités « extra idéologiques », à des pratiques « antiparti ».

 

Eh ! bien camarades fractionnistes, racontons tout, sans rien dissimuler, comment les choses se sont passées.

Répétant Lénine, voilà ce à quoi nous vous invitons :

« si votre attitude a été provoquée par telle ou telle divergence de vue entre vous et nous, nous estimerions très utile pour l’organisation, que ces divergences soient « exposées de façon circonstanciée. Nous souhaiterions fort que le caractère et la profondeur de ces divergences soient élucidés au plus vite devant toute l’organisation ».

Tout comme Lénine il nous « semble qu’en dehors » de l’organisation, en dehors des structures, «  les rumeurs et les racontars sont indécents et indignes sur les qualités et les actes des personnes (car ces actes dans les 99 cas sur 100 constituent un secret d’organisation, que l’on ne relève que devant l’instance supérieures du Parti). » « Mener la lutte » en dehors de l’organisation «  au moyen de ces racontars reviendrait » selon nous à œuvrer à coup de calomnies .

Nous sommes en accord fondamental avec le point de vue de Lénine, qui consiste à «  ne pas celer au Parti les sujets nouveaux et croissants de la scission ; ne rien celer des circonstances et des évènements qui sont ces sujets. Bien plus : ne pas les celer au Parti mais encore, dans la mesure du possible au grand public.

Quand je dis « dans la mesure du possible », je songe à ces choses qu’il importe de celer en raison des nécessités de l’action clandestine, mais dans nos dissensions les considérations de ce genre jouent un rôle absolument négligeable. Une large publicité est le moyen le plus certain, l’unique moyen sûr d’éviter les scissions que l’on peut éviter, de réduire au minimum le dommage que peuvent causer celles devenues inévitables » (Lénine – lettres à la rédaction de l’Iskra – O. C. : T.7 p.115-116).

Une organisation comme la nôtre, est comme un orchestre et dans un tel orchestre «  il nous faut acquérir de l’expérience afin d’y distribuer rationnellement les rôles : donner à l’un le violon sentimental, à l’autre la contrebasse grondante, à un troisième la baguette du chef d’orchestre.» ( Lénine. O. C. : T.7,  p.117)

Toujours nous référant à Lénine (nous sommes toujours et pour longtemps des élèves et nous ne pouvons que nous appuyer sur nos maîtres en la matière).

Nous dirons :

« que tous et que chacun soient juges de nos « querelles et disputent » à propos de toute « note » attaquée trop brusquement au gré des uns, fausse selon les autres, manquée de l’avis du troisième. Ce n’est qu’après de nombreuses et franches discussions de ce genre que pourra se constituer chez nous un collège de dirigeants réellement à l’unisson ».

« Ce n’est qu’alors que notre « état-major » s’appuiera effectivement sur la bonne volonté consciente d’une armée qui le suivra tout en le guidant ! « (O.C. : T.7 p.118)

Il est temps de mettre fin à ce travail désorganisateur de notre organisation. Que tous ceux qui prennent à cœur les destinées de notre organisation y songent et soient prêts à la défendre contre tout intrigant, tout liquidateur.

4. - La constitution d’un noyau directeur

Cela faisait plus d’un mois que le 1er projet du contenu du journal était achevé. Il fallait en fait se décider à arrêter un texte final. C’est aussi qu’au niveau du CPO, eût égard à l’importance de la question, nous avons jugé indispensable de joindre à nous un certain nombre de camarades, pour l’adoption finale du texte. Vous sous en doutez, ce fut les mêmes camarades que nous avons toujours consultés à propos de tout. D’où en plus des 3 membres du CPO. (Bruno, Robin et Don-Donis), s’étaient joints à nous les 3 camarades suivants : Kevin, Igor et Georges. Le camarade Sô-Fù-Mion, aussitôt après le déclenchement de la lettre ouverte au niveau de masse (Appel du M.21) était rentré définitivement au pays. Le camarade X..., pour certaines raisons, était absent à la réunion convoquée autour de cette question.

D’entrée de jeu, après que le camarade Bruno ait précisé le motif de cette réunion, le camarade Igor demanda la parole :

— D’ailleurs, je me demande à quel titre les autres camarades et moi qui ne faisons pas partie du CPO, sont là ?

Il fut répondu, que c’est dans le cadre des consultations que nous avons toujours eues avec eux que nous avons jugé, pour l’examen et l’adoption du texte final, les joindre à nous.

Cela ne pouvait satisfaire Kevin qui enchaîna, pour montrer la nécessité qu’il y a de définir leur statut, et qu’en ce sens il propose la constitution d’un Noyau directeur (ND) composé des camarades ici présents. Ce noyau sera en fait le centre dirigeant du groupe.

Il convient de signaler que quelques jours avant la tenue de cette réunion, le camarade Kevin avait eu de façon bilatérale avec Don-Donis à soulever le problème du Noyau directeur, qui pour ce dernier, apparaissait comme quelque chose de nouveau dans les structures d’une organisation comme les nôtres. Ne sachant donc, ce que c’est que ce noyau directeur, Don-Donis n’était pas donc à même d’émettre quelque avis que ce soit. Aussi s’est-il contenté de l’inviter à rencontrer tout le CPO, pour nous exposer cette idée du ND. À la réunion prévue pour cela, le camarade Kevin fut absent.

Donc, le jour de la réunion de l’adoption des textes définitifs du journal, après avoir défini en quoi consistait son idée du ND, chacun fut invité à donner son avis. Chacun eut à se prononcer favorablement par rapport à cette idée.

Les motifs qui ont prévalu à notre adhésion de principe à cette idée, étaient les suivants : depuis le début de notre action, nous (les quatre) nous avons été animés du souci, de ne pas nous mettre en avant ou de le laisser paraître ainsi.

Dans tous les cas, même au niveau du CPO, nous ( Bruno et Don-Donis)  ne voulions pas, que par nos attitudes et nos comportements, on arrive à penser que ce qui nous animait, était les postes de direction.

Or, face à une telle proposition, étant au niveau du CPO, toute opposition de notre part à la constitution d’un tel noyau directeur, sera à coup sûr interprétée dans le sens que nous redoutons. Notre attitude de principe, consistant donc à dire : faisons l’expérience pour voir.

N’ayant rencontré aucune objection, à son idée de noyau directeur, le camarade Kevin enhardi, avança encore d’un pas dans sa proposition. En effet il proposa, que cette réunion-ci, se transforme en une Conférence de cadre qui décidera de la naissance effective du groupe le « prolétaire ». Comment encore refuser une telle proposition anachronique (le groupe existait bien avant, et avait été mis en marche par le noyau des 4) sans autant amener les camarades à penser que ce sont nos personnes que nous désirons mettre en avant ! D’autres personnes étaient mieux placées que nous (Bruno et Don-Donis) qui étions parmi les quatre (4) premiers initiateurs.

 D’ailleurs, se rendant compte de l’anachronisme de sa proposition, le camarade Kévin, se hâta d’ajouter ceci : « quitte à antidater l’acte de fondation »

Une fois de plus nous (Bruno et Don-Donis) fîmes la concession. De concession en concession, nous étions loin de nous douter que Kévin avait déjà entrepris sa course pour l’hégémonisme sur le groupe. Il avait sur son parcourt deux obstacles : le camarade Igor, qu’il n’avait pas bien cerné encore et le camarade Don-Donis qu’il avait vite fait d’indexer comme un rival à isoler.

La suite des évènements montrera bien que ce ne sont pas là des affirmations gratuites. Nous avons déjà produit, des éléments mettant à nu la mégalomanie de ces deux anciens camarades, et qui sont la preuve d’une certaine rivalité consistant à se faire prévaloir, à se mettre en avant. Le camarade Kévin, dans le Noyau directeur (en constitution) avait évalué ses forces de la façon suivante : en plus lui, il pouvait compter avec raison sur l’appui inconditionnel de Robin et à tort sur le camarade George.

En effet, ce qui caractérise le camarade Robin, c’est une forme de servilité auprès de Kévin.

Nous avons dit, qu’il a compté à tort sur George, parce que ce dernier, fait partie du lot de camarades, dont on dit qu’ils savent faire preuve d’autonomie de pensée et d’analyse, qu’ils savent penser avec leur propre tête.

Toujours dans ces calculs hégémoniques, Kevin, en est arrivé à indexer Don-Donis comme l’obstacle le plus dangereux de l’heure, qu’il faut s’acharner à isoler, quitte à s’appuyer sur l’autre hégémon, qu’est Igor. Et c’est ce qui fut fait.

Mais poursuivons.

La réunion, se transforma donc en une Conférence de cadre qui décida de la naissance du groupe avec la mention d’antidater l’acte de fondation. Toute la partie avait été menée et gagnée par Kévin. Il a bénéficié, de cela, de notre innocence politique, qui nous amène à penser que tous les camarades, il suffit qu’ils se disent communistes, pour que dans la pratique ils le soient.

Notre innocence politique, nous amenait à penser, que de tels calculs égoïstes ne pouvaient être de mise en notre sein, c’est là pures illusions ! Et comme aime à dire le camarade Bruno, depuis un certain temps : « l’enfant qui ne s’est pas brûlé, ne connaît pas le feu. »

Après l’audition du projet, nous passâmes à la critique et aux amendements du texte. Notons en passant, qu’il n’eut aucune critique de fond. La plus part des amendements étaient des amendements de forme, ou portaient sur tel ou tel point qui avait été omis (par exemple par rapport à la IIe  internationale).

Après cela, aucune appréciation positive du travail ne fut émise. Le camarade Robin, lors d’une suspension pour leur permettre lui et Bruno, de s’absenter pour un temps, émit l’avis suivant :

— « Ah ! En tout cas, la partie sur la situation nationale a été travaillée. »

Les camarades comprendront très aisément, pourquoi, c’est seulement cette partie qui a retenu l’attention de Robin : Le maître Kévin a certainement dû lui dire qu’il avait sa main dans cette partie (sinon que toute la partie, était son œuvre). Pour quelqu’un qui ne voit que par son maître, Robin ne pouvait que voir, la partie sur la situation nationale qui aurait été vraiment « travaillé ».

Camarades, ce ne sont pas là des mesquineries ; Vous comprenez l’importance de ces menus détails, tout au cours de l’exposé.

Nous sommes maintenant à la suspension. Les camarades Bruno et Robin se sont absentés pour d’autres obligations. Pendant ce temps, le camarade Georges très fatigué, s’est assoupi. Seul Kévin, Igor et Don-Donis étaient en éveil ; ils envoyèrent ce dernier acheter du pain pour déjeuner (il était 10 heures du matin). A son retour, visiblement il était indésirable ; ils l’envoyèrent de nouveau, aller acheter du café, ce qu’il fit. Tous ces va-et-vient, l’avaient pris et leur avaient donné 45 minutes aux environs. De retour, il se mit à asseoir l’eau sur le feu, et réuni les verres pour les laver. Le camarade Igor, s’était déchaussé, et avait laissé ses chaussures traînant sous le lavabo ; en lavant les verres, un geste maladroit de la part de Don-Donis projeta l’eau sur ses chaussures; et c’est le moment qu’il choisit pour lancer cette « plaisanterie » : 

— « comment !  Tu étends la lutte politique jusqu’à ce niveau ! ».

Don-Donis était loin de se douter qu’à travers une telle plaisanterie, c’était une flèche qui lui était lancée. Ce à quoi, il répondit très naturellement et très innocemment :

— « étendre la lutte politique, encore faut-il qu’elle existe ; alors qu’à mon niveau, je ne suis pas au courant de l’existence d’une lutte politique entre toi et moi. »

La plaisanterie (ou du moins ce qu’il prenait pour telle) passa.

Il s’affaissa à son tour sur la table et sombra dans un sommeil profond.

Au retour des camarades Bruno et Robin, la séance reprit .Très rapidement l’ordre du jour fut épuisé, et nous étions sur le point de lever la séance, lorsque le camarade Igor demanda la parole, ce qui lui fut accordé.

Igor : Avant qu’on lève la séance, il y a un point que je désire soumettre à l’attention des camarades. Dans la mesure où nous sommes organisés pour un but bien précis, il importe d’éclaircir un certain nombre de choses, sans lesquelles, on ne saurait développer de véritables rapports de camaraderie. Le point que je vais soulever, c’est par rapport au camarade Don-Donis, lors de son passage à Lyon il y a eu un incident entre lui et ma « copine ». A ma grande surprise, le camarade de retour ici, s’est mis à développer sur mon compte des propos de dénigrement. Ainsi il affirme, que je suis un faible, ce qui pose le problème de confiance entre camarades. Je pense que le camarade s’il avait des critiques à me faire, aurait dû me les porter vis-à-vis et non dans le dos… »

 

Don-Donis était là ébahi, écoutant ces accusations. Il n’en revenait pas à ses oreilles ; il avait l’impression que ces accusations portaient sur un autre, sauf lui, du moins, il cherchait à se convaincre qu’il ne rêvait pas. Ainsi, l’expression « étendre la lutte politique » jusqu’à ce niveau, trouvait toute sa véritable signification. Il en est de même des autres allusions que nous avons entendues tout au cours de la réunion du genre: « les intellectuels sont ainsi ; une fois que tu leur apprends des choses, tu deviens leur obstacle qu’il faut qu’ils te renversent pour s’affirmer, selon la dialectique du maître et de l’esclave. »

Très rapidement dans sa tête, les idées s’entrechoquaient, il essayait en de ces racontars reviendrait » selon nous à œuvrer à coup de calomnies .

Nous sommes en accord fondamental avec le point de vue de Lénine, qui consiste à «  ne pas celer au Parti les sujets nouveaux et croissants de la scission ; ne rien celer des circonstances et des évènements qui sont ces sujets. Bien plus : ne pas les celer au Parti mais encore, dans la mesure du possible au grand public.

Quand je dis « dans la mesure du possible », je songe à ces choses qu’il importe de celer en raison des nécessités de l’action clandestine, mais dans nos dissensions les considérations de ce genre jouent un rôle absolument négligeable. Une large publicité est le moyen le plus certain, l’unique moyen sûr d’éviter les scissions que l’on peut éviter, de réduire au minimum le dommage que peuvent causer celles devenues inévitables » (Lénine – lettres à la rédaction de l’Iskra – O. C. : T.7 p.115-116).

Une organisation comme la nôtre, est comme un orchestre et dans un tel orchestre «  il nous faut acquérir de l’expérience afin d’y distribuer rationnellement les rôles : donner à l’un le violon sentimental, à l’autre la contrebasse grondante, à un troisième la baguette du chef d’orchestre.» ( Lénine. O. C. : T.7,  p.117)

Toujours nous référant à Lénine (nous sommes toujours et pour longtemps des élèves et nous ne pouvons que nous appuyer sur nos maîtres en la matière).

Nous dirons :

« que tous et que chacun soient juges de nos « querelles et disputent » à propos de toute « note » attaquée trop brusquement au gré des uns, fausse selon les autres, manquée de l’avis du troisième. Ce n’est qu’après de nombreuses et franches discussions de ce genre que pourra se constituer chez nous un collège de dirigeants réellement à l’unisson ».

« Ce n’est qu’alors que notre « état-major » s’appuiera effectivement sur la bonne volonté consciente d’une armée qui le suivra tout en le guidant ! « (O.C. : T.7 p.118)

Il est temps de mettre fin à ce travail désorganisateur de notre organisation. Que tous ceux qui prennent à cœur les destinées de notre organisation y songent et soient prêts à la défendre contre tout intrigant, tout liquidateur.

4. - La constitution d’un noyau directeur

Cela faisait plus d’un mois que le 1er projet du contenu du journal était achevé. Il fallait en fait se décider à arrêter un texte final. C’est aussi qu’au niveau du CPO, eût égard à l’importance de la question, nous avons jugé indispensable de joindre à nous un certain nombre de camarades, pour l’adoption finale du texte. Vous sous en doutez, ce fut les mêmes camarades que nous avons toujours consultés à propos de tout. D’où en plus des 3 membres du CPO. (Bruno, Robin et Don-Donis), s’étaient joints à nous les 3 camarades suivants : Kevin, Igor et Georges. Le camarade Sô-Fù-Mion, aussitôt après le déclenchement de la lettre ouverte au niveau de masse (Appel du M.21) était rentré définitivement au pays. Le camarade X..., pour certaines raisons, était absent à la réunion convoquée autour de cette question.

D’entrée de jeu, après que le camarade Bruno ait précisé le motif de cette réunion, le camarade Igor demanda la parole :

— D’ailleurs, je me demande à quel titre les autres camarades et moi qui ne faisons pas partie du CPO, sont là ?

Il fut répondu, que c’est dans le cadre des consultations que nous avons toujours eues avec eux que nous avons jugé, pour l’examen et l’adoption du texte final, les joindre à nous.

Cela ne pouvait satisfaire Kevin qui enchaîna, pour montrer la nécessité qu’il y a de définir leur statut, et qu’en ce sens il propose la constitution d’un Noyau directeur (ND) composé des camarades ici présents. Ce noyau sera en fait le centre dirigeant du groupe.

Il convient de signaler que quelques jours avant la tenue de cette réunion, le camarade Kevin avait eu de façon bilatérale avec Don-Donis à soulever le problème du Noyau directeur, qui pour ce dernier, apparaissait comme quelque chose de nouveau dans les structures d’une organisation comme les nôtres. Ne sachant donc, ce que c’est que ce noyau directeur, Don-Donis n’était pas donc à même d’émettre quelque avis que ce soit. Aussi s’est-il contenté de l’inviter à rencontrer tout le CPO, pour nous exposer cette idée du ND. À la réunion prévue pour cela, le camarade Kevin fut absent.

Donc, le jour de la réunion de l’adoption des textes définitifs du journal, après avoir défini en quoi consistait son idée du ND, chacun fut invité à donner son avis. Chacun eut à se prononcer favorablement par rapport à cette idée.

Les motifs qui ont prévalu à notre adhésion de principe à cette idée, étaient les suivants : depuis le début de notre action, nous (les quatre) nous avons été animés du souci, de ne pas nous mettre en avant ou de le laisser paraître ainsi.

Dans tous les cas, même au niveau du CPO, nous ( Bruno et Don-Donis)  ne voulions pas, que par nos attitudes et nos comportements, on arrive à penser que ce qui nous animait, était les postes de direction.

Or, face à une telle proposition, étant au niveau du CPO, toute opposition de notre part à la constitution d’un tel noyau directeur, sera à coup sûr interprétée dans le sens que nous redoutons. Notre attitude de principe, consistant donc à dire : faisons l’expérience pour voir.

N’ayant rencontré aucune objection, à son idée de noyau directeur, le camarade Kevin enhardi, avança encore d’un pas dans sa proposition. En effet il proposa, que cette réunion-ci, se transforme en une Conférence de cadre qui décidera de la naissance effective du groupe le « prolétaire ». Comment encore refuser une telle proposition anachronique (le groupe existait bien avant, et avait été mis en marche par le noyau des 4) sans autant amener les camarades à penser que ce sont nos personnes que nous désirons mettre en avant ! D’autres personnes étaient mieux placées que nous (Bruno et Don-Donis) qui étions parmi les quatre (4) premiers initiateurs.

 D’ailleurs, se rendant compte de l’anachronisme de sa proposition, le camarade Kévin, se hâta d’ajouter ceci : « quitte à antidater l’acte de fondation »

Une fois de plus nous (Bruno et Don-Donis) fîmes la concession. De concession en concession, nous étions loin de nous douter que Kévin avait déjà entrepris sa course pour l’hégémonisme sur le groupe. Il avait sur son parcourt deux obstacles : le camarade Igor, qu’il n’avait pas bien cerné encore et le camarade Don-Donis qu’il avait vite fait d’indexer comme un rival à isoler.

La suite des évènements montrera bien que ce ne sont pas là des affirmations gratuites. Nous avons déjà produit, des éléments mettant à nu la mégalomanie de ces deux anciens camarades, et qui sont la preuve d’une certaine rivalité consistant à se faire prévaloir, à se mettre en avant. Le camarade Kévin, dans le Noyau directeur (en constitution) avait évalué ses forces de la façon suivante : en plus lui, il pouvait compter avec raison sur l’appui inconditionnel de Robin et à tort sur le camarade George.

En effet, ce qui caractérise le camarade Robin, c’est une forme de servilité auprès de Kévin.

Nous avons dit, qu’il a compté à tort sur George, parce que ce dernier, fait partie du lot de camarades, dont on dit qu’ils savent faire preuve d’autonomie de pensée et d’analyse, qu’ils savent penser avec leur propre tête.

Toujours dans ces calculs hégémoniques, Kevin, en est arrivé à indexer Don-Donis comme l’obstacle le plus dangereux de l’heure, qu’il faut s’acharner à isoler, quitte à s’appuyer sur l’autre hégémon, qu’est Igor. Et c’est ce qui fut fait.

Mais poursuivons.

La réunion, se transforma donc en une Conférence de cadre qui décida de la naissance du groupe avec la mention d’antidater l’acte de fondation. Toute la partie avait été menée et gagnée par Kévin. Il a bénéficié, de cela, de notre innocence politique, qui nous amène à penser que tous les camarades, il suffit qu’ils se disent communistes, pour que dans la pratique ils le soient.

Notre innocence politique, nous amenait à penser, que de tels calculs égoïstes ne pouvaient être de mise en notre sein, c’est là pures illusions ! Et comme aime à dire le camarade Bruno, depuis un certain temps : « l’enfant qui ne s’est pas brûlé, ne connaît pas le feu. »

Après l’audition du projet, nous passâmes à la critique et aux amendements du texte. Notons en passant, qu’il n’eut aucune critique de fond. La plus part des amendements étaient des amendements de forme, ou portaient sur tel ou tel point qui avait été omis (par exemple par rapport à la IIe  internationale).

Après cela, aucune appréciation positive du travail ne fut émise. Le camarade Robin, lors d’une suspension pour leur permettre lui et Bruno, de s’absenter pour un temps, émit l’avis suivant :

— « Ah ! En tout cas, la partie sur la situation nationale a été travaillée. »

Les camarades comprendront très aisément, pourquoi, c’est seulement cette partie qui a retenu l’attention de Robin : Le maître Kévin a certainement dû lui dire qu’il avait sa main dans cette partie (sinon que toute la partie, était son œuvre). Pour quelqu’un qui ne voit que par son maître, Robin ne pouvait que voir, la partie sur la situation nationale qui aurait été vraiment « travaillé ».

Camarades, ce ne sont pas là des mesquineries ; Vous comprenez l’importance de ces menus détails, tout au cours de l’exposé.

Nous sommes maintenant à la suspension. Les camarades Bruno et Robin se sont absentés pour d’autres obligations. Pendant ce temps, le camarade Georges très fatigué, s’est assoupi. Seul Kévin, Igor et Don-Donis étaient en éveil ; ils envoyèrent ce dernier acheter du pain pour déjeuner (il était 10 heures du matin). A son retour, visiblement il était indésirable ; ils l’envoyèrent de nouveau, aller acheter du café, ce qu’il fit. Tous ces va-et-vient, l’avaient pris et leur avaient donné 45 minutes aux environs. De retour, il se mit à asseoir l’eau sur le feu, et réuni les verres pour les laver. Le camarade Igor, s’était déchaussé, et avait laissé ses chaussures traînant sous le lavabo ; en lavant les verres, un geste maladroit de la part de Don-Donis projeta l’eau sur ses chaussures; et c’est le moment qu’il choisit pour lancer cette « plaisanterie » : 

— « comment !  Tu étends la lutte politique jusqu’à ce niveau ! ».

Don-Donis était loin de se douter qu’à travers une telle plaisanterie, c’était une flèche qui lui était lancée. Ce à quoi, il répondit très naturellement et très innocemment :

— « étendre la lutte politique, encore faut-il qu’elle existe ; alors qu’à mon niveau, je ne suis pas au courant de l’existence d’une lutte politique entre toi et moi. »

La plaisanterie (ou du moins ce qu’il prenait pour telle) passa.

Il s’affaissa à son tour sur la table et sombra dans un sommeil profond.

Au retour des camarades Bruno et Robin, la séance reprit .Très rapidement l’ordre du jour fut épuisé, et nous étions sur le point de lever la séance, lorsque le camarade Igor demanda la parole, ce qui lui fut accordé.

Igor : Avant qu’on lève la séance, il y a un point que je désire soumettre à l’attention des camarades. Dans la mesure où nous sommes organisés pour un but bien précis, il importe d’éclaircir un certain nombre de choses, sans lesquelles, on ne saurait développer de véritables rapports de camaraderie. Le point que je vais soulever, c’est par rapport au camarade Don-Donis, lors de son passage à Lyon il y a eu un incident entre lui et ma « copine ». A ma grande surprise, le camarade de retour ici, s’est mis à développer sur mon compte des propos de dénigrement. Ainsi il affirme, que je suis un faible, ce qui pose le problème de confiance entre camarades. Je pense que le camarade s’il avait des critiques à me faire, aurait dû me les porter vis-à-vis et non dans le dos… »

 

Don-Donis était là ébahi, écoutant ces accusations. Il n’en revenait pas à ses oreilles ; il avait l’impression que ces accusations portaient sur un autre, sauf lui, du moins, il cherchait à se convaincre qu’il ne rêvait pas. Ainsi, l’expression « étendre la lutte politique » jusqu’à ce niveau, trouvait toute sa véritable signification. Il en est de même des autres allusions que nous avons entendues tout au cours de la réunion du genre: « les intellectuels sont ainsi ; une fois que tu leur apprends des choses, tu deviens leur obstacle qu’il faut qu’ils te renversent pour s’affirmer, selon la dialectique du maître et de l’esclave. »

Très rapidement dans sa tête, les idées s’entrechoquaient, il essayait de comprendre la situation.

Pourquoi Kévin (il était sûr que c’est lui) a-t-il fait cela ? Pourquoi cherche-t-il sur la base de mensonges à opposer deux camarades ?

Quand Igor finit, Don-Donis demanda la parole et voulut parler, mais ce sont les larmes qui couvrirent son visage. Depuis lors, il ne cessa de pleurer.

Néanmoins, il réussit à s’exprimer. Il reprit les faits un à un ; il montra, qu’en aucun moment il n’a tenu de propos de dénigrement à l’endroit du camarade.

Il rappela à quels camarades, et dans quelles circonstances il a eu à parler de l’" incident de Lyon". Il en avait parlé seulement à 3 camarades et dans des situations particulières, différentes :

— Les camarades Bruno et Robin d’une part

— D’autre part le camarade Kévin, à qui il avait dit qu’il attendait de voir le camarade Igor pour discuter avec lui. Or, il n’a pu voir le camarade à son arrivée qu’à la réunion, où ils sont d’ailleurs arrivés en retard (lui et Kévin, certainement le temps, pour que Kévin fasse son sale travail d’intrigant). Donc, même animé de l’intention de porter des critiques à Igor, il n’a pas encore eu le temps matériel de le voir. En outre dans ses discussions avec les 3 camarades en question, il défie quiconque d’avoir décelé dans ses propos, une volonté de dénigrer Igor.

Il invita tous les 3 camarades à prendre la parole et à relater les choses telles qu’elles se sont passées.

Kévin intervient pour dire qu’il ne s’agit pas de défendre la tête de quelqu’un ici.

Faisant fi de ce que Kévin venait de dire, s’adressant à lui, Don-Donis lui dit qu’il ne comprenait pas du tout l’empressement qu’il mit, pour le devancer auprès d’Igor. Ceci d’autant plus qu’il lui avait dit à lui Kévin, qu’il se réservait le droit de le voir pour pouvoir discuter.

Pourquoi Kévin était-il un intrigant bonhomme ? Nous n’avions pas encore perçu cet aspect rebutant. Nous avions conscience de biens de ses insuffisances (refus de s’auto -ritiquer, tendance à vouloir se blanchir sur le dos du camarade X…, (coresponsable à la direction de l’O“C”V), la mégalomanie, etc…), mais tout cela nous le pardonnions.

Au cours de cette discussion autour de l’"incident de Lyon", nous étions loin de nous douter, que Kévin, l’intrigant avait mis déjà en marche son plan diabolique pour isoler ce qu’il tenait pour l’obstacle principal dans sa course vers l’ « hégémonisme ». Ainsi, avait-il décidé dans son calcul égoïste, de s’appuyer sur l’autre hégémon.

Hélas ! La machine était déjà en marche, et désormais, rien ne pouvait l’arrêter. Intrigues sur intrigues, voilà les procédés que Kévin utilisait afin de pouvoir isoler Don-Donis au sein du Noyau directeur. Il cherchait à faire passer ce dernier pour un « mauvais esprit », dont il fallait se débarrasser ou tout au moins neutraliser.

Visiblement dans son intervention, Don-Donis cherchait à convaincre Igor de sa sincérité. Mais tout cela était peine perdue. Igor marchait déjà dans le plan de Kévin.

Les autres camarades après lui, prirent la parole :

Robin : De façon timorée, s’est contenté de rappeler les circonstances dans lesquelles Don-Donis les avait informés de l’incident. Il avoua qu’il n’avait pas perçu dans les propos de celui-ci, un désir  de dénigrement et calomnie.

Bruno : D’entrée de jeu, affirma tout haut, que n’en déplaise à Kévin, lui allait défendre une tête, parce qu’il est inconcevable de prêter des intentions malhonnêtes à un camarade qui a toujours fait preuve de sincérité. Il est étonné que ce soit ce camarade, de surcroît le camarade Igor. Faisant un rappel historique, il affirma qu’il y a seulement quelques mois ici, on (entendez par là, la direction de l’O“C”V avec en tête, Kévin) laissait entendre à qui voulait, qu’Igor était un élément dégénéré, qu’il était fini et se la « coulait douce » auprès d’une petite Française.

Or lorsque Don-Donis est arrivé ici à Paris, quelle fut son attitude face à ces propos calomniateurs.

Il a dit que tant qu’il n’aurait pas vu Igor et entendre de sa bouche, le fait qu’il soit fatigué et qu’il ne veuille plus lutter, il ne croirait pas à ces propos calomniateurs, car de son point de vue, il est difficilement concevable, qu’un camarade qui a tout sacrifié en arrive à se démobiliser pour une fille.

Bruno poursuivit pour relater les propos tenus concernant l’"incident de Lyon" et fit ressortir le fait que Don-Donis avait eu à affirmer qu’il avait pleinement confiance à Igor, et qu’il pense que ce n’est pas une fille qui allait le faire tomber. Il ne termina pas sans stigmatiser l’entremetteur qui fut Kévin.

Georges : Qui apprenait le problème pour la première fois, donna néanmoins sur la base de ce qu’il a entendu, une position de principe qui condamnait les procédés d’entremetteurs entre deux camarades.

Kévin : S’en prenant au fait que Don-Donis ait dit dans son intervention qu’il n’était pas encore contaminé par les pratiques pernicieuses de dénigrement et autres chicanes, trouva que ce n’est pas juste et laissa sous-entendre que c’est de l’autosuffisance. Puis se perdit dans des «généralités» pour finir par tirer des propositions (et non des déductions) logiques :

- Le fait de dire que la fille est dangereuse, veut dire que le camarade qui vit avec elle, ne mérite pas confiance.

- La fille étant dangereuse, tout comme une superpuissance (sic!) tout camarade qui s’acoquine avec elle, est un faible.

 

De ses propositions logiques, il en tire la déduction tout aussi logique, selon laquelle, Don-Donis a voulu dire que le camarade Igor est un faible, ce qui pose le problème de confiance. Pour terminer, il prétendit avoir vu Igor afin qu’il vienne discuter avec Don-Donis, dans la mesure où il savait qu’il y avait un problème entre ces deux camarades.

Ce fut là le premier tour d’intervention sur la question.

Chacun peut se convaincre de cette façon d’agir de la part de Kévin :

1°) Lorsque Don-Donis affirme que la fille était dangereuse, il n’avait pas employé le mot « dangereuse » dans le sens des deux superpuissances. Mieux il a dit, qu’elle était dangereuse en ce sens qu’elle visait à brouiller les excellents rapports entre des camarades.

2°) Kévin n’avait pas besoin de se hâter pour voir Igor, si tel était son désir d’assainir les problèmes ( ?) entre deux camarades (son désir réel, était plutôt de les aiguiser, et d’en faire des problèmes réels) puisqu’il savait que Don-Donis avait pris la décision de voir Igor. S’il en doutait, la moindre des choses aurait été de laisser un peu de temps pour voir si Don-Donis allait le faire ou pas (« wait and see »). Non ! L’intrigant ne pouvait attendre. Il ne saurait rater une pareille occasion pour « diviser et régner ».

Face à tout ce qui vient d’être relaté, Igor allait simplement se contenter de dire :

— «  si c’est comme ça, ça va. J’avais craint que ce soit une instance supérieure qui a siégé sur mon cas, car si cela s’était passé ainsi, on retomberait dans les mêmes erreurs qu’à l’O“C”V. »

 

Mais les cours des évènements ultérieurs allaient montrer que c’était là des propos démagogiques, et qu’il avait vraiment mordu à l’hameçon de Kévin.

Pour cette réunion, ce fut l’essentiel de ce qui a été dit à propos de l’"incident de Lyon".

Mais depuis lors jusqu’aujourd’hui les rapports entre Don-Donis et Igor se sont relâchés. Quand ce dernier venait à Paris, il ne cherchait plus à voir le premier.

Avant d’en finir avec cette 1ère réunion du Noyau directeur, il convient de noter certains points que nous avons omis dans le récit.

Aussitôt après l’adoption du texte définitif du journal, on est passé à l’examen de tâches nouvelles :

— élaboration d’un projet de programme

— bilan critique de l’expérience du mouvement communiste voltaïque depuis le  PAI en passant par l’O“C”V jusqu’à nos jours.

 

L’examen de ces points et la distribution des tâches, avaient trouvé le camarade  Don-Donis en plein sommeil.

Lorsqu’il se réveilla, le camarade Bruno qui dirigeait la réunion, lui fit le point : la tâche de rédaction de l’acte de fondation antidaté a été confiée à Georges ;

— La tâche d’élaboration du projet de programme à Don-Donis ;

— Celle du bilan critique aux deux camarades Igor et Kévin.

 

Cette répartition ne convint pas à Don-Donis, parce que (comme il le dira par la suite) toujours animé de la crainte qu’on (les deux vieux) arrive à penser que nous voulons tout accaparer. Bruno avait certainement eu à le proposer pour la tâche d’élaboration du projet de programme, parce qu’il savait que depuis fort longtemps Don-Donis était en train de réunir des éléments (des matériaux) pour cela. Ce faisant, il avait perdu à l’esprit notre souci d’éviter qu’on en arrive à penser que nous cherchons coûte que coûte à nous mettre en avant. C’est pour cela qu’il osa remettre en cause la répartition (ce qui n’est pas juste, car on ne peut dormir et venir après coup, tirer les autres en arrière), en faisant la nouvelle proposition suivante :

Igor se chargera de l’élaboration du projet de programme ; Kévin, du bilan critique.

Bruno, visiblement mécontent (car il tenait ces deux « vieux » pour incapables de s’acquitter de ces tâches. La suite des choses, montrera d’ailleurs qu’il avait raison.), demanda avec insistance, s’il n’y avait pas d’objection à cette proposition. Il n’y eut aucune objection. La proposition de Don-Donis, passa, ce qui est la preuve, que la 1ère  proposition avait été adoptée, à-contre-cœur.

Il faut mentionner aussi, que lors de cette réunion, la nécessité d’un Bulletin Intérieur fut retenue unanimement.  C’est le camarade Bruno, qui l’introduit, comme étant un point sur lequel les camarades de Dakar avaient beaucoup insisté.

Un autre aspect de la réunion qu’il convient aussi de mentionner ici.

Après le point de la constitution du Noyau directeur, un compte-rendu de tout ce qu’on avait fait jusqu’à présent fut exigé. C’est après ce compte-rendu, que notre stupéfaction fut grande.

Les deux « vieux » se sont acharnés surtout, Kévin, à montrer que tout ce que nous avons fait jusque-là, relevait du spontanéisme, de l’euphorie, etc., etc.. En un mot sur toute la ligne, c’était du mauvais travail. Kévin ira jusqu’à dire, que c’est le fait d’avoir osé aller à contre-courant qui nous grise ! De leurs points de vue, rien de positif à notre actif. Le passif était trop lourd. D’où, bilan négatif.

Vraiment nous étions ébahis et nous ne pûmes nous empêcher de relever un tel verdict de la part de nos censeurs. Ce à quoi, Igor répondit, qu’ils n’étaient pas là, pour décerner des fleurs à qui que ce soit. Nous, nous n’avons pas demandé qu’on nous décerne des fleurs, mais qu’on soit animé, dans toute analyse critique, d’objectivité. Qu’on ne tombe pas dans la métaphysique, dans l’unilatéralité des choses. L’impression que nous avons eue, c’était comme des réprimandes, rien que des réprimandes, que les « maîtres » donnaient à leurs « élèves ». Malgré tout, nous ne nous sommes pas formalisés. Cela, ne constituait pas un problème. Nous pardonnions encore de tels travers.

 

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5 - A  propos de l’article de Lénine « comment l’Iskra faillit s’éteindre

(voir O.C. T.4, p. 345-362)         

 

A la sortie de la réunion, Kévin tout confus cherchant (peut-être) à se racheter, insista pour que Don-Donis et Bruno viennent chez lui pour manger. Ainsi, ils se retrouvèrent à quatre chez Kévin (Robin aussi était là).

Tout au cours du repas, le camarade Don-Donis, très effondré, par ce qui venait de se passer avec  l’incident de Lyon, n’arrivait pas à retenir ses larmes. Cela mis tout le monde mal à l’aise. On se hâta de terminer le repas. Et c’est pendant que Kévin raccompagnait Bruno et Don-Donis à la bouche du métro que Don-Donis lui tint ce langage :

- Vraiment camarade Kévin, je ne me pose énormément des questions. Je me demande si votre attitude (Igor et toi) ne relève pas d’une certaine déformation ?

Je n’ai pas encore répondu à ces questions, mais je tiens à te dire que j’ai été profondément déçu par ton comportement. Je me demande ce que tu visais, en agissant comme tu l’as fait ? Pour comprendre mon état d’âme actuel, je t’invite à lire l’article de Lénine, « comment l’Iskra a failli s’étendre ».

Kévin :  Il faudra alors, qu’on se revoie pour discuter après que je l’aurais lu.

Don-Donis:  je n’y trouve aucun inconvénient

 

Chemin faisant, les deux camarades venaient de rattraper Bruno, qui les avait devancés à la bouche du métro.

Une fois Bruno et Don-Donis de retour chez eux, ils donnèrent libre cours à leurs indignations. Il se trouvait que Bruno, était de loin beaucoup, plus indigné que Don-Donis ne l’était. Seulement, lui avait pu se contenir, pour ne pas fondre en larmes devant ces deux « vieux ». Maintenant plus rien ne le retenait. Ces larmes n’étaient pas la preuve d’une faiblesse, aucunement. Ces larmes qui coulaient sur le visage des deux camarades, loin d’être une faiblesse, exprimaient une seule chose : à travers ces larmes, c’est l’enfant qui disparaissait pour faire place à l’homme qui naissait. A travers ces larmes, c’est l’idéalisation des « vieux » camarades qui fondait pour laisser apparaître l’amère réalité, pour laisser apparaître leurs côtés rebutants.

C’était dur, vraiment dur. Comme toute naissance, cette renaissance était douloureuse. Se rendant compte, tout d’un coup, que ce qu’on tenait pour idéal, n’en était pas un, il faut avouer que cela secoue son homme.

Des sentiments divers nous tenaillaient. Nous étions furieux à l’idée que nous nous sommes fait avoir comme des enfants ; qu’on nous  a prit comme de vulgaires petits ambitieux, des strebers selon le terme de Lénine.

Mais que dit Lénine, dans cet article ? En attendant que tout un chacun puisse le lire, nous allons produire ici, quelques extraits très significatifs et qui présentent des similitudes remarquables avec la situation que nous venons de vivre.

«  Pourquoi étions-nous si indignés à l’idée d’une domination sans partage de Plékhanov (indépendamment de la forme de cette domination) ?

Auparavant, nous avions toujours pensé que nous serions les rédacteurs, et eux de très proches collaborateurs. C’est ce que j’avais proposé formellement dès le début (encore en Russie). Arséniev ne voulait pas recourir à une décision formelle et préférait agir «  à l’amiable » (ce qui, disait-il, reviendrait au même). Je consentis. Mais nous étions tous deux d’accord pour estimer que c’était à nous d’être les rédacteurs, parce que les « vieux » étaient intolérants à l’excès, et aussi parce qu’ils ne pourraient pas s’acquitter convenablement de ce lourd et ingrat travail de rédaction : Seules ces considérations étaient décisives pour nous. Quant à leur laisser la direction idéologique, nous en convenions volontiers. « Laisser le travail effectif de rédaction aux vieux », il s’en suivrait des retards effrayants sinon l’échec de toute notre entreprise ». Dans mon récit de la façon dont failli s’éteindre l’Iskra, je me suis arrêté à notre retour chez nous, le soir du dimanche 26 Août (…) . Dès que nous nous trouvâmes seuls, en descendant du bateau, ce fut parmi nous comme un déluge d’expression indignée. C’était plus fort que nous, l’atmosphère trop lourde se déchargeait en orage. Jusqu’à une heure avancée, nous avons parcouru de long en large, notre petit hameau. (…) Nous nous indignions tout en marchant. Arséniev, je m’en souviens, commença par dire qu’il considérait ses relations personnelles avec Plékhanov comme désormais rompues pour toujours, et qu’il ne les reprendrait jamais ; les relations d’affaires demeureront, mais personnellement entre moi et lui c’est fortig (fini). Sa façon d’agir est si blessante qu’elle nous oblige à le soupçonner de très « vilaines » pensées à notre égard (c’est dire qu’il nous assimile mentalement à des stréber = ambitieux, arrivistes). Il nous traite plus bas que terre, etc… Je soutenais entièrement ces accusations. Ma « passion » pour Plékhanov avait disparu comme par enchantement, et il m’en restait un dépit et une amertume incroyables. Jamais, jamais de ma vie, je n’avais eu le sentiment d’avoir reçu un « coup de pied » aussi brutal. Or, c’était véritablement un coup de pied que nous avions reçu : on nous avait fait peur comme  à des gamins en nous disant que les grandes personnes nous quitteraient et nous laisseraient seuls, et, après que nous avions lâchement cédé ». (O.C., T4, P.351-352-353)

 

Arrêtons-nous un peu et faisons le point.

En effet, face à l’attitude d’intrigant de Kévin, toute notre « passion » pour lui avait disparu comme par enchantement, et il nous en restait un dépit et une amertume incroyables. Jamais, jamais de notre vie, nous n’avions eu pour un homme, autant de respect sincère et de vénération.

 

 «  Mais puisqu’un homme  avec qui nous voulons collaborer étroitement pour une œuvre commune, en relations intimes avec lui, puisque cet homme use à l’égard de camarades de pareilles manœuvres, il ne fait plus de doute qu’il est mauvais, qu’il est dominé par des mobiles personnels d’amour-propre mesquin et de vanité, qu’il n’est pas sincère. Cette découverte – c’était pour  nous une véritable découverte ! – nous fit l’effet de coup de foudre, car nous avions eu tous deux jusqu’à alors une passion pour Plékhanov ».

Nous aussi, nous avions jusqu’à alors une passion pour Kévin  (et  pour Igor aussi).

«  Comme à une personne aimée, nous lui pardonnions tout, nous fermions les yeux sur tous ses défauts, nous tâchions de nous persuader par tous les moyens que ces défauts n’existaient pas, que c’était des bagatelles,  que pour y attacher de l’importance, il fallait ne pas accorder une valeur suffisante aux principes. Et voilà que l’évidence même nous obligeait à reconnaître que ces « bagatelles » étaient capables de rebuter les amis les plus dévoués et que la conviction qu’il avait raison sur le plan théorique ne pouvait absolument pas faire oublier ses côtés rebutants. Notre indignation était à son comble : notre idéal était brisé et nous trouvions une extrême jouissance à le fouler aux pieds, comme une idole renversée. Les accusations les plus violentes fusaient sans fin ». (Ibid.,P. 354)

« Le rôle du pion entre les mains de cet homme ne nous sourit pas ; les rapports amicaux, il ne les tolère pas, il ne les comprend pas. »(Ibid.)

«  C’était un véritable drame, une rupture définitive avec ce sur quoi, nous avions jalousement veillé durant de longues années, comme sur un enfant chéri, comme le but de toute vie. Et tout cela, parce que nous étions jusque-là amoureux de Plékhanov : Sans cette passion, si nous l’avions considéré avec plus de sang-froid, avec une humeur plus égale, avec un peu de recul, nous nous serions conduits autrement avec lui et nous n’aurions pas subi un effondrement au sens littéral du mot, une telle «douche morale », selon la très juste expression d’Arséniev (souligné par nous). La leçon était très dure, dure et blessante jusqu’au dépit. De jeunes camarades «  faisaient la cour » à un aîné, mus par un amour immense envers lui, et il apportait tout à coup dans cet amour une atmosphère d’intrigue. (souligné par nous), il leur donnait le sentiment de n’être pas des frères cadets, mais des jobards qu’on mène par le bout du nez ; des pions qu’on peut déplacer à son gré ; ou bien même de maladroits strébers qu’il convient d’intimider un bon coup en leur tapant sur les doigts. Et cette jeunesse amoureuse reçoit de l’objet de son amour  un enseignement : il faut considérer tout homme  « sans sentimentalité » ; en dissimulant à tout hasard une pierre dans son sein. Voilà les paroles amères que nous répétions sans fin ce soir-là. La soudaineté de l’effondrement entraînait naturellement aussi  bien des exagérations, mais  au fond ces paroles amères étaient vraies. Aveuglés par notre passion, nous nous étions conduits en somme comme des esclaves ;  or être esclave est une chose indigne, et la blessure que nous en ressortions était centuplée du fait que c’était « lui » personnellement, qui nous avait ouvert les yeux à nos dépens… » (P.354-55)

 

Voilà des phrases qui adaptées à la situation que nous avons vécue et que nous vivons, expriment mieux que toute chose, nos sentiments.

Les camarades Bruno et Don-Donis, de retour chez eux, avaient subi un tel effondrement que Don-Donis voulu démissionner du CPO. Il proposa à Bruno, de démissionner ensemble du CPO, pour laisser Kévin et autres Robin, toute la direction, puisque c’est ce que Kévin visait avec toutes ses intrigues. Ce fut Bruno, en sachant garder la tête froide, qui réussit à « déconvaincre » Don-Donis, de ce projet insensé. Il lui montra le fait que, s’il ne plaçait pas ses considérations personnelles (son amour propre) au-dessus de tout, s’il tenait à la survie de l’organisation, il devait abandonner cette idée de démission. Malgré le fait que les  deux « vieux » nous prennent pour des « streber », dit-il, il était convaincu que laisser la destinée de l’organisation entre leurs mains, c’était vouloir l’échec de toute notre entreprise.

Nous avons tenu à nous étendre sur cet article, vu l’interprétation et l’utilisation qui en ont été faites par Kévin et Igor dans leur travail de sape de notre organisation. Pourtant de l’invitation faite à Kévin (et non à Igor) par Don-Donis, à lire cet article, nos intrigants (les deux « vieux ») ont  voulu faire voir dans cette invitation, la lutte d’influence que Don-Donis a instaurée entre lui et Kévin (ou Igor, selon que c’est l’un ou l’autre qui cause). En invitant Kévin (et non Igor) à lire l’article en question selon ces deux « vieux », Don-Donis se prenait pour Lénine, Kévin ou Igor (selon le cas) serait Plékhanov.

A ce sujet, nous tenons à dire ceci, de façon claire et nette : à supposer que Don-Donis se prenne pour Lénine, nous ne voyons pas où est le mal ! ce  que cela prouve, c’est qu’il prend Lénine comme idéal (tout comme dans une moindre mesure certes, il a eu à idéaliser ces deux aînés) et le prenant comme idéal, il œuvre et œuvrera à l’atteindre dans ces capacités intellectuelles (sur le plan théorique) et pratiques (sous l’aspect organisateur) et surtout dans son intégrité idéologique (ce qui fait énormément défaut à ces deux aînés). Cela tout militant qui se veut réellement révolutionnaire ne peut que prendre Lénine et bien d’autres éminents révolutionnaires, comme modèle. L’essentiel c’est que dans cette ambition (si tant est qu’on peut parler d’ambition) on n’en arrive pas à placer sa personne au-dessus de l’organisation. L’essentiel c’est que l’on ait toujours en tête l’intérêt supérieur de l’organisation et de la cause prolétarienne.

Donc chers intrigants, c’est là où il vous faut argumenter. Il vous faut argumenter, que dans la pratique du camarade Don-Donis, il a mis sa personne en avant, au-dessus de l’organisation. Cela vous sera difficile ; mais vous concernant, c’est tâche aisée. Prenez patience !

A propos de la lutte pour l’influence au sein de l’organisation, il convient de dire ceci : jusqu’à ce que nous nous rendions compte que vous (les  aînés), vous êtes mauvais, cette idée n’a jamais effleuré un d’entre nous (nous les jeunes), mais aujourd’hui, pour contrer votre influence nocive sur l’organisation, n’importe quel d’entre nous consentira à assumer cette lutte pour l’influence. Face à des  camarades comme vous, il est absolument nécessaire de lutter pour l’influence. Tout camarade qui perçoit votre véritable nature, et qui songe à la survie de l’organisation, doit livrer une lutte pour l’influence contre votre influence destructrice.

Toujours, en élève de Lénine (que cela vous choque, c’est votre affaire ! ) nous allons encore nous référer à lui :

« toute l’activité de l’Iskra en tant que groupe particulier a été jusqu’à présent une lutte pour l’influence, mais maintenant, il s’agit de bien plus : il s’agit de faire passer cette influence dans les structures et non plus seulement de lutter pour elle. La profondeur du fossé politique qui nous sépare, le camarade Martov et moi ( s’il se trouve des gens susceptibles pour s’identifier à Martov, c’est leur affaire, pas la nôtre ! ), se manifeste clairement dans le fait que Martov m’accuse, alors que moi, je me félicite d’avoir voulu et de vouloir consacrer cette influence au moyen de l’organisation. Il s’avère donc que nous parlons même des langages différents.

A quoi bon tout le travail que nous avons fait, à quoi bon tous nos efforts, si tout cela doit avoir pour couronnement la même vielle lutte pour l’influence et non l’acquisition et la stabilisation définitive de cette influence. » (O.C., T. 7, P. 337)

Chers intrigants, c’est justement cela que nous vous reprochons. Que vous lutter pour la préséance au sein de l’organisation, il n’y a rien de grave en cela, mais lutter pour la préséance, avec l’aide des intrigues, des calomnies, des mensonges, cela c’est faire preuve de l’absence d’intégrité idéologique à votre niveau.  En arriver, dans cette lutte pour asseoir votre influence, à un travail fractionnel de désorganisation, cela aucun camarade attaché à la survie de notre organisation, ne le tolèrera. S’il y a lutte pour l’influence, elle doit se traduire dans les structures, et non en dehors par des activités fractionnelles. Une chose est de lutter pour l’influence, une autre est au nom de cette lutte pour l’influence, de recourir à des procédés « extra idéologiques », de recourir à la fausseté et aux mensonges profonds. On ne saurait au nom de la lutte pour l’influence, se livrer à un travail de désorganisation. Or, c’est là que vous en êtes arrivés : à un travail fractionnel, à un travail de désorganisation. Et nous allons mettre fin à ce travail désorganisateur.

 

6 -  CPO : Comité sans attribution aucune

Depuis la constitution « de jure » du noyau directeur (ND) (« de jure », puisque de « facto », il existait bien avant par le système de consultation que nous avons établi), le CPO s’était purement et simplement transformé en un comité d’expédition (d’exécution) des affaires courantes. Son rôle résidait seulement en une caisse de résonance du ND. Le CPO ne pouvait prendre aucune décision, en dehors du ND. Et comme le ND ne pouvait se réunir de façon régulière, eu égard à la dispersion de ces éléments, et à la volonté manifeste des deux aînés de bloquer son fonctionnement, l’organisation ne pouvait être dirigée de façon effective. En maintes occasions chacun a dû sentir l’absence réelle d’une direction idéologique et politique du Groupe. Nous y reviendrons. Mais auparavant, parlons de la deuxième réunion et de la dernière jusqu’au 10 février 1979 (date de dénouement de la situation de blocage).

Cette réunion tenue le 9 septembre 1978, devait se pencher entre autres, sur les points suivants :

 — les informations sur les activités de vacances ;

— le contrôle des tâches arrêtées lors de la 1ère réunion ;

— les questions pratiques afférentes au journal (son acheminement au pays et sa diffusion).

 

Notons en passant,  tout comme à la première réunion, Igor et Kevin ont accusé un retard (2 heures). Lorsque les raisons d’un tel retard, leur  furent demandées Igor affirme qu’il prenait  « sur lui l’entière responsabilité du retard. ». Kevin quant à lui, affirma l’avoir « attendu pour lui faire à manger. »

 

a) Informations sur les activités de vacances                                                                                   

Ce point concernait les contacts que nos camarades qui  étaient rentrés pour les vacances ont pu effectuer, les activités de vacances de l’UGEV (conclusion du CA 78) et l’état de la situation réelle au niveau des différentes sections de l’UGEV.

Ce qui mérite de retenir l’attention de tout un chacun, dans cette rubrique, c’est l’information que Don-Donis a  demandée  à Kévin, quant à une prétendue lettre qu’il aurait envoyée à des «  camarades  » de l’O“C”V et dont on se sert, tout comme ses trois (3) autocritiques, pour démobiliser tous ceux qui cherchent à nous rallier au pays. Selon l’information, un des responsables de l’O“C”V     (actuel P“CR”V) aurait présenté la lettre en question aux camarades de Dakar, en vue de les déstabiliser. A la vue de la lettre, les camarades de Dakar ont réagi de la manière suivante :

« si réellement cette lettre est du camarade Kévin et si comme vous le dites, ce camarade était le 1er  responsable de la l’O“C”V, cela prouve jusqu’à quel point toute  l’O“C”V était pourrie de fond en comble. » (sic !)

Cela s’appelle avoir le flair de classe (l’instinct de classe). Ils avaient tapé dans le mil ! Et cette seule lettre leur avait suffi pour tirer la conclusion à laquelle nous, nous avons abouti seulement après plus de 5 mois de pratique avec cet aîné.

Devant une telle appréciation faite par les camarades de Dakar, à la vue de cette lettre, il était indispensable que Kévin, nous livre le contenu de cette lettre, à tout le ND réuni. Il prétendit n’avoir pas sur lui, la copie de cette lettre, et promis de nous la présenter lors de la prochaine réunion. Jusqu’aujourd’hui, le ND, n’a pas encore pris connaissance du contenu exact de la lettre (peut-être à cause du fait que depuis le 9 septembre, le ND ne s’est jamais plus réuni ! )

Kévin n’ayant donc pas la lettre sur lui, se contenta de nous résumer le contenu. Écoutons-le :

— « j’ai été amené à écrire aux camarades sous l’angle suivant :

1°) parce que ce sont des camarades qui m’ont élu comme 1er responsable de l’O“C”V;

2°) parce que j’ai discuté au préalable avec ces camarades qui considéraient cette affaire comme une question de me sauver la tête ;

3°) parce que je visais à susciter des luttes internes à l’O“C”V.

Ceci dit, j’ai écrit à trois (3) camarades et je n’avais pas peur que ça circule au sein de l’O“C”V, bien au contraire.

Quant au contenu de la lettre, la voici :

— « Maintenant je vois clair à des questions que je me posais. Il ressort des informations, que X.. (c’est nous qui mettons le X.. à la place du nom véritable. — Le CPO) a constitué une fraction pour me renverser et a promis des documents pour prouver que j’ai dégénéré. Je ne regrette pas ce qui est arrivé, puisque les positions que je défendais sont reprises par les « motionnaires ». La motion prouve que ce n’est pas moi, qui suis isolé des masses. Il ressort de cela, la possibilité de l’apparition d’une nouvelle organisation et chaque camarade aura l’occasion de faire un nouveau choix. A moins que l’O“C”V, ne se débarrasse de ce contre-révolutionnaire, nationaliste, pseudomarxiste. »

N.B : la même lettre a été envoyée au camarade Y… et au camarade Z... »

(Selon  les P.V de la réunion)

Voilà le contenu de la lettre que Kévin nous a livré.

Posons-nous des questions : qu’est-ce qui est arrivé, pour Kévin arrive à ne pas regretter ? Quelles sont les positions qu’il défendait et qui ont été reprises par les « motionnaires » ?

Nous-mêmes, sommes incapables de répondre à de telles questions, car au moment où la motion se rédigeait, c’était la période ou Kévin était introuvable

Aussitôt après que Kévin nous ait livré le contenu de la lettre, deux camarades s’inscrivirent en liste, pour des compléments d’information.

- Georges : demanda la reprise des passages parlant de la motion et du « putsch ». A quelle période cette lettre a-elle été écrite ?

Je ne comprends pas, dit-il, le besoin qu’il y a eu de parler de « la possibilité de l’apparition d’une nouvelle organisation ? »

- Kévin : à propos de la « possibilité d’apparition d’une nouvelle organisation » : on a toujours voulu me taxer de fractionniste, ce à quoi j’ai toujours dit que les pleurnicheries sur mon fractionnisme ne me gênent pas, car une fois que j’ai situé à qui j’ai à faire, le reste n’est qu’une question de lutter pour mes convictions. Il n’y a que le petit-bourgeois qui se prend pour le nombril de la terre qui croît que d’autres ne peuvent pas s’organiser sans lui.

 

Dans une des rencontres avec un de ces camarades à qui il a eu à écrire, Kévin prétend avoir dit :

— je n’irai pas voir les responsables de l’O“C”V pour voir mon cas. Le camarade m’avait dit qu’au pays ils avaient demandé qu’on vienne me voir sur la base de mes autocritiques, j’ai dit que je n’en ai que faire ; je ne cache pas mes convictions, mais je ne livre pas de secret organisationnel, la masse des militants a mis le doigt sur la question, ce n’est pas moi en tant qu’individu qui a à me plaindre de l’isolement ; ils attaquent  «  la majorité » dans leur document du CA ; cela prouve que ce sont des vrais bureaucrates »

 

Voilà ! Toutes ces généralités pour ne pas répondre aux questions essentielles qui ont été posées.

Le camarade Igor, quant à lui, laissant de côté la lettre, s’adressa à Don-Donis en ces termes :

 

- Igor : Don-Donis avait eu à parler d’un point dans la lettre qui démoralise les militants ? « (avec l’air de dire que dans tout ce que nous venons d’entendre qu’est-ce qui constitue matière à démoraliser).

- Don-Donis: j’ai dit qu’un camarade a tenté d’utiliser les autocritiques et la lettre de Kévin pour déstabiliser certains camarades.

- Bruno : quels sont les camarades auxquels le camarade Kévin a eu à écrire ?

 - Kévin:  X, Y , Z.

 

Chacun se devait d’apprécier le contenu de la lettre.

Il est bon de reproduire ici, l’appréciation que chaque camarade a donnée ; cela permettrait à tout un chacun de voir comment des problèmes touchant à des questions de principes se résolvent au sein de ce ND.

Par ordre d’intervention:

- Robin : Mon souci porte sur l’utilisation à des fins malhonnêtes qui pourrait être faite des autocritiques et de la lettre. Ainsi, je pense qu’un des éléments qu’ils peuvent exploiter, c’est le point qui dit : « je ne regrette pas ce qui est arrivé, etc.. »  et  le point portant sur : « au niveau de masse une majorité s’est portée spontanément … »

Par rapport au premier point, on pourrait dire que tu ne regrettes pas les autocritiques faites entre autres sur la « théorie des trois mondes ».

Par rapport au second point, dire que la motion a repris les positions que tu défendais, ou qu’elle a soulevé des points qui ont été reprochés à la direction pose un problème; on ne peut pas faire une réponse publique, on se bat groupe contre groupe.

Il faut, à mon avis, dégager des tâches en conséquence vis-à-vis des éléments déstabilisés par cette lettre. Il faut donner une réponse conséquente par rapport à ces points.

Quant à la question de savoir, s’il fallait que le camarade écrive la lettre ou pas, je n’ai pas de critiques à formuler dans la mesure où cela visait à susciter un débat de ligne au sein de l’O“C”V;

Ainsi parla Robin.

- Georges : Malgré la confiance politique, que nous avons les uns aux autres, il serait intéressant d’avoir la lettre sous les yeux.

Je pense qu’il y a eu de grosses erreurs. Les propos dénotent d’une insuffisance de vue critique de la situation actuelle. L’une des armes qu’ils vont utiliser, est que, c’est le camarade Kévin, qui est à la base de notre regroupement. Il y a déjà un avant-goût dans l’extrait du CA-78.

La mention de la motion, en relation avec les problèmes particuliers du camarade Kévin crée la confusion.

Au niveau de masse, même si les gens perçoivent la nature opportuniste de droite de la ligne prédominante, il y a un  grand danger de laisser apparaître que c’est le camarade qui a suscité cette lutte. Ce n’est pas du tout judicieux comme procédure. Le problème est un problème de fond.

De même le fait d’avoir écrit à trois (3) camarades, n’a pas été  correct. Ce n’est pas le principe de la lettre que je condamne, car dans  la mesure où cela est  antérieur  à la constitution du ND, le camarade pouvait prendre des initiatives personnelles. Il fallait d’abord voir la compréhension que ces camarades ont  des  problèmes posés et de la lutte.

Personnellement je ne voyais pas au début, l’aspect scission, mais celui de développer la lutte interne.

Le fait d’avoir introduit la question d’organisation parallèle n’est pas non plus judicieux, car les camarades ont eu à livrer les lettres et l’utilisation qu’on fait tend à identifier l’initiative qui est à la base de notre regroupement à une seule personne : le camarade Kévin.

Le camarade Kévin aurait dû se contenter de susciter des points de réflexions devant amener ces camarades à se poser davantage de questions.

Est-ce que les camarades à qui on a présenté ces lettres en vue de déstabilisation, sont organisés avec nous ? Si oui, leur faire part de notre analyse critique et demander de leur part leurs remarques critiques.

- Don-Donis : La lettre pose beaucoup de problèmes. Je me réserve le droit d’y revenir dessus lors du point sur le bilan critique dont le camarade Kévin est chargé de nous présenter un projet écrit.

C’est tout ce que Don-Donis s’est contenté de dire et avec raison.

 

A ses dires il a estimé que si nous sommes réunis là «  non pour nous adresser mutuellement d’agréables discours, ou échanger d’affables politesses, mais pour créer un Parti », nous nous devons de nous dire toute la vérité et rien que la vérité. Mais animé aussi du désir, que ses critiques ne soient pas subjectivisées, il ne trouva de cadre idéal, que celui du bilan critique, pour les formuler. Ce sont ces considérations qui ont été à la base de sa très brève intervention, dira-t-il.

Après Don-Donis, et en fin de liste, c’est le camarade Igor qui vient. 

Les camarades noteront ceci : c’est une caractéristique d’Igor, que d’intervenir toujours en dernier ; venant en dernier, il aime rester dans tout ce qui est « vague »,  « insaisissable », évitant « toujours de poser les questions d’une manière claire et résolue : il recherche toujours la résultante, il a des louvoiements de couleuvre entre deux points de vue qui s’excluent cherchant à « se mettre d’accord » avec l’un aussi bien qu’avec l’autre, et réduisant (les) divergences à de légères modifications à des doutes, à des vœux pieux et innocents, etc. » (Lénine) ; en un mot, c’est l’opportuniste par excellence.

Donc écoutons-le, et chaque fois qu’il s’agira de l’entendre, ayez cette définition en tête : 

- Igor : Je commencerais par un détail, mais qui est de fond. De façon spontanée, nous avons voulu prendre des initiatives personnelles, si ça continue, c’est grave. Un petit détail : je pense que provisoirement, nous sommes obligés d’assumer les erreurs commises par des camarades qui prennent des initiatives isolées. Sur le cas de Bruno, je n’ai rien à dire, sur le cas de Kévin, je pense qu’il faut plutôt insister sur les aspects positifs. Il n’a pas réussi à s’en tirer. (Souligné par nous — CPO). C’est  parce qu’on n’a pas encore tiré toutes les leçons de l’expérience passée. Par exemple sa tentative de vouloir susciter des débats de ligne au sein de l’O“C”V.

Par exemple : au PAI, il y a eu des gens qui ont voulu susciter des débats de ligne. Il a continué dans la voie de la facilité. Il était dans une situation où il se recherchait. Partant de là, il s’agit de voir en de ça de l’erreur, de prendre des dispositions. Sur les dénigrements on n’y peut rien. Il faut coûte que coûte faire connaître nos positions ; ce qui est sûr, c’est que dans la situation actuelle, on tire à vue.

 

A chacun d’apprécier !

Après toutes ces interventions, le camarade Kévin a trouvé nécessaire de répondre aux différentes critiques en les rejetant presque toutes, en tout cas pour l’essentiel. Si vous n’avez jamais vu un homme qui ne commet jamais d’erreurs, en voilà un.

Depuis que nous le connaissons, nous ne l’avons jamais surpris en train de dire, « Ah, Oui ! sur ce point, je me suis trompé, j’ai commis une erreur ». Tout le temps en train de se justifier, même quand il s’agit de critiquer les erreurs tant au niveau de masse (UGEV, AEVF ) qu’au niveau de l’O“C”V. Lorsqu’il était encore 1er  responsable, même à ce niveau, il est tout le temps en train de remettre toutes les responsabilités sur X, qui s’est opposé à... 

Tous ceux d’entre nous, qui aujourd’hui ont eu à l’approcher, peuvent en témoigner.

Laissons donc la parole à Kévin :

- Kévin : j’aimerais noter deux faits :

-   j’apporterai le contenu exact de la lettre dans le but de voir, comment les autres vont l’utiliser.

-   Moi aussi, je  pensais à l’utilisation possible qu’on pouvait en faire.

Ceci dit, il y a une partie des analyses de Georges, que je ne partage pas. Je n’ai jamais été effrayé par une organisation qui en arrive à limiter sa lutte à une question d’individus. Toute organisation qui met en avant des individualités, c’est le signe de la dégénérescence [comme c’est bien dit !] Autre chose, en mettant des individus en avant, cela permet de couvrir les autres [De mieux en mieux, de généralités en généralités]. Ce point ne m’inquiète pas. Cela montre jusqu’à quel point ils sont tombés dans une vision réactionnaire.  Cela conduit au mépris des masses [mais, la question n’est pas là, cher ami ! tu te perds dans des généralités ; pourquoi tu t’embrouilles ?]. La théorie des meneurs n’est propre qu’aux réactionnaires. C’est ce point que je  voudrais qu’on approfondisse, au lieu de voir en cela, le problème d’un individu [Non, camarade, tu ne vas pas nous divertir]. Mieux, cela permet de mesurer la capacité idéologique de tout un chacun par rapport aux classes et à la lutte des classes [ ça y est, si quelqu’un  ne voit pas les choses ainsi , tel que Kévin voudrait qu’on le voit, il  a des insuffisance idéologiques. C’est vite dit.]

Un aspect délicat, c’est celui que Robin a soulevé, sur le point qui disait ceci : «  Les positions que j’assumais, etc… » [ça y est : le coq a fait l’éloge du coucou, parce que celui-ci fait l’éloge du coq ; quoi de plus normal !]. J’avais fait des autocritiques et maintenant je dis que je ne regrette pas. Sa solution existe dans le sens suivant : pour tout élément d’une certaine maturité idéologique, toute autocritique d’un camarade ne peut constituer un élément de sa condamnation. Si la conception erronée de l’autocritique demeure dans l’esprit d’un élément organisé, je m’excuse, mais je ne peux pas m’organiser durablement avec lui. Il faut que ce soit bien vu. Sinon la tendance sera au fractionnisme, chaque fois que l’on discutera sur les erreurs et sur l’autocritique [malheureusement, c’est toi camarade qui n’a pas eu une juste compréhension des critiques, ce qui t’a poussé aujourd’hui à des activités fractionnisme ; comme quoi, sur des généralités on peut créer l’unanimité de façade ! ]

En conclusion, il s’agit d’un affrontement idéologique. On ne peut rien contre les magouilles !... Il faut plutôt voir les tactiques de l’ennemi de classe, mises sur pied pour nous combattre. Il y a un élément qui a été relevé à propos de l’expérience du PAI. Mais le cas est un peu différent, parce que c’était là des éléments sincères qui se posaient des questions qu’il fallait poser. J’avais été le premier [ Notez ! ] à demander que l’on cherche à discuter avec des éléments honnêtes qui parlaient d’erreur envers un individu.

[Interruption par Igor].

Igor :  Mais où est-ce que tu mets leur attachement avec l’organisation ? Ne faisaient–ils pas aussi de l’organisation un fétiche? Où est la relation dialectique entre l’organisation et l’homme ?

Kévin  : je n’ai pas eu à examiner cet aspect. J’ai eu à leur montrer des positions que je voulais faire passer à leur niveau. Il s’agit bel et bien d’une lutte idéologique. Même si je dégénère, les idées justes que j’ai défendues seront reprises par d’autres et ma cause vaincra. Le souci qui m’animait était de mettre fin à l’aspect individualiste [on a même parfois envie de pouffer de rire, surtout dans la logique de tout le raisonnement, cette phrase sonne faux].

J’ai même vu cette lettre comme un piège dans lequel ils pourraient tomber [piège d’individualisation ! ]

Une observation que je tiens à faire, c’est que l’O“C”V est condamnée à effectuer un travail de flic. Il ne faut pas négliger ce problème. Il faut voir les implications organisationnelles que cela nécessite.

Ceci dit, des initiateurs peuvent déconner, on les remercie et on continue.

Même si des flics organisent les ouvriers, si vous pouvez vous y infiltrer et les tomber, vous les remerciez et vous continuez ! cela entraînera une fusion.......……………-léniniste et groupe petit-bourgeois …. éait…………………………….[ Les pointillés sont les parties illisibles du document, que les souris ont rongé ]

Ne pas perdre le temps dans «  fallait-il faire ou non, mais voir ce qui peut être réparé.

Même dans la motion le problème des noms et adresses, ce n’était pas à faire [ le  médecin après la mort ! ]; mais une période de tâtonnement nécessaire, il faut savoir tirer le trait d’une façon positive sur ces périodes- là. [Vous voyez ! quand il s’agit d’analyser une de ses erreurs, Kévin parle de tirer un trait de façon positive. Mais souvenez-vous quand il s’est agi de juger notre action durant cette période, c’est uniquement avec un trait négatif que cette période a été marquée.].

 

[suit un croquis commenté représentant l’égo de Kévin : dans la période, tout ce qui avait été fait sans moi, n’est que bêtise, spontanéisme, etc..

Toutes les bêtises faites par moi, ne doivent pas être prises pour telles, mais positivement. C’est le symbole de l’homme qui se croit au centre de l’univers.]

 

A la fin de l’intervention de Kévin, Don-Donis demanda une « information » pour dire ceci :

- Don-Donis : l’objectif, c’est voir les aspects négatifs et voir comment y pallier. Kévin pose mal le problème en disant que ce sont les autocritiques qui déstabilisent les camarades. De toute façon, j’attends le point du bilan critique pour intervenir à fond.

Kévin intervient pour clore le point.

- Kévin:   Mon intervention a valeur de position de principe.

 

Il aurait été plus juste de dire «  mon intervention a valeur de position relevant de généralités ».

Après avoir pris connaissances de ce bref débat au sein du ND, les camarades conviendront avec nous, que nous ne leur avons pas fait perdre leur temps, en retranscrivant intégralement (presque) le contenu des différentes interventions. Ainsi, chacun pourra se convaincre de la façon dont les questions idéologiques sont débattues et résolues au sein du ND.

 

b) Compte rendu du voyage en Albanie

En d’autres circonstances, nous pourrons revenir sur ce voyage en Albanie de deux de nos camarades. L’aspect que nous désirons soulever en abordant ce point c’est mettre en relief, la conception du camarade Kévin par rapport à l’organisation.

Du fait de ses relations avec un membre du comité central du PTA, nous l’avions chargé de remettre une lettre de recommandation aux deux camarades qui effectuaient le voyage. La lettre consistait à faire un bref aperçu de la situation au sein de l’O“C”V et de la scission intervenue. En outre, la lettre pouvait constituer une ouverture pour les deux camarades qui pourraient développer dans les détails les sujets de divergences qui ont conduit à la scission.

Il serait important que le camarade Kévin, nous livre encore un exemplaire de cette lettre, car cette lettre pose le même problème que la lettre envoyée aux pays à certains camarades. Qu’est-ce qui y était dit :

— « Moi Kévin, je n’ai pas changé. Je reste un défenseur intransigeant de l’Albanie. Seulement au sein de l’O“C”V, on a opéré un « putsch »  contre ma personne. »

 

Voilà, c’était là, l’essentiel du contenu de cette lettre. Comme chacun peut s’en rendre compte, nulle part il n’est question de l’organisation. C’est la même chose que la première lettre que nous avons examinée : rien que la mise en avant de l’individu.

Nulle part, il n’était fait mention même dans cette vision individualiste des trois (3) autocritiques écrites faites par le camarade Kévin au sein de l’O“C”V.  Ce qui est une faille certaine, car il est certain, que les autres quand ils se présenteront devant les Albanais produiront ces trois autocritiques comme pièce à conviction. On se souvient que lors de son intervention sur ce point, Don-Donis avait eu à mentionner les points suivants :

 

— « la question des autocritiques doit être liée à celle du fractionnisme dont le camarade a été accusé, car quelqu’un qui cherche à faire une fraction pour faire passer la théorie des 3 mondes, il est tout à fait normal qu’une fraction se constitue pour l’écraser.

La question ainsi posée se retourne contre nous. »

En effet, telle que les choses se sont passées, il est d’ores et déjà certain, que nous nous sommes aliénés la sympathie des Albanais. A moins qu’un travail de clarification soit effectué à ce niveau. D’ailleurs au niveau du ND, le camarade Kévin avait été chargé de rentrer en contact avec l’ambassade d’Albanie, pour réparer l’erreur.

 

Voilà un autre élément qui prouve bien ce que certains comptent faire de notre organisation.

 

c) Le point du bilan critique

Le projet de Bilan critique qui nous fut présenté par le camarade Kévin était un concentré de généralités. Or, on ne pouvait tirer sérieusement des leçons positives, à partir de généralités, car rien ne sert de venir coucher des généralités sur le papier, tout en étant sûr que dès le lendemain, on les foulera aux pieds.

Nous reprenons ici l’intervention de Don-Donis dans le débat, puisque c’est dans cette rubrique qu’il avait réservé son appréciation de la lettre de Kévin.

Voilà le contenu de son intervention :

- Don-Donis : je me suis inscrit en tête de liste afin d’ouvrir les débats. D’entrée de jeu je pense qu’il aurait fallu illustrer le bilan par des exemples concrets ce



14/01/2016
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