Parcours

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Deux pratiques, deux lignes politiques au sein de l’ AEVF


Deux pratiques, deux lignes politiques

au sein de l’ AEVF

et

réponse au dit

Comité exécutif de

l’AEVO

 

 

 (Août 1978)

 

 

 [p.0]

 

 INTRODUCTION

 

      Depuis au moins un an, une crise latente se précisait au sein de la sous-section (AEVF) de Paris. Le Comité Exécutif de l'UGEV étant en même temps CE de l’AEVF et de la sous-section de Paris, il est clair qu’une crise politique à Paris se répercute nécessairement dans l’ensemble de l’UGEV. Mais d’un niveau à l’autre, il y a tout le processus d’évolution de la crise que l’on se doit de considérer pour ne pas courir plus vite que les évènements.

     Aujourd’hui la crise est ouverte à Paris, tout au moins. Les problèmes posés sont des problèmes politiques de fond qui nécessitent une solution politique de fond. C'est pourquoi la grande majorité des militants de Paris ont vu la nécessité d'exiger du CE, la tenue d'une Assemblée Générale extraordinaire de la sous-section pour se pencher sur la situation. Le CE a catégoriquement rejeté de façon bureaucratique la motion d'appel qui lui a été adressée.

     La réalité, les faits nous prouvent à l'évidence que les membres du CE sont des « orphelins politiques ».Ils sont incapables de faire face à la crise actuelle. Ils ont peur de la base. Ils n'osent pas et ne peuvent pas oser poser les prob1i3mes ouvertement et affronter le débat politique au sein de la sous-section de Paris et au sein de l’AEVF. Les « pères politiques » du CE sont loin, très loin de Paris et néanmoins, il fallait nécessairement s’en remettre à eux. Le très long silence du CE face à la crise est principalement dû au temps nécessaire pour recevoir les directives de leurs maîtres à penser .

      La prise de position publique du CE de l’AEVO (Cf. « De quelques éléments sur l’expérience historique de l’UGEV dans la lutte contre l’opportunisme)est concrètement la bouée de sauvetage envoyée dare-dare pour tenter de tirer le CE (AEVF/UGEV) du bourbier où il s’est lui-même enfoncé.

Hélas ! Le CE de l'AEVO ne peut pas (bien qu'il le veuille) se poser en « censeur et juge » des problèmes internes de la sous-section de Paris et espérer résoudre des questions en lieu et place de l’ensemble des militants de Paris, de la France et de l’UGEV ; en lieu et place du CE de la sous-section de Paris (CE de l’AEVF et de l’UGEV).

       Sous le couvert de l’AEVO, les maîtres à penser du CE de l'AEVF-UGEV,  nostalgiques du mouvement étudiant, se sont hâtés de coucher sur papier toutes leurs irritations et toutes leurs angoisses, fort justifiées d’ailleurs ! Mais pourquoi courrez-vous au-devant des évènements ? Chers « idéologues », véritables parrains politiques de notre CE ?

        Pourquoi vous pressez-vous? N'avez-vous pas compris ce fait bien simple, que cette [p.1] brise qui Souffle sur la France, à Paris, se transformera en un puissant ouragan qui vous balaiera, vous et vos petits larbins serviles. Mais combien, nous vous comprenons, vous avez la conscience du voleur mal repenti. Mais prenez patience, et attendez votre tour. De grâce essayez tout au moins de sauver les apparences! Faites au moins semblant de faire confiance à vos larbins de Paris, à qui vous avez offert sur un « plateau d'or » tout l’apparei1 syndical bureaucratique.

         Que croyez-vous, en agissant comme vous l’avez fait ? Croyez-vous pouvoir nous attaquer, sans nous donner la possibilité de contre attaquer ? Erreur grossière que seuls des bureaucrates mal repentis peuvent commettre. Nous assumerons nos responsabilités jusqu’au bout. Jusqu'à présent nous nous sommes inspirés des principes du bon droit, de l’avantage et de la mesure. En observant de tels principes, nous fondions encore des illusions quant à la à la capacité et à la clairvoyance politiques de notre Comité Exécutif, à résoudre les problèmes internes. Nous ne savions pas que la bureaucratie, que ce mal, vous le ressentez, jusqu'à la moelle épinière, pour pouvoir vous en départir et avoir quelque moment da lucidité. Mais si tels sont vos désirs, soit! Mais sachez une chose! Nous vous suivrons partout où vous amènerez le débat. Nous n’avons rien à y perdre, mais tout un monde à gagner. Nous ferons la riposte du tic au tac.

      En agissant comme vous l’avez fait, vous êtes tombés bas. Vous ne reculez plus devant la facilité. Vous érigez le mensonge, la calomnie en système de direction, à l’image du tristement célèbre MLN. Mais que craignez-vous donc « parrains et filleuls politiques », pourquoi mentez-vous ? Vous craignez précisément la vérité. Vous mentez pour faire disparaître, par un climat malsain, la violence des attaques et l’ordure, toute possibilité d’expliquer la vérité.

      [P.2] Vous êtes des hommes finis qui cherchez à vous accrocher même au prix du mensonge, de la calomnie, etc.. Car seuls des hommes finis ont recours à de pareils procédés.

« Seule la vérité est révolutionnaire » ; cette maxime bien connue, vous avez vite fait de l'empocher pour les besoins de la « cause ».

       Mais tremblez, champions du mensonge et de l'hypocrisie !

Tremblez fauteurs de calomnies et des intriques les plus cyniques. Votre heure a sonné, car les militants de l’UGEV se réveillent. Ils exerceront leur esprit critique et d'analyse sur le flot de calomnies que vous avez commencé à répandre.

 

I. A Propos de quelques contre-vérités

 

1) Comment nous avons pris le CE pour cible ?

      Pour faire avaler leurs calomnies, les bureaucrates (CE de l'AEVF et "CE" de l'AEVO) aiment se référer à foison, de citations tirées du précieux document de l'ASV, « La liquidation des liquidateurs » , en leur donnant une interprétation tout à fait tronquée.

Nous consacrerons tout un chapitre particulier sur la façon frauduleuse d'utiliser l'expérience de luttes de l'ASV.

      Un passage de ce document, que le « CE de l'AEVO » cite d'ailleurs, parlant des erreurs que le CE peut commettre, affirme ceci:

« les militants se doivent de critiquer ces erreurs en partant toujours du désir réel de renforcer l'organisation et non d'amener une désunion entre le CE et la base. De telles pratiques sont des pratiques d' éléments opportunistes liquidateurs ».

 

       C'est fort juste! Et nous ici, à Paris, nous nous sommes toujours inspirés de ce principe et ce n'est pas le CE de l'AEVF qui va nous dire le contraire. Nous avons usé de ce principe, avant que les choses n'arrivent au stade où elles sont.

       Dès le début de cette année, un certain nombre de camarades prennent leur courage à deux mains (ce n'est pas trop dire, pour qui connaît l'atmosphère existant au sein de la sous-section de Paris, où l'on risque de se faire taxer d'opportuniste en voulant porter des critiques), ont saisi les membres du CE, pour leur faire part d'un certain nombre d’observations. Il s'agissait :

a)  d'attirer l'attention du CE omnipotent sur l'atmosphère d'hypocrisie de calomnies, qui s'était instaurée dans la sous-section, à la place d'une atmosphère de franchise, basée sur le principe révolutionnaire de la critique et de l'autocritique. Atmosphère que le CE lui-même cautionnait en encourageant le larbinisme politique.

 

b)   d'attirer l'attention du CE omniscient, sur le fait qu'est en train d'être substituée à la politique juste de la mobilisation suivie jusqu'à lors, une politique nuisible de « porte close » ce qui conduit tout droit au sectarisme néfaste;

 

c)   d’attirer l'attention du CE infaillible, sur le bureaucratisme en tant que forme de direction. D’attirer l'attention du CE infaillible, sur le fait qu'à la discipline consciente s'était substituée la soumission aveugle aux « autorités » bureaucratiques;

 

d)  d'attirer l'attention du CE, sur le fait que l'éthique révolutionnaire de membre de notre organisation, a cédé le pas à la morale bourgeoise et petite-bourgeoise des carriéristes (arrivistes), des hommes serviles et hypocrites;

 

e)   d'attirer enfin l'attention du CE « garant de la ligne » sur la nécessité de sortir la sous-section de la léthargie dans laquelle il l'avait plongée, et ce, sans raisons apparentes valables.

 

      Face à ces critiques, quelle fut l'attitude du CE ?

Usant de l'hypocrisie, le CE fit semblant d'être affecté et promis d'y parer au plus vite. En ce moment l'appréciation que le CE a porté sur ces camarades, montrait qu'ils avaient à cœur, la survie de l'organisation.

 

      [p.3] Que s'est-il donc produit en l'espace d'un mois, pour que des camarades que l'on tenait encore pour défenseurs de l'organisation soient présentés comme des liquidateurs opportunistes de cette organisation?

       Voilà une question très troublante, pour les bureaucrates.

      Il s'est passé ceci, que depuis la promesse verbale du CE, il s'est écoulé un mois, deux mois, et toujours rien.

 

       Pendant ce temps la situation se désagrégeait. Le mécontentement des militants montait de plus en plus face aux conséquences néfastes des pratiques sectaires et bureaucratiques. Ils exigeaient avec insistance la reprise des activités des cercles que les responsables avaient gelées sans raisons valables.

Quand le CE fut ressaisit, il prétendit avoir entrepris des enquêtes au niveau de la Maison de Haute-Volta (sise Rue Fessart Paris) où les problèmes étaient des plus aigus.

       Les enquêtes sont une méthode de travail révolutionnaire et on ne pouvait voir cela en mal. Mais seulement, il s'est trouvé que de bout en bout les enquêtes ont été cousu de sectarisme. Nous y reviendrons.

      Pendant que le CE bureaucrate et ses larbins serviles se livraient à leur enquête policière, la situation avait évolué, et était devenue d'ores et déjà incontrôlable. Pour parer au plus pressé, ils s'enfermèrent entre les quatre murs de leurs « bureaux » et en sortirent avec une solution magique saupoudrée de sauces « analytiques » à la faveur de la montée du fascisme dans les principaux pays impérialistes et tout en particulier en France. Ils y ajoutèrent d'autres ingrédients sur lesquels nous reviendrons. Tout cela dans le seul but d'étouffer le mouvement d'indignation, couvrir les larbins et asseoir leur autorité.

       Il faut éclaircir les choses puisqu'on tente de les noircir, de les couvrir par un écran de fumée. Nous espérons que personne ne verra du mal au fait que l'on veuille éclaircir les choses ?

Quant aux gens qui préfèrent les allusions obscures dans l'espoir que certains ne les comprennent pas, nous leurs dirons cette vérité évidente : «  Les militants de l'AEVF, de l'UGEV, veulent connaître la vérité, veulent voir clair dans les problèmes de l'organisation et ils finiront par y voir clair. »

 

       Enfin poursuivons.

       Le CE contacte individuellement certains camarades du cercle de Fessart, concernant son projet de création de cellules. Notons que ces contacts ont été arbitrairement sélectifs car, certains camarades furent écartés sans aucune explication, et donc objectivement écartés de l'AEVF. Les combinaisons magiques du CE aboutirent à la formation de trois (3) cellules hermétiquement étanches, en ce sens que pour le CE, des militants de cellules différentes ne pourront plus en fait avoir des discussions politiques entre eux. Voilà le genre de cellule décrétée par le CE, et cela dans une organisation de masse comme la nôtre!

« Quelle est l'analyse qui vous a conduit à instaurer au seul cercle de Fessart, cette forme clandestine (pas semi-clandestine) d'organisation? »

      Telle est la question qui a été posée par l'écrasante majorité des militants du cercle auquel on cherchait à imposer ces structures. Tout un charabia de bureaucrates leur fut donné, en guise de réponse. L'attitude des militants face à de tels charabias: ce fut une résistance face à l'inconsistance des arguments avancés par le CE omnipotent.

       Voilà en quels termes, l'écrasante majorité des militants du cercle de Fessart s'exprimèrent :

«  Nous ne sommes pas convaincus, quant à la justesse des arguments avancés par le CE. Le CE n'est pas sans savoir, que le problème de ces "nouvelles structures" vient se greffer à un certain nombre de problème existants. On ne peut donc vouloir résoudre ce problème de nouvelles structures en laissant de côté les autres. Aussi, demandons-nous une AG du cercle, afin de débattre de ces problèmes et d'y apporter tous les éclaircissements indispensables. »

 

        [p.4] Et au CE (par la voie d'un de ces membres) de répondre :

« Mais comment ! C'est du démocratisme petit-bourgeois (argument facile !). Les problèmes de structure c'est des problèmes de ligne. Quiconque est contre les structures est contre le CE, et est contre la ligne (c'est pas plus compliqué !). Et puis dites-vous bien que le CE peut prendre sur lui, la charge de dissoudre le cercle de Fessart, et il n'y aura rien (sic !). Et puis d'ailleurs, tous ceux qui vont contre la nouvelle structure seront exclus. (Ainsi parlait le CE omnipotent !) ».

 

      Mais hélas ! (hélas pour le CE omnipotent), la menace n'a pas produit l'effet souhaité. Elle a provoqué l'effet contraire.

« Nous désirons une AG du cercle pour voir résoudre les problèmes qui minent la vie de la sous-section. Nous le désirons, parce nous le savons possible. C'est notre dernier mot, arrive ce que pourra ».

 

      Ça, c'est trop fort !

      Comment des militants osent contester le CE omnipotent, omniscient ?

      Les bureaucrates n'en revenaient pas à leurs oreilles. Depuis quelques années, leurs oreilles n'ont pas été accoutumées à entendre de tels propos au sein de l'AEVF. Mais ils iront chercher la raison partout, sauf là où elle existe.

      N'est-ce pas là le fait des « opportunistes liquidateurs » qui sont en dessous d'une telle résistance opposée au CE ?

      Des « opportunistes liquidateurs, on en trouve toujours, il suffit de chercher. Et le CE ne mit pas du temps à en trouver.

     Des noms furent jetés en pâture. Ce sont les Valère Somé et autre Basiles Guissou. Ce sont «  les chefs de file » du Nouveau courant opportuniste (NCO) qui vient de faire son apparition au sein de l'AEVF.

      Le Mouvement communiste international (MCI) avait son NCO (le PC chinois avec tous les partis qui se rangeaient derrière lui dans la défense de la « Théorie des trois mondes »). Il fallait aussi à l'UGEV son NCO.

      Comme quoi, il y a des gens qui adorent les analogies faciles !

 

      Par le fait de l'attitude du CE, le problème s'étendit du cercle de Fessart, à toute la sous-section AEVF de Paris. Dorénavant, libre cours était donné à ce qui avait été de façon dissimulée, la pratique au sein de l'AEVF- Paris: étiquetages systématiques, calomnies de tout genre, etc..

     Animé du souci de la sauvegarde de l'unité de l'organisation, l'écrasante majorité des militants de la sous-section AEVF de Paris face au refus catégorique de convoquer une AG, engagèrent la procédure qui a abouti à la signature d'une motion, pour exiger la tenue de cette AG.

     Qu'on en soit arrivé là, atteste de la situation réelle qui prévaut dans cette sous-section où le CE essaye d'entraver la libre expression de la vérité.

     Cette motion fut décrétée « pétition » ou « manifeste anti-ligne » par le CE de la sous-section AEVF de Paris, CE de la section AEVF de l'UGEV et CE de l'UGVEV.

     Ci-joint la motion jugée de façon opportuniste, «  anti-ligne » par le CE :

 

« MOTION D'APPEL AU COMITE EXECUTIF POUR LA TENUE

D'UNE ASSEMBLEE GENERALE EXTRAORDINAIRE.

 

La sous-section AEVF de Paris traverse une situation de crise qui est apparue aujourd'hui au grand jour. La goutte qui a fait déborder le vase c'est le problème des nouvelles structures clandestines, décrétées et imposées par le comité exécutif aux militants du cercle de Fessart. Malgré le rejet catégorique de ses nouvelles structures par la grande majorité des militants du cercle de Fessart, le CE s'entête et refuse d'en tenir compte.

Au contraire on veut coûte que coûte faire « avaler la pilule » de gré (politique de charme) ou de force (menaces d'exclusion,etc.). Et pourtant démocratiquement la majorité écrasante a exigé fermement et en vain une réunion de cercle en bonne et due forme pour débattre de la situation.

Depuis le début de l'année syndicale 1977-1978 la sous-section (AEVF) de Paris a brillé par une absence totale d'activités: 

a) Le cercle de Ponia : 2 réunions :

     - une réunion pour le bilan d'activité de l'an passé et la réélection de la direction du cercle ;

    - une réunion pour la présentation du rapport d'activités pour l'année en cours. Aucun thème n'a pu être retenu pour une étude dans le cercle.

b) Le cercle de Lucien Paye une (1) réunion. A cette unique réunion le responsable sortant a présenté en même temps (et d'un seul tour de main) un rapport d'activité de l'année écoulée (1976-77) et un rapport programme de l'année en cours (1977-1978). Sa réélection était-elle acquise d'avance ?

[p.5]

c) Le cercle de Fessart : aucune réunion; objectivement aucune raison ayant trait à la situation dans cette résidence n'explique cette léthargie. N'est-ce pas une volonté délibérée de bloquer les structures véritables de l'AEVF pour les réduire au cadre étroit et sectaire des «  kolkhozes »?

d) Pour toute la sous-section de Paris il n'y a eu que deux assemblées générales, convoquées en catastrophe pour préparer les assises de l'AEVF :

    - Une AG pour préparer le Congrès de Noël 1977;

    - une AG pour préparer le Conseil d'administration (CA) de Pâques 1978.

 

Dans ces conditions, comment compte-t-on assurer de façon adéquate, la sensibilisation, l'information, l'organisation et la mobilisation aussi bien horizontale que verticale de la grande majorité des étudiants voltaïques et des militants de l'AEVF?

Cette crise évidente et ce malaise profond qui traversent la sous-section AEVF de Paris, sont les résultats inévitables du développement de certaines pratiques pernicieuses petites-bourgeoises : SECTARISME, BUREAUCRATISME, ETIQUETAGES SYSTÉMATIQUES, CALOMNIES et RAGOTS DE COULOIR, etc..

 

C'est ainsi que depuis le congrès de Noël 1977, où la délégation de Paris a pris la parole pour affirmer: « Aujourd'hui, le temps des dialecticiens et des grandes théories est terminé, etc. », il persiste un doute dans l'esprit des militants. On ne peut continuer à maintenir la masse des militants dans l'obscurantisme, le doute et la léthargie. En outre, une campagne sournoise d'isolement systématiques est mise en oeuvre à l'endroit de certains camarades et là encore, sans aucune explication politique claire. S'il existe en notre sein des opportunistes et des flics qui oeuvrent à la liquidation de notre association, il est indispensable de tenir informer l'ensemble des militants comme il se doit dans le cadre des structures.

IL EST TEMPS  QUE CELA PRENNE FIN !

 Vu toutes ces considérations, et face à la volonté consciente et délibérée du comité exécutif de bloquer toutes les structures de l'organisation pour déployer une politique de trafic d'influence de pressions et de menaces à peine voilées : L'ensemble des militants signataires de cet appel, soucieux de la santé politique de notre association et de sa juste ligne politique anti-impérialiste conséquente, exige de la part du Comité exécutif la convocation immédiate d'une Assemblée générale extraordinaire pour débattre de ces différents problèmes ayant trait à la situation de crise qui prévaut présentement dans la sous-section.

Nous osons encore croire que le CE ne vise pas à la liquidation de l'AEVF./. »

 

      Il faut noter, que dans le souci de respecter les normes organisationnelles, cette motion fut déposée auprès du Comité exécutif. A part les signataires de cette motion, aucun autre militant n'en prit connaissance à plus forte raison d'en conserver un exemplaire. Si la motion eut une diffusion extérieure à la sous-section, le CE en assume entièrement la responsabilité.

       Pris de peur panique par la gravité de sa politique le CE en fit des photocopies et les ventila à qui il veut. Ne comprenant pas clairement les manœuvres du CE, certains éléments (chez qui le servilisme rivalise avec la bêtise) à qui le CE communiqua clandestinement la motion, suscitèrent au regret du CE des débats en AG autour de la motion dans certaines sous-sections comme à Orléans (alors qu'à Paris, il n'y avait toujours pas eu d'AG).

      C'est ainsi, et pas autrement que les choses se sont passées. Nous n'avons pas commencé par ouvrir le feu sur le CE.

       [p.6] Face à nos critiques, c'est le CE qui s'est porté au devant des évènements, pour ouvrir le feu sur nous en nous taxant d' « opportunistes », de « liquidateurs » et même de « contre-révolutionnaire ».

       La motion ci-dessus produite, exigeait justement une AG de toute la sous-section de l'AEVF, afin que les « opportunistes », les « liquidateurs » que nous sommes, soient démasqués.

Voilà un fait unique dans l'histoire de l'UGEV, que les « historiens » engoués de l'AEVO et leurs maîtres spirituels de l'OCV, ignorent certainement.

       Depuis quand, on a vu les tenants de la ligne juste avoir peur des tenants de la ligne erronée ?

Et pourtant, messieurs les Historiens, prenez soigneusement note, car c'est là un fait unique qui risque de ne jamais plus se produire. La « ligne juste » a peur de la « ligne erronée ».

     Mais aujourd'hui le blocus, opposé à toute volonté d'apporter la lumière aux faits, montre bien que ce que nous avons considéré comme des erreurs (qu'on pouvait corriger) sont des convictions profondes, qu'on tente de justifier. Mais nous y reviendrons.

 

2) Comment on embrouille une question pourtant claire ?

 

      Restriction abusive, utilisation malhonnête et frauduleuse de l'historique de la lutte contre l'opportunisme au sein de l'UGEV, voilà dans quoi excellent nos historiens....

       A la page trois(3) du texte de l'AEVO, nous lisons ceci :

« Jamais l'on a vu les opportunistes avoué qu'ils sont contre la ligne de l'UGEV... les opportunistes ne commettent jamais l'erreur de ne pas terminer leurs discours par " vive la ligne... " »

 

       Pour illustrer ces contre-vérités historiques, le « CE de l'AEVO » (les guillemets veulent marquer le fait qu'il s'agit en fait des bonzes de l'OCV qui écrivent à travers le CE de l'AEVO) n'a pas pris la précaution de lire attentivement de bout en bout, le document de l'ASV (« La Liquidation des liquidateurs »). Sinon il aurait lu ceci:

« L'UGEV du temps des Madiéga Georges, des Ganaba, du temps où les activistes réformistes du MLN, pouvaient s'afficher comme tels, l'UGEV de ce temps là est révolue »(p. 5).

 

        Ce document montre bien que « l'école de Patrice Zagré » minimise la ligne de l'UGEV, et lui propose de lui substituer le Marxisme-léninisme. A la RNDP, il substitue la révolution socialiste.

         Voyez-vous, on n'a pas besoin d'aller très loin dans le passé, pour démontrer ce genre de contre-vérité historique. Mais à vouloir tordre le cou à l'histoire, on finit par se tordre le cou à soi-même. Bien du plaisir à vous !

      Dans la citation à laquelle vous vous référez, les camarades de l'ASV ne sont pas si étriqués que vous l'êtes. Ils n'utilisent nulle part le mot « jamais », à la place ils disent « aujourd'hui ».

     Voilà comment on essaye d'embrouiller les choses! A aucun moment, ni à aucun passage, les camarades de l'ASV n'oublient que la ligne juste a connu des moments difficiles dans le passé, précisément avant 1971 (année de l'historique Ve congrès) où les opportunistes tenaient bien en main la direction de l'UGEV et de nombreuses sections. Ne falsifions donc pas l'histoire, et débarrassons-nous de la vision unilatérale des choses.  Malgré le fait que vous dites qu’« aujourd'hui, le temps des dialecticiens et des grandes théories est terminé... »

        Quant à nous, cette « catégorie de camarades », ceux-là même qui ont « applaudi à se rompre les bras » le VIIe et le VIIIe Congrès, nous pensions, s'agissant des problèmes qui se sont posés jusqu'à lors, que c'était là des erreurs qui pouvaient être corrigées. Nous ne pensions pas encore, que le CE de l'AEVF développait ces pratiques bureaucratiques pour étouffer les débats, afin d'éviter l'approfondissement de la ligne. En effet, depuis le CA de la FEANF où l'appel fut lancé à toutes les sections pour un approfondissement de certains points, nous pensions que le CE de l'AEVF allait promouvoir des discussions autour de ces points.

        [p.7] Les points en réflexion sont les suivants :

    - bilan critique de la lutte contre les « ultra-gauches en apparence et opportunistes de droite en réalité ». Ceci, principalement pour déceler les erreurs commises, les positions et les arguments droitiers que nous avons utilisés et soutenus aveuglément.

    - La question de la direction de la lutte par la classe ouvrière.

    - la juste caractérisation de la super-puissance soviétique.

 

      Déjà dans des discussions avec le CE de l'AEVF, nous n'avons pas caché nos points de vue (ceci, d'ailleurs bien avant le CA de la FEANF). Nous avions déjà, dans ces discussions,  abouti à la nécessité politique d'affirmer dans nos analyses le principe révolutionnaire de la direction de la lutte par la classe ouvrière. Nous avions déjà opté pour la caractérisation plus profonde et conséquente de «social-impérialiste » concernant la « Super Puissance soviétique ».

      Le CE, hypocritement et de façon opportuniste, nous a fait croire qu'il partageait nos points de vue. Et que le problème résidait dans la difficulté qu'il y a à faire accepter ses points par la base. Nous avions proposé les voies et moyens adéquats pour y parvenir. Mais le CE a refusé.

       Nous étions bien loin de nous douter, qu'en fait c'est le CE de l'AEVF qui se refusait à admettre ces deux points, et qui projetait ses « insuffisances », disons plutôt, son opportunisme, sur les militants.

      Le CE de l'AEVF a prétexté la « jeunesse » des militants de l'AEVF, argument vraiment risible: «  la base est jeune et il ne faut pas l'ébranler. »

      Tout en avançant ces considérations opportunistes, le CE tenait le langage suivant:

« D'ailleurs la thèse importante du VIIIe Congrès de l'UGEV a résolu le point de la direction de la lutte. »

 

        Mais voyons de plus près la fameuse « thèse du VIIIe Congrès » et comment elle a «  résolu » le problème de la direction de la lutte par la classe ouvrière.

La voiçi :

  « Si en Haute-Volta il naît un parti communiste qui mobilise et dirige les masses dans la lutte contre l'impérialisme, principalement français et ses valets locaux, pour la réalisation de la REVOLUTION NATIONALE DEMOCRATIQUE et POPULAIRE, eh bien, un tel parti communiste, nous le soutiendrons et cela dans le cadre du Front Uni Anti-impérialiste que nous préconisons ». (Cf. UGEV, VIIIe Congrès, p.120).

 

       Ce que vise cette thèse du VIIIe Congrès, c'est combattre l'anti-communisme, un point c'est tout. Elle a été adopté essentiellement pour la lutte contre les anti-communistes  ceux du MLN/UPV dont « Sandwidi Yacinthe est l'échantillon le plus représentatif ». C'est pourquoi, nous l'avons applaudi. Mais dès lors qu'on veut lui donner une importance démesurée couvrant des questions de principe, nous rejetons cette nouvelle interprétation, nous cessons d'applaudir. Continuer d'applaudir serait cautionné des positions opportunistes (refus de reconnaître la nécessité de la direction de la lutte par la classe ouvrière) qu'on tente de camoufler avec cette thèse.

      Vous êtes en fait des réformistes, bien que vous prétendez être plus que ce que nous n'êtes en réalité: des petits-bourgeois radicalisés et qui s'en défendent avec acharnement (souvenez-vous de la déclamation hautaine du Président de l'AEVF, Jean-Baptiste Sow, lors d'une AG de la sous-section de Paris : « Nous ne sommes pas des petits-bourgeois ici » (Sic !)

       Nous avons applaudi le VIIIe congrès à nous « rompre les bras », parce qu'il a constitué un puissant coup porté contre les membres du Nouveau courant réformiste (NCR). Cette lutte, nous l'avons tous menées ensemble.

       De même nous avons « applaudi à nous rompre les bras » le VIIe Congrès de l'UGEV, car il jeta les fondements de la faillite complète du MLN, en particulier en milieu étudiant. Les acquis de ces différents congrès, nous continuons et continuerons de les faire nôtre. Seuls des gens qui répudient la dialectique, qui ont comme boussole la métaphysique et qui sont avides surtout de prestige personnel, peuvent s'arroger la paternité de ces acquis. Or des métaphysiciens, il y en a (et du reste ils l'avouent d'eux-mêmes). Nous ne serons donc pas surpris que des voix s'élèvent, pour nous contester le droit de nous réclamer de ces différents congrès de l'UGEV.

       [p.8] De même que nous nous sentons engagés par les acquis positifs de ces différents congrès, de même nous ne pourrions nous dérober quand il s'agit de parler de leurs insuffisances.

Dans l'important document de l'ASV, auquel nos historiens aiment à se référer, sans jamais saisir les enseignements essentiels qui y sont contenus, il est dit ceci:

« Reconnaître ouvertement son erreur, en découvrir les causes, analyser, la situation qui l'a fait naître, examiner attentivement les moyens de corriger cette erreur. Voilà la marque d'une attitude sérieuse de la part d'un militant qui se veut révolutionnaire. C'est cette attitude courageuse qui fait grandement défaut à bien des militants au sein de l'ASV » (p. 17 et 18)

 

      Quelle déception pour les militants de l'ASV, s'ils se rendaient compte, que cette attitude courageuse fait grandement défaut à leur CE « omnipotent et omniscient », au CE de l'AEVF et de toute l'UGEV? 

      Vraiment quelle grande déception ce serait! Ce qui nous différencie sur cette question des acquis des différents congrès et de leurs insuffisances aujourd'hui, des opportunistes de droite à la direction de l'AEVF et de leurs suppôts conscients à la base, c'est que nous, nous osons reconnaître ouvertement ces insuffisances, voire erreurs. Nous osons les critiquer, pour clarifier la ligne et l'approfondir. Tout autre est leurs attitudes.

      Pour les bureaucrates reconnaître qu'ils ont  eu une attitude erronée par rapport à un point bien donné, cela diminue leur prestige aux yeux des militants. Mais quels sont ceux qui cherchent coûte que coûte à asseoir leur prestige sur des contre-vérités, sur des calomnies, sur des positions erronées, sinon les bureaucrates!

      En tout temps et en tout lieu, ce sont les bureaucrates qui développent l'obscurantisme au niveau des masses, afin de toujours continuer à les dominer. Il est tout à fait normal, que cela provoque une levée générale de boucliers. Chaque fois qu'on cherche à jeter un brin de lumière dans la conscience des militants, cela gêne fort sérieusement la tranquillité des bureaucrates. Voilà des « révolutionnaires » qui ne sont pas encore parvenus au pouvoir, et qui excellent déjà dans l'art d'étouffer et d'abêtir les masses.

       On oublie trop souvent cette vérité élémentaire. Ce faisant, comment voulez-vous que les masses se fient à vous, vous confient leurs soucis et leur destinée ?

Mais bref, revenons à notre sujet.

       Concernant la direction de la lutte, le VIe congrès de l'UGEV avait déjà eu à trancher la question. A la page 46 du document du Congrès, il est dit :

« ... les expériences historiques et sa place dans la production montrent qu'elle (la petite-bourgeoisie) ne peut mener avec conséquence et esprit de suite la lutte révolutionnaire jusqu'au bout; elle a des tendances au compromis. Compte tenu de cela, la lutte révolutionnaire doit être dirigée par la classe ouvrière et la paysannerie ».

 

        Il est bien vrai qu'aujourd'hui certains membres du CE de l'AEVF attribuent ce fait aux opportunistes du genre Madiéga et autres. C'est aussi vrai que la terre tourne ! Et pourtant elle tourne.

Au VIIe Congrès, une autocritique fut faite au sujet de la position du VIe Congrès sur la direction du front uni patriotique anti-impérialiste :

« A propos de cette question, notre 6ème congrès écrit :"...la lutte révolutionnaire doit être dirigée par la classe ouvrière et la paysannerie".

Il est erroné pour une organisation comme la nôtre de lancer une telle thèse. Notre Union en tant qu'organisation de masse anti-impérialiste des étudiants voltaïques patriotiques ne peut accréditer telle ou telle classe ou couche sociale pour la direction de la lutte, la direction du Front Anti-Impérialiste. C'est dans le feu de la lutte que les masses populaires voltaïques choisiront leurs dirigeants. C'est ceux qui, à travers leurs programmes, leur pratique révolutionnaire au sein des masses, vont se montrer les plus conséquent, les plus aptes à défendre les intérêts et à réaliser les aspirations des masses, c'est seulement ceux-là qui auront la confiance des masses et seront reconnus par elles comme leurs dirigeants et vont assumer la direction de la lutte. » (VIIe Congrès de l'UGEV, p. 86)

 

       [p.9] Cette autocritique marque un net recul par rapport à l'attitude positive du VIe Congrès. De là à dire « que ces congrès ont révisé le VIe Congrès (ce qui est vrai), que ce sont des congrès opportunistes », il y a un pas que nous n'avions pas encore franchi. Et pourquoi cela ? Parce que selon nous, ce sont là des erreurs, des insuffisances, qu'il convient de corriger.

       Or, dans l'important document de l'ASV, il est dit qu' à partir « d'une petite erreur, on peut toujours faire une erreur monstrueuse: il suffit d'y insister, de l'approfondir pour la justifier, de la mener à son terme. »

       Quand on est conscient d'une erreur, et que l'on se refuse à la corriger, et mieux, qu'on tente de la théoriser pour la couvrir, alors, qu'est-ce que c'est sinon de l'opportunisme?

      Aujourd'hui pleinement conscients de certaines insuffisances des VIIe et VIIIe Congrès, nous nous refusons de cautionner les attitudes opportunistes qui tendent de les masquer. C'est le cas pour le mot d'ordre du « front démocratique » adopté par l'UGEV de façon opportuniste.

     Concernant ce mot d'ordre, le CE a mis tout en oeuvre pour développer l'obscurantisme autour de cette question, et s'est refusé à toute autocritique. L'attitude de l'UGEV face à un tel mot d'ordre relève d'un opportunisme de droite et abouti aux mêmes conséquences que le mot d'ordre de « soutien tactique, démarcation stratégique » lancé par les organisations démocratiques dahoméennes dont l'AED (Association des étudiants dahoméens)  est partie intégrante.

      L'AED elle, a eu à observer une attitude courageuse et a fait son autocritique au sujet du mot d'ordre « soutien tactique, démarcation stratégique ».

N'allez pas parler de cela aux bureaucrates de l'AEVF-UGEV ; ils ont beau découvert une erreur de l'Union, ils s'entêteront néanmoins à la défendre!

      Les « historiens » maîtres à penser du CE de l'AEVF-UGEV affirment que « jamais l'on a vu les opportunistes avouer qu'ils sont contre la ligne de l'UGEV. »

     Malgré le fait que c'est là une contre-vérité historique, cela n'exclue pas le fait que les « opportunistes » que nous sommes n'ont jamais caché leurs positions allant dans le sens de corriger les insuffisances de la ligne. Se refuser aujourd'hui de corriger ces insuffisances, et les considérer comme des points forts et justes de la ligne, fait de la ligne une ligne opportuniste de droite, une ligne réformiste.

       En effet, une ligne juste se définit aussi comme une ligne qu'on approfondit en la débarrassant de ses insuffisances. Et nous, nous ne pouvons continuer de nous réclamer de la ligne que défendent les bureaucrates du CE de l'AEVF. Nous sauverons les acquis inestimables des différents congrès (depuis le Ve Congrès jusqu'au VIIIe Congrès) de la pourriture opportuniste dans laquelle on tente de les noyer.

      Nous affirmons que nous sommes désormais contre les positions de l'UGEV, positions que nous défendions, à savoir :

        - le refus d d'affirmer la nécessité de la direction de la lutte par la classe ouvrière ;

        - le refus de caractériser l'Union-Soviétique comme étant social-impérialiste ;

        - le mot d'ordre de « front démocratique » lancé par l'UGEV ;

        - la thèse du « Nouveau courant opportuniste qui n'épuise pas la théorie des trois mondes ».

 

     Nous soutenons les points de vue justes selon lesquels:

        - la direction de la lutte doit être assumée par la classe ouvrière ;

        - l'Union-Soviétique est une super-puissance social-impérialiste.

       - le « front démocratique » préconisé par l'UGEV est un mot d'ordre opportuniste et en dernière analyse contre-révolutionnaire.

      - Enfin, notre ligne politique et notre plate-forme anti-impérialiste ne doivent pas devenir un carcan rigide, qui nous empêche de nous prononcer sur tous les problèmes politiques qui se posent tant sur le plan international, sur le plan africain, que sur le plan national.

 

      Tous ces points, nous comptions les résoudre comme on résout les contradictions au sein du peuple. Dans votre entêtement opportuniste, vous avez fait passer ces contradictions non antagoniques au stade de contradiction antagoniques.

     Des divergences profondes nous opposent désormais. Il y a au sein de l'Union deux lignes diamétralement opposées : la ligne anti-impérialiste conséquente (la nôtre) et la ligne opportuniste de droite, réformiste (la votre).

      [p.10] Le voleur qui crie au voleur! C'est bien connu. C'est une astuce, vieille comme le monde. Vous ne réussirez à duper que ceux qui veulent être dupés (les opportunistes), mais vous ne duperez pas durablement les militants honnêtes qui constituent l'écrasante majorité au sein de l'UGEV.

Nous reviendrons plus en profondeur dans la suite de notre document sur certaines questions de la ligne politique. Ici, nous ne faisons qu'un aperçu sommaire.

 

III. SAUVEGARDER LE CARACTERE DE MASSE DE L'UGEV ET DE SES SECTIONS.

 

       Dans « 5 années de lutte de l'AEVF » (document d'une importance historique dans l'orientation anti-impérialiste de l'UGEV) contre les interprétations erronées du caractère de l'UGEV, il est dit:

«  le caractère de masse de l'AEVF ne découle pas du fait qu'il ne peut prendre de position politique comme l'affirment ces interprétations erronées, non! Ce caractère de masse découle directement de la diversité d'origine sociale, idéologique et confessionnelle de ses membres. » (p. 25).

 

      Pour ceux qui l'auraient oublié, nous nous sentons le devoir d'expliciter cette idée.

     En termes claire, cela veut dire que les origines sociales des militants sont diverses. Tels militants (et c'est la majorité) ont des parents paysans, tels autres ont des parents fonctionnaires (petits et grands), commerçants (petits et gros), etc.. La seule base d'unité, comme il est spécifié dans « 5 années de lutte », il faut la rechercher dans les sentiments patriotiques qui animent tous les militants de l'AEVF sans exception. Le « péché originel », on ne le connaît pas au sein de l'UGEV. Ce n'est pas parce que des parents de par leur position sociale, font partie des classes et couches sociales réactionnaires, qu'il en découle nécessairement, le fait que leurs enfants le soient aussi. Maintes expériences prouvent le contraire. On a vu des enfants de paysans trahir leur origine de classe, et s'engager à servir résolument les intérêts des impérialistes et des classes et couches sociales réactionnaires. Dans l'avenir, on verra des enfants issus de familles appartenant aux classes sociales réactionnaires, devenir de véritables révolutionnaires. De par même notre situation sociale, nous étudiants, sommes des intellectuels petits-bourgeois, appelés à constituer des réserves aux couches et classes sociales réactionnaires. Cela est connu de tous, et pourtant! Et pourtant, le Président actuel de l'UGEV, Jean-Baptiste Sow, ose affirmer le contraire. Dans une intervention, en guise de réplique à une délégation de l'AEC (Association des étudiants congolais) venue assister à une AG de la section AEVF de Paris, il a déclamé péremptoirement que: « Nous ne sommes pas de petits-bourgeois ici! ».

      Voilà des déclamations qui ont leur importance. A la question de l'AEC de savoir ce que nous sommes, une réponse n'a pas encore été donnée. Et nous attendons toujours, cher Président « vénéré » que vous nous répondez : qui sommes-nous au sein de l'AEVF, si nous ne sommes pas des petits-bourgeois?

        Poursuivant toujours à propos de la base d'unité, le document « 5 années de lutte » affirme ceci:

« cette base d'unité correspond à l'étape actuelle de la lutte en Haute-Volta. Tout étudiant progressiste voltaïque peut et doit l'accepter. Soulignons qu'en dehors de ces principes de base, toutes les divergences inhérentes à la composition de l'AEVF ressurgiraient inévitablement. Tenter de faire fléchir ce principe d'unité dans un sens ou dans l'autre revient tout simplement à briser le mouvement. La pratique de notre organisation est riche d'enseignements à cet égard. »(p. 25)

 

      Disons plus précisément que nous avons vu jusqu'à présent des tentatives de «  faire fléchir ce principe d'unité » à droite, dans la voie réformiste.

      Les tendances néfastes au sectarisme au révolutionnarisme, au purisme petit-bourgeois est l'autre revers de la médaille.

      « 5 années de lutte » qui est un document intéressant à plus d'un titre, poursuit:

« Par conséquent, il est absolument illusoire de penser que l'AEVF ou l'UGEV peuvent se muer en une sorte de fabricants de révolutionnaires [qu'on peut] parachuter sur le sol national, avec des recettes pré-établies quand aux formes d'organisation politiques [adéquates] aux méthodes de combat à adopter. Cette incompréhension du rôle de l'AEVF et de l'UGEV dans le processus de libération nationale est en elle-même un immense facteur de division »(p. 25).

 

       [p.11] Voilà des choses qui ont changé au sein da la sous-section de Paris-AEVF où nous avons le « privilège » d'abriter le siège de l'AEVF et de l'Union.

      Une « police politique » a été instituée à l'AEVF aux yeux de laquelle on est tenu de fournir un « curriculum vitae » avant de recevoir l'estampille sans laquelle on ne peut franchir les portes closes de l'AEVF. Or, dans « 5 années de lutte », il est affirmé ceci:

« De toutes façons, il n'y a jamais eu de milice à l'entrée du mouvement pour vérifier le curriculum vitae du militant. Le problème essentiel est qu'au sein de l'AEVF, tout adhérent est tenu de se conformer à ses principes politiques et organisationnels. »(p. 27)

 

       Cela relève bien entendu des temps immémoriaux! C'est tellement loin!

     Le CE et ses suppôts veulent faire passer l'organisation de masse à une secte de révolutionnaires « purs et durs ». La masse des étudiants, on ne cherche plus à les rallier à notre cause, à la cause du patriotisme révolutionnaire. Maintenant c'est des « purs et durs », qu'on recherche, de véritables bolcheviks (« la bolchevisation des militants » comme ils disent !).

     Le même document poursuit:

« Il est bien entendu que quiconque persiste à développer en notre sein une campagne en faveur d'organisation condamnée, ou à faire fi de la lutte anti-impérialiste pour une quelconque forme de regroupement encourt l'exclusion. »

 

      Cela est fort juste! On n'exclut pas un camarade du simple fait de son appartenance à une organisation condamnée par nous, mais seulement sur la base de sa pratique en notre sein.

       L'important document de l'ASV, « La liquidation des liquidateurs » qu'on s'acharne à vider de son esprit révolutionnaire est très clair à ce sujet. Il est d'ailleurs très clair sur bien des points sur lesquels nous reviendrons. A la page 58 de ce document, il est dit :

« l'UGEV ne peut définir dans l'absolu les relations personnelles que les militants conséquents peuvent entretenir avec des "personnes dangereuses". C'est à chacun, qu'il appartient en partant de la situation concrète, de déterminer ses rapports. En tout cas, des militants anti-impérialistes conséquents, ne peuvent continuer de nourrir des relations avec des éléments notoirement opportunistes qui oeuvrent à la liquidation de notre organisation. Voilà comment les militants conséquents appréhendent le problème des relations personnelles. »

 

1) Une politique de porte close

 

       Nous ne croyons pas à la théorie de la « masse réactionnaire ».

Les sectaires n'aiment pas entendre de tels propos, mais c'est comme ça, on n'y peut rien:

[p.12]

      * parce que dans toute société, les réactionnaires sont toujours en minorité. Cette vérité ne relève pas de notre volonté subjective. Elle est objective, n'est-ce pas, vous qui adorez parler du caractère objectif des choses?

     * parce que cette affirmation vraie pour une société prise dans son ensemble, l'est aussi d'une classe ou couche sociale faisant partie du peuple. Or, la petite bourgeoisie fait objectivement partie du peuple. Elle a cela de particulier que c'est une couche hésitante entre la bourgeoisie et le prolétariat. Sa couche supérieure identifie ses intérêts à ceux de la bourgeoisie. Elle est infime (une fois encore la vérité se confirme) par rapport à la grande masse de la petite bourgeoisie, qui, qu'elle le veuille ou non, surtout dans les conditions spécifiques de notre pays, est conduite par la dégradation de ses conditions de vie à s'allier au prolétariat.

     * parce que nous sommes, nous étudiants des petits bourgeois. Nous faisons partie de cette intelligentsia petite bourgeoise. Et chose plus importante, nous sommes une fraction de la jeunesse combattante de notre pays. La fraction la plus éclairée à l'heure présente. Cela, c'est tellement vrai que jusqu'à présent, nous avons été à la pointe des combats. C'est tellement vrai, que c'est nous qui avons les premiers pris conscience et contribué à la propagation des idées révolutionnaires dans notre pays. Cela nous le devons au fait qu'à l'instar de la jeunesse de tous les pays, nous aspirons à ce qui est neuf, progressiste et révolutionnaire.

 

      C'est pourquoi, si l'UGEV persévère dans sa juste politique de mobilisation des scolaires voltaïques, l'immense majorité de ces jeunes ne fera qu'adhérer aux idées révolutionnaires.

 

      Voilà la situation que les « objectivistes » petits-bourgeois veulent compromettre. Ils se contentent d'affirmer qu'« objectivement » tels éléments servent les intérêts de la réaction et s'en tiennent là.

Tout autre est l'attitude de l'objectivisme révolutionnaire, qui tout en reconnaissant ce fait, œuvre  à le transformer, œuvre à faire que cela ne continue pas de l'être.

      Ainsi, pour nos tenants de l' « objectivisme petit-bourgeois », au sein des étudiants voltaïques habitant à la Maison de Haute-Volta, il existe deux camps : le camp de la révolution et le camp de la réaction. Où plus exactement les étudiants dans cette Maison se divisent en deux camps irréconciliables.

      Voilà encore une fois de plus une façon honteuse de faire des amalgames. La tentation est trop forte hélas, de faire des analogies malheureuses.

      Mais, cette analyse en deux camps au sein de la petite bourgeoisie que nous sommes dans cette maison, sur quelles « contradiction fondamentale » ( nous allions ajouter, de notre époque) repose-t-elle?

      Bien sûr nous n'attendons aucune réponse, vous risquez de vous enfoncer davantage dans votre vision étriquée des choses.

Cette analyse en deux camps concernant les résidents de Fessart a le seul mérite d'aboutir en pratique à l'attitude de « porte-close ».

      A part la minorité des militants dans la Maison tout le reste constitue une « masse réactionnaire »: ainsi on se croise les bras. On ne se dégage plus de tâches pratiques. C'est tellement simple! On s'enferme dans le cadre étroit des dits « Kolkhozes », où l'on végète dans de longues envolées théoriques en guise d'analyses, où on se livre à qui mieux-mieux à voir qui est plus petit-bourgeois que l'autre. Un véritable cercle vicieux, le sectarisme nourrit le sectarisme. A défaut de véritables sujets de discussion, on se confine dans des petits détails qui à travers le prisme du petit sectaire, prend des proportions exorbitantes, de quoi déstabiliser des camarades sincères, pas encore habitués à de tels exercices intellectuels.

       Les sectaires ont mal lu la «  liquidation des liquidateurs » de l'ASV. Dans ce document on ignore l'analyse des étudiants en deux camps. On affirme ceci dans ce document :

«  au niveau de l'ensemble des étudiants voltaïques le choix se pose en ces termes:

     - être dans le camp du peuple, ce qui entraîne l'adhésion sincère et effective dans l'UGEV;

     - se tenir à l'écart de l'UGEV ou essayer de l'affaiblir par quelque action que ce soit, ce qui suppose que de façon objective on sert le camp ennemi.

La catégorie d'étudiants qui optent pour le deuxième terme de ce choix, a choisi de d'attirer sur elle le mépris combien funeste des masses populaires voltaïques . »

 

       [p.13] De là, à la vision mécanique et schématique de la division en deux camps, il y a un fossé que les sectaires de l'AEVF ont vite fait de franchir.

       Qu'il existe deux camps dans notre pays voilà un fait que nul ne saurait nier. Il y a le camp du peuple et le camp de la réaction. Ces deux camps, nous les déterminons en partant de la contradiction principale dans notre pays qui oppose l'impérialisme français en particulier et ses valets locaux aux larges masses populaires. La petite bourgeoisie du fait se sa position sociale et compte tenu de l'étape actuelle de la lutte de notre peuple fait partie objectivement du peuple. (cf. Les analyses de classes socialos au VIe congrès de l'UGEV). Mais c'est une classe très instable qui a des tendances au compromis, et qui peut passer du côté de la bourgeoisie réactionnaire de notre pays.

     Pour revenir à la situation à Fessart, l'analyse en trois catégories pour les sectaires, serai, tenez-vous bien, une « mini-théorie des trois mondes », taillée à la mesure des « mini-tenants du NCO (Nouveau courant opportuniste) ». Le mouvement communiste international (MCI) a son NCO; il faut bien que l'UGEV ait aussi le sien!

      Mais qu'est-ce que cette « mini-théorie des trois mondes » dit au juste: selon les tenants de la « mini-théorie des trois mondes », c'est-à-dire selon nous, il existe trois catégories d'étudiants dans la Maison Fessart. Remarquez que ce n'est pas là une innovation de notre part au sein de l'UGEV. Cette analyse est contenue dans le précieux document de l'ASV, « La liquidation des liquidateurs », qui est aujourd'hui utilisé de façon opportuniste par les maîtres à penser du CE et le CE lui-même.

      En très bref, les trois catégories dans la maison Fessart sont les suivantes:

      - une 1ère catégorie, constituée des militants de l'AEVF ;

     - une 2ème catégorie, composée des éléments intermédiaires: ce sont tous ces petits-bourgeois hésitants, tous ces éléments flottants qui ne militent pas, soit par insuffisance d'information et de formation, soit par peur de la répression. Ce sont des éléments qui n'ont rien contre l'association et qui ne le combattent pas.

     - une 3ème catégorie formée par les éléments irréductibles qui ont choisi de façon consciente le camp de la réaction et qui oeuvrent à la liquidation de l'association.

 

      De l'analyse en trois catégories, il découle le fait suivant, que les éléments de la 1ère catégorie (les militants) se dégagent des tâches: celles de renforcer les rangs de l'AEVF par une politique patiente de recrutement, de mobilisation horizontale et verticale. Toute chose qui est à l'opposé de l'attitude de « porte close » qui découle de l'analyse en deux camps, avec sa théorie de la « masse réactionnaire ». L'accroissement continuel des forces révolutionnaires, est la seule façon d'éviter la stagnation, et par suite de la détérioration de la situation. Elle prévient l'esprit de capitulation et la rupture d'avec la masse des étudiants. Toute chose qui est à l'opposé de la politique sectaire conduisant tout droit au « splendide isolement »: c'est le résultat aujourd'hui à Fessart.

       Il ne faut jamais oublier le fait que de leur côté les éléments irréductibles ne restent pas passifs. Ils oeuvrent par un travail de sape, à empêcher l'élargissement de nos rangs par les éléments intermédiaires. C'est dans la lutte et non pas à travers des pratiques sectaires que nous pouvons arracher les éléments intermédiaires, de l'influence nocive des éléments irréductibles.

Mais hélas! Pour les sectaires, les éléments intermédiaires n'existent pas: « ou tu es avec nous ou tu es contre nous. »

      Au nom de la lutte contre les « flics », on préconise une politique de « démarcation systématique » d'avec ces éléments intermédiaires. Le simple bonjour devient un acte politique grave. Comme si le fait de dire bonjour à un opportuniste ou à un réactionnaire, nous amenait à renier nos convictions militantes. C'est incroyable, mais c'est la pratique développée à Paris plus particulièrement.

     L'analyse en trois catégories repose sur une juste estimation des changements possible dans le rapport de force entre les forces révolutionnaires et les forces de la réaction. L'analyse en « deux camps », elle, signifie, combattre seul ; elle signifie le repliement sur soi-même et la transformation de l'AEVF en une secte. Cette analyse s'appelle: incapacité à repérer la cible principale.

       [p.14] De ce fait, on éparpille les forces au lieu de les concentrer pour acculer l' « ennemi », l'isoler et le combattre. Elle conduit au fait qu'on se refuse de se donner les moyens pour attirer vers nous une partie des éléments hésitants et neutraliser la partie adverse. En un mot, tout cela aboutit à travailler objectivement à aider l'ennemi. Elle repousse dans le camp ennemi un nombre important d'étudiants voltaïques.

     En pratique elle sert donc l'impérialisme. D'ailleurs, les deux analyses ont donné des résultats concrets et palpables dans la pratique. Les camarades de L'ASV, ayant opté pour la première, ont vu leur rang s'élargir et la section est plus forte que jamais.

      L'analyse en deux camps, et l'attitude sectaire dont elle relève, a fait aussi ses preuves dans la section AEVF de Toulouse, où les réactionnaires ont réussi à mettre sur pied une association parallèle à la section AEVF. C'est là un fait inédit, sans précédent dans l'histoire de l'UGEV (ceux qui aiment à se gargariser de mots et qui ont la prétention de vouloir donner « quelques éléments sur l'expérience historique de l'UGEV dans la lutte contre l'opportunisme », ont tendance à oublier ce fait d'une importance extrême, et cela pour cause!).

      Le poids politique et moral acquis par l'UGEV ces dernières années au sein des étudiants voltaïques, en impose aux réactionnaires qui n'osaient et ne pouvaient constituer des organisations parallèles. Malgré cela, à Toulouse, les sectaires ont battu une performance jamais égalée, en favorisant la création de l'AEVT. Quoi donc d'étonnant, que l'un des éléments sectaires, les plus influents de Toulouse (Karim Traoré), soit juché à la direction de l'AEVF et tente de rééditer sa triste prouesse!

      Comme nous le disions plus haut, la politique de « porte close » repose sur une conception infantile, puriste de la lutte. C'est cette maladie qui se manifeste aujourd'hui dans nos rangs. Pour les « puristes », les « révolutionnaires » de la phrase, la politique de « porte close » est l'unique « baguette magique » pour se prémunir contre les « flics ».

     Les principes révolutionnaires sont à l'opposé de cette maladie infantile que sont le purisme et le révolutionnarisme petit-bourgeois.

 

2) Le purisme et le révolutionnarisme : les « Kolkhoses ».

      

      Toute personne un tant soit peu informée, n'ignore pas que ces dernières années, s'est développée au sein de l'AEVF une forme de regroupement, surtout d'organisation de repas pris en commun. C'est ce regroupement qu'on nomme «kolkhose ».

      Bien qu'on affirme que ces « kolkhoses » ne sont pas des structures de l'AEVF, obligation est faite à tout militant d'en faire partie sous peine d'être taxé d'« opportuniste », de « petit-bourgeois individualiste non transformé ».

     Si on veut éviter de tomber dans la métaphysique comme les autres, il convient de voir les aspects positifs et les aspects négatifs de ces « kolkhoses ».

    Au nombre de ce qu'on pourrait ranger dans les aspects positifs, il faut compter le fait qu'ils contribuent à la résolution des problèmes sociaux que les étudiants ne cessent de rencontrer. C'est une forme de résistance contre les mesures répressives (les coupures de bourse notamment) que le régime néo-colonial de Lamizana ne cesse d'abattre sur les étudiants militants de l'UGEV. Ces « kolkhoses » constituent un cadre de regroupement de militants, ils permettent avec les débats qui s'instaurent de pallier à certaines insuffisances de la formation politique; cela, dans la mesure où les débats sont bien orientés et débarrassés de l'esprit mesquin, de « traquage », propre aux sectaires.

      [p.15] L'autre aspect du problème, c'est que très vite, ce cadre a créé l'illusion au niveau de certains éléments puristes, que dans une société impérialiste ou néo-coloniale, sans un changement fondamental, on pouvait arriver à transformer les petits-bourgeois que nous sommes en... en quoi ? (c'est la question d'ailleurs que nous vous posons).

       Le « kolkhoze » est devenu de fait, une ligne de démarcation entre militants et opportunistes. De ce fait, elle devient une structure avalisée par l'AEVF.

       Se démarquer de telles vues de l'esprit propre aux intellectuels petits-bourgeois radicalisés, c'est se démarquer de l'illusionnisme, de l'utopisme petit-bourgeois, si on peut s'exprimer ainsi.

Pour étayer notre argumentation, nous nous référons à une expérience des communistes (pas des petits-bourgeois) albanais, au moment de leur lutte de libération. Pour qui connaît la situation qui prévaut dans la sous-section AEVF de Paris, et qui la confronte avec cette expérience, l'analogie n'est pas sans intérêt. Ainsi, dans « La lutte anti-fasciste de Libération nationale du peuple albanais » (documents principaux 1941-1944) à la page 22, on peut lire ce qui suit :

« Les autres groupes se sont caractérisés par une rigueur extrême à l'égard des camarades, ce qui conduisait à contrôler les moindres détails de leur vie privée ; à les séparer de leur famille, à créer des collectifs artificiels, à les faire vivre dans de mauvaises conditions, toutes ces caractéristiques n'étaient en rien celles des collectivités communistes; mais cela donnait aux camarades l'illusion de tout sacrifier pour l'organisation. Ce n'est là que du sectarisme qui vous induit à concentrer votre attention sur les petites choses et vous détournent des actions d'une réelle ampleur. En outre, les mauvaises ambitions de certains accentuaient l'esprit de clan. »

 

       Cela se passe de commentaires ! Nous espérons que nos radicaux petits-bourgeois sauront en faire leur profit.

 

IV -LA DISCIPLINE REVOLUTIONNAIRE EST UNE DISCIPLINE CONSCIENTE ; ELLE EST L'OPPOSÉ DE LA DISCIPLINE MILITAIRE BOURGEOISE QUI ELLE EST AVEUGLE

 

 a) Bureaucratisme et servilisme politique.

 

        L'esprit de discipline atteint par les militants de l'UGEV en général et de l'AEVF en particulier, est tellement développé que quiconque ose contester cela, est un vulgaire menteur. Cet esprit de discipline développé à l'excès s'est transformé en servilisme. Cela, les bureaucrates de toute sorte en font une fierté et clament à qui veut les entendre, que le mouvement étudiant voltaïque est le mouvement étudiant « le plus discipliné d'Afrique ». Et en bons métaphysiciens, ils en usent et abusent.

      A la discipline révolutionnaire, consciente, s'est petit à petit substituée la soumission aveugle aux « autorités ». Cela a conduit à l'étouffement de l'initiative des militants, ce qui consolide les assises du bureaucratisme. Les bureaucrates du CE interviennent à tout propos et à propos de tout. Tout doit être décidé par eux. Pour se lancer dans une action, les militants doivent s'en référer au CE. Le CE quant à lui, se contente de consulter tout juste (et ça encore !) quelques militants, tout juste pour dire qu'il l'a fait. Pire, les militants en arrive à perdre la parole. Dans les « kolkhoses », dans les réunions de cercles et les AG ; ils n'osent pas formuler des critiques au CE, quand bien même ces critiques seraient évidentes, fondées et justes.

       [p.16] Le CE étant le garant de la ligne, toute critique adressée au CE devient une critique contre la ligne. C'est dans ce sens que la formule générale, « le CE est garant de la ligne », est interprétée de façon unilatérale.

     Mais que voulez-vous! Le temps de la dialectique a fait place au temps de la métaphysique! Il convient d'interpréter sous ses deux aspects cette formule générale qui ne recouvre une signification réelle que dans chaque cas concret.

      L'UGEV a effectivement connu des temps où les réformistes s'agitaient à la base, pour faire passer leur ligne contre-révolutionnaire, en s'attaquant au CE. Pour la section ASV de Dakar, c'est l'an passé seulement qu'un coup décisif a été porté à ces opportunistes de droite. Dans ce contexte, compte tenu de la situation concrète du moment, affirmer cette vérité générale que le CE est garant de la ligne et que s'attaquer au CE c'est attaquer la ligne, traduit une réalité objective. Mais, afficher une telle formule et en faire une formule magique, une formule incantatoire pour tous les temps, tous les lieux, et dans toutes les conditions historiques, c'est verser totalement dans la métaphysique.

      L'expérience historique de l'UGEV, dans la lutte contre l'opportunisme est riche d'enseignements à cet égard. Mais, on n'en tire que les éléments que l'on veut en tirer. Drôles d'historiens, que ces gens qui prétendent fournir des «éléments sur l'expérience historique de l'UGEV ».

      Nos historiens à la manque, pensent « les éléments » qui leur permettent de prouver ce qu'ils veulent prouver. Sinon, comment expliquer le fait, qu'avant l'historique Ve Congrès de l'UGEV, s'attaquer au CE opportuniste d'alors, était la seule façon de défendre la juste ligne anti-impérialiste conséquente ? Si on devait raisonner comme nos historiens métaphysiciens, en ces moments là, il ne fallait pas s'attaquer au CE. Ah non!

    S'en tenir à des points de vue aussi métaphysiques, c'est vouloir cultiver consciemment l'obscurantisme.

       Qui a intérêt dans le maintien dans l'obscurantisme de l'immense majorité des militants ? Ce sont les bureaucrates qui, de tout temps ont toujours trouvé dans cette « arme », un moyen d'asseoir leur domination sans partage. Quoi d'étonnant, à ce que nos bureaucrates tentent (quand ça leur sert) de vouer un grand mépris à la théorie!

       Et puis, s'il y a des gens qui aiment à s'autoflageller, c'est bel et bien les écrivailleurs du fameux article, « De quelques éléments sur l'expérience historique de l'UGEV dans la lutte contre l'opportunisme », article que l'on tente, toujours de façon bureaucratique, de faire endosser par toute l'AEVO.

       Écoutez un peu, et vous reconnaîtrez l'un de ces prêtres bouddhistes (il s'agit de Léon Médah) qui a déserté depuis longtemps les rangs de l'UGEV, et qui du fond de sa « pagode », tente encore de vouloir tirer les ficelles: il relève lui-même de la catégorie de « ces pontifes qui se tiennent dans leur pagode » à la manière des prêtres bouddhistes auprès desquels les militants, plutôt les fidèles, les adeptes doivent se rendre en « consultations politiques »...

       Vraiment, il y a des gens qui savent très bien se dépeindre!

      Ce que nos écrivailleurs n'ont pas encore compris, c'est que le tournant qui s'amorce actuellement, annonce la fin de tous les « grands pontife », de tous les « prêtres bouddhiste ». C'est un tournant historique, où les militants de l'UGEV apprendront à penser par eux-mêmes au lieu de s'en remettre aux « pontifes » et aux « prêtres bouddhistes ».

      Décidemment, il y aura beaucoup de réveils douloureux !

     C'est en rompant avec cette mentalité de moutons, que nous avons osé critiquer le CE, que nous avons osé dire NON, quand nous n'avons pas été d'accord avec le CE. C'est cela que le CE n'a pas souffert, habitué qu'il est à entendre les: « je suis fondamentalement d'accord avec le CE ».

     Nous ne nous sommes jamais plaints contre le fait d'isoler les opportunistes et de nous démarquer d'eux. Mais nous voulons avant tout d'une lutte et d'une démarcation consciente et clairement comprise par l'ensemble des militants.

 

        [p.17] Tout ce que nous avons demandé, c'est qu'on nous dise en quoi tel ou tel militant est un opportuniste, quelles fautes a-t-il commises, afin que de façon responsable et consciente on se démarque de lui. Nous nous démarquons de cette attitude suiviste manifestée par un groupe de militants, vis-à-vis d'un camarade et qui méritent d'être portée à la connaissance du lecteur. Qu'on écoute un peu l'histoire:

   « un camarade rentre au "kolkhoze?, trouve un groupe de militants (disons plutôt de larbins serviles du CE), et leur dit bonjour -SILENCE !- Re-bonjour - RESILENCE-

Dans la chambre, il y avait un seul camarade nouvellement arrivé en France (il s'agit de Valère Somé), qui eut le courage de se lever et d'aller serrer la main au camarade. Il lui demande ce qu'il voulait. Et après l'avoir aidé à trouver le numéro de la chambre qu'il cherchait, il revint sur ses pas et demanda une explication à propos du silence de tout le groupe. On lui répondit, que c'est parce qu'on (entendez par là, le CE) leur a dit de se démarquer de ce camarade. Et pourquoi vous a-t-on dit de vous démarquer de lui?

Une voix répond pour tout le groupe: « Moi, je ne sais pas pourquoi, on nous a dit que c'est un " opport"  et qu'il fallait s'en démarquer. Un point un trait, et c'est tout. »

 

       Si des militants doivent se comporter ainsi, alors nous ne savons plus à quoi ressemblent des moutons ! Et si c'est cela que vous exigez de nous, alors vous vous êtes profondément trompés sur notre compte. Taxez-nous de tous les qualificatifs du monde si vous le désirez; mais nous restons convaincus que l'étiquette ne change pas la qualité d'une marchandise.

« Là où on évite le débat, où la " tranquillité " et l'" harmonie " dominent, il y a stagnation, et la démocratie, et l'unité sont de pure forme » (ENVER HOXA).

 

       Pourtant, c'est cette situation qui plaît fort aux bureaucrates métaphysiciens. Une telle situation de « stagnation » de « tranquillité », ils ont vite fait de la caractériser de « situation fondamentalement bonne ».

     Aveuglés par leur bureaucratie, ils ignorent qu'il y a un danger à ce que les gens ne parlent pas, n'expriment jamais leur point de vue.

     Notre conception de la démocratie, consiste à ce qu'il soit permis à chaque militant de participer activement à l'élaboration, à l'étude et à l'application de la ligne de l'organisation; qu'il lui soit permis, d'exprimer son désaccord sur le travail et les décisions du CE, qu'il critique ouvertement les défauts de la direction et fasse l'autocritique de ses propres insuffisances.

      L'attitude révolutionnaire, consiste à faire preuve de courage, lorsque les décisions, les ordres et les instructions de différentes sortes, se trouvent manifestement en contradiction avec la juste ligne politique de l'organisation et ne répondent pas aux conditions particulières réelles.

 

b) Le problème de nouvelles structures à Fessart: les structures clandestines.

 

       Quelles analyses ont conduit le CE à imposer ces nouvelles structures au seul cercle de Fessart?

Selon le CE, deux raisons essentielles sont à la base de cette imposition:

      - la montée du fascisme en France et la nouvelle adaptation que cela exige.

      - la répression(?) que l'Ambassade abat sur les militants de la Maison, et l'infiltration des « flics » en notre sein.

       Mais ce sont là autant d'arguments, qui ne sauraient s'appliquer de manière si sélective au seul et unique cas concret de Fessart.

 

N.B. : (Annexe qui n’est pas publié dans la présente édition est la « Motion d’appel au Comité exécutif » dont contenu est repris entièrement dans le texte principal)



24/10/2011
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