Parcours

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Comment Basile Guissou inflige des entorses à la vérité

 

 

 

Quand le « chien du roi » se trouve une âme de chevalier conquérant des droits de l’homme :

ou comment Basile Guissou inflige des entorses à la vérité en se faisant historien de la révolution

 

 

 

 

[Article paru dans « L’Observateur-paalga » n° 3883 du lundi  03 avril 1995 avec le chapeau ci-dessous:

 

Valère Somé, dirigeant du Parti de la démocratie sociale unifiée (PDSU) a réagi suite au livre de Basile Guissou, intitulé « Burkina Faso: un espoir en Afrique » publié aux éditions l'Harmattan, que nous avons présenté dans notre n° 3864 du 6 mars 1995. En effet, dans l'écrit suscité, Dieudonné Valère Somé est pris à partie et l'ouvrage permet, comme nous l'avons écrit sous notre rubrique « Billets craquants », de mesurer l'abîme qui sépare Valère Dieudonné Somé contre qui il soutient un réquisitoire sans pitié.

Aujourd'hui donc, l'ex-alter-ego réagit et de la manière la plus vive, la plus déterminée qui soit.

Lisez plutôt.]

 [Il y a lieu de préciser aux lecteurs que c'est un texte qui fait désormais partie de l'histoire tout comme l'ouvrage de Basile Guissou. Ce n'est donc pas pour raviver la polémique que je le publie. L'ouvrage de Basile est en circulation. Ma réaction à cet ouvrage se doit aussi de l'être. Normal!

Si la parole est volage, l'écrit est serf]

 


      

    C'est sous le signe de la réconciliation nationale que j’ai effectué mon retour au pays. Et depuis, je m'évertue à œuvrer pour réunir les conditions de réalisation de cette réconciliation. Notre parti, le PDSU en a fait son principal objectif immédiat.

Conformément à cette option, j'ai entrepris de faire la paix avec tous ceux qui, acteurs à quelque niveau que ce soit de la scène politique, ont contribué à créer la situation qui a prévalu et qui prévaut encore et qui nécessite une réconciliation nationale.

Dans un article qui a précédé de peu mon retour définitif, j'ai annoncé cette disposition à œuvrer pour la paix, tout en soulignant que je ne reculerai pas pour autant devant toute guerre que l'on m'aurait imposée.

C'est dire donc que j'étais conscient, que mon retour ne ferait pas la joie de plus d'un..., pour qui je suis et demeurerai toujours une conscience gênante. Mais cela ne pouvait en aucun cas compromettre le projet de réconciliation nationale auquel j'ai souscrit. On ne saurait ramener la réconciliation nationale à une simple réconciliation entre quelques individus, car elle est la résultante des actions posées par la multitude, qui imprime le cours des événements dans un pays. On ne peut empêcher des individualités d'œuvrer à contrecarrer une tendance qui s'impose à la multitude comme une nécessité salutaire pour le devenir d'un pays. Et c'est là que les intérêts individuels divergent d'avec l'intérêt national.

Il faut, à travers les actes que posent les individus, à travers les buts qu'ils poursuivent, savoir déceler les intérêts qui les motivent et les passions qui les animent.

Depuis donc mon retour, je me suis efforcé d'observer une attitude positive conforme à l'objectif de recherche d'une réconciliation nationale. Notre parti, dans le cadre de la démocratisation en cours, a choisi d'inscrire ses actions dans l'optique d'une opposition responsable. On se souvient encore des interprétations fausses suscitées par cette notion d'opposition responsable qui, pour nous, signifie plutôt, l'affirmation de son identité dans le respect de l'identité de l'autre.

En dépit de tout, je n'ai cessé d'être pris pour cible par des individus, à coup de calomnies mensongères ou d'insinuations calomnieuses.

Jusqu'à présent, j'ai observé vis-à-vis de ces attaques, un silence, méprisant, en me disant que le public chez nous désapprouve aujourd'hui la vivacité des polémiques.

Dans son livre récemment publié sous le titre  « Burkina Faso: un espoir en Afrique », dont le contenu, selon l'auteur, est supposé indiquer des voies de développement pour l'Afrique, monsieur Basile Guissou, officiant plutôt en collecteur de tradition orale qu'en sociologue de développement s'est, à maints passages, pris à ma personne.

Nombreux sont ceux d'entre mes amis et camarades qui ont tenté de me dissuader de réagir à des attaques aussi bassement calomnieuses.

« L homme se cherche et rase les murs, disent-ils. II a perdu toute crédibilité et ce sera lui faire trop d'honneur que de donner une suite à ses accusations mensongères. Cet écrit vaut juste ce que vaut son auteur; les deux se tiennent et s'écroulent ensemble. Une moue dégoûtée, et pas autre chose, voilà ce que mérite cet ouvrage. »

 

J'estime cependant nécessaire pour l'histoire, de rétablir les faits. Ne pas y donner une suite préventive, ce serait permettre que des individus de même moralité, c'est-à-dire sans moralité, prennent un jour à leur compte ces florilèges d'accusations mensongères, en se prévalant de mon silence d'aujourd'hui.

Je ne sais ce qu'il faut le plus admirer chez ce collecteur des traditions orales, l'imagination débile (il m'a convaincu que l'on ne guérit pas facilement, une fois qu'on a été déjà fou) ou le tour de passe dans ses tentatives de falsifications de l'histoire.

La névrose, l'hallucination, la démence, sont des signes pathologiques extérieurs manifestes de dégénérescence psychique, de troubles de comportement, de déficiences psychologiques et de carences affectives plus ou moins longuement inhibés et incrustés dans la conscience.

Le psychiatre, confronté à un tel malade, préconise l'une ou l'autre des deux solutions:

- utiliser la camisole de force pour immobiliser l'agitation fébrile du patient;

- Injecter des doses appropriées de valium pour calmer les angoisses délirantes du patient, par le sommeil profond.

Dans le présent article, je ne me propose pas d'analyser le contenu de l'ouvrage de monsieur Guissou Basile. Des analystes plus avisés s'en chargeront. Les deux camps entre lesquels Basile désespère de passer sans recevoir de coups sauront lui relever l'affligeante posture dans laquelle il s'est placé.

Je me propose simplement de rétablir la vérité sur les chefs d’accusations portés contre ma personne.

 

1. comment expliquer une haine aussi meurtrière ?

Mais avant de procéder  au rétablissement de cette vérité, il me faut situer le lecteur sur les raisons de cette haine bestiale qui tenaille notre chevalier burkinabè, « conquistador » des droits de l'homme, contre ma personne..

La haine qu'il nourrit à mon endroit ne m'effraie guère, car je tiens pour vrai que la haine commence par détruire celui qui la porte. Et l'acharnement haineux, est le propre des âmes misérables incapables de s'élever à des notions de vertus plus hautes.

« Mais qu'as-tu pu bien faire à Basile Guissou, pour mériter une haine aussi meurtrière », m'a-t-on souvent accosté? »

Je vais essayer moi-même de comprendre, en émettant quelques hypothèses:


Première hypothèse:

Notre chevalier, sans le mentionner dans son ouvrage, a estimé que je l'ai attaqué injustement dans mon ouvrage. Examinons les choses d'un peu plus près.

Mon ouvrage, « Thomas Sankara: l'espoir assassiné » est paru après la publication du livre de Ludo Martens: « Sankara, Compaoré et la Révolution Burkinabè ».

Mon livre s'est voulu la réplique à une histoire falsifiée, écrite des mains d'un auteur spécialisé dans ce genre de tâche. C’est dire donc que l’atmosphère ambiante qui a entouré la parution de mon livre était marquée de ce que j'ai nommé une  situation de régime de terreur dont s'accommodaient fort bien nos « chevaliers bukinabè des temps de paix, des droits de l'homme ».

L'édification d'un État de droit, ne serait-ce qu'en perspective, ne se posait pas.

Nous étions encore sous l'emprise des passions partisanes nées des événements tragiques du 15 octobre. Malgré cette ambiance de la « guerre de chacun contre chacun », où tous les coups étaient permis, je n'ai pas trahi l'éthique qui a toujours été la mienne: ne pas accabler un adversaire, pour le simple fait qu'il soit un adversaire; et se refuser de recourir au mensonge comme moyen de lutte.

Cette éthique, tous ceux qui ont milité dans les rangs du « mouvement du 21 juin » et dans les rangs de l'ULC devenu ULC-R savent que je la tenais en honneur. Ils savent bien que dans les débats d'idées, j'ai toujours défendu que l'on évite de s'en prendre à l'homme.

Il est un fait bien connu dans le milieu burkinabè qu'un intellectuel n'abjure ses convictions sans chercher à se donner des arguments théoriques de justification de ce reniement. Et je me suis toujours évertué à dire à mes compagnons de lutte (ce que monsieur Guissou Basile, en bon perroquet, répétait après moi), qu'ils aient le courage, le jour où ils se sentiraient fatigués de continuer de lutter avec nous, de le dire ouvertement. Avec de tels camarades, on doit pouvoir entretenir des relations sur une base purement humaine ; ce qui n'est pas le cas avec ceux qui essayent coûte que coûte de justifier leur forfaiture par des divergences artificiellement suscitées pour les besoins de la cause.

Que Basile Guissou et moi soyons divergents aujourd'hui, ce n'est pas ce qui surprend. Mais c'est le fait que, faisant feu de tous bois, il n'ait pas voulu sauvegarder les relations purement humaines, que de longues années de militantisme, côte à côte, nous permettaient au moins de sauvegarder. On a toujours du respect pour des anciens compagnons qui assument leur abjuration, sans chercher à en rendre autrui responsable. Je m'attendais pour le moins à cette attitude de la part de Guissou Basile. Et c’est là, la cause de ma grande déception. Je sais que les hommes sont versatiles et pervers. Et j'en conviens avec un homme qui, cherchant à interroger les grands hommes sur les causes de leurs actions, a abouti à la constatation suivante:

« l'amour, écrit-il, tient par un lien de reconnaissance bien facile pour la perversité humaine, et qui cède au moindre motif d'intérêt personnel. »

 

Ce même homme écrivait:

« ... On peut en effet dire généralement des hommes qu'ils sont ingrats, inconstants, dissimulés, tremblants devant les dangers et avides de gain; que, tant que vous leur faites du bien, ils sont à vous; qu'ils offrent leur sang, leurs biens, leur vie, leurs enfants, tant, comme je l'ai dit, que le péril ne s'offre que dans l'éloignement; mais que lorsqu'il s'approche, ils se détournent bien vite... »

 

Tout de même! « Est modus in rebus » (ll y a une mesure en toute chose). Les vertus intellectuelles exigent qu'on ne fasse pas feu de tous bois! Car c'est le fait des grandes âmes que de ne pas faire recours à des arguments injustes ou malhonnêtes.

C'est bien connu que tous les hommes ont en vue un même but: la gloire et les richesses; mais dans tout ce qui a pour objet de parvenir à ce but, ils n'agissent pas tous de la même manière.

Les procédés de monsieur Guissou sont tout simplement méprisables. Et c'est le moins que l'on puisse dire.

Pour revenir à mon ouvrage, j'y écris, face à la menace que les autorités du Front populaire faisaient planer sur nous, militants de l'ULCR, quant à une éventuelle manifestation des élèves et étudiants, prévue pour les 20 et 21 mai 1988:

« ... Les menaces eurent pour résultat de semer une peur panique dans nos rangs. Il y eut des défections. Aux éléments longtemps disposés à collaborer avec le Front «Populaire», s'est joint Basile Guissou. Détention et tortures ont-elles réussies à briser en lui toute velléité de lutte. Cette capitulation, il allait la justifier après coup par une prétendue «divergence» survenue entre lui et moi quant aux voies et moyens qu'il nous faudrait désormais utiliser pour le triomphe de nos idées. Lui, Basile Guissou, serait désormais partisan de «la voie constitutionnelle de lutte» tandis que je demeurais attaché à «la voie putschiste militaire» de prise de pouvoir. Il n'est nul besoin pour moi d'affirmer qu'une telle «divergence» ne s'est jamais exprimée et qu'il s'agit d'une argumentation a posteriori pour justifier une conscience coupable... »

 

Ce ne peut être ce passage de mon livre qui déclenche à mon endroit cette furie haineuse. Quand bien même il est vrai que tout en étant membre de la coordination du Front populaire, monsieur Basile Guissou, à l'extérieur du Burkina Faso, s'en cachait.

Et j'ai eu énormément de la peine à convaincre des amis communs que Basile Guissou était bel et bien membre du Front populaire. Le « chevalier burkinabè "conquistador" des droits de l'homme », ne pouvait qu'avoir honte de s'afficher comme partie prenante d'un régime qui exerçait la terreur comme moyen de gouvernement: En somme un militant honteux du Front populaire tout comme il fut, jusqu'à ces derniers temps, un militant qui n'ose afficher son appartenance à l'ODP/MT.

Pour illustrer cette affirmation, une petite histoire toute drôle (Dandin, tu l'auras voulu!): une mission du Front populaire dirigée par monsieur Moïse Traoré et Guissou Basile, fut chargée de rencontrer à l'ambassade de Paris, les ressortissants burkinabè en France. Au début de l'entrevue, seul Moïse Traoré était assis au bureau de séance, aux côtés de notre ambassadeur, à l'époque, monsieur Théophile Balima. Ce dernier, doué d'une intelligence vive, perçut clairement les manœuvres de Guissou Basile, qui tentait de se dissimuler dans la foule. Il l'interpella à venir occuper la place qui lui revient de droit en tant qu'autorité du Front populaire. Ce fut ce jour, que nombre de ressortissants burkinabè à l'extérieur se convainquirent que Basile Guissou était bel et bien membre dirigeant du Front populaire. Il s'était toujours évertué à occulter cette appartenance, mettant toujours en avant son AREDA.

Nous verrons bien par la suite ce serviteur zélé du régime du Front populaire, essayer de se donner une renommée de chevalier conquérant des droits de l'homme au Burkina Faso.

Le fait que sous la plume de tous ces dits militants ODP/MT qui écrivent pour défendre l'ODP et attaquer les autres partis, se cache notre chevalier, manifeste un autre trait de sa personnalité. Tout en étant membre dirigeant du parti au pouvoir, il n'ose même pas signer ses articles orduriers de son propre nom. Et pour donner un exemple de œ dont il est capable sous le couvert de l'anonymat, il faut se rappeler de l'article ordurier sur le professeur Joseph Ky et son parti, au moment des municipales.

Si ce n'est donc ce point quel passage de mon livre a provoqué chez notre « preux » chevalier cette croisade haineuse?


Deuxième hypothèse:

J'ai publié in extenso, la lettre que Guissou Basile et certains de nos camarades ont rendue publique, pour se déclarer démissionnaires de l'ULCR aux temps du péril. Cette lettre n'a pas empêché ces camarades, Basile Guissou en tête, de s'auto-ériger en direction de l'ULCR, lorsqu'ils furent mandatés de la mission de faire entrer l'ULCR au sein du Front populaire.

Est- cela qui justifie la furie haineuse de ce compagnon d'hier ? A moins que ce soit, comme il ne l'a cessé de le répéter, à des amis communs, le fait qu'il estime que je m'en suis pris à sa belle famille? Mais voyons les choses de plus près.


Troisième hypothèse:

Aux lendemains du 15 octobre 1987, lorsque certains membres de notre organisation, l'ULCR, étaient pris en chasse, Basile Guissou avait réussi momentanément à échapper des mailles du filet. De notre lieu de détention, nous réussîmes (mes camarades et moi) à faire dire à Basile Guissou de ne pas se rendre, car nous craignions le pire. En étant en liberté, il servirait à nous éviter le pire.

Quelle ne fut notre surprise un beau jour, de voir Basile Guissou, se faire conduire dans nos locaux de détention ! Il s'était volontairement rendu. Et c’est à ce point qu’intervient le point sur sa belle famille.

Une autorité s'était rendue dans sa belle famille, du fait de ses relations particulières (que j'ai mentionnées), pour faire dire à Basile Guissou de se rendre, puisqu'après tout on en avait qu'après Valère.

De tout ce qui vient d'être relaté, il n'y eut aucun mensonge. Mais il me faut convenir que j'ai été indélicat, en mentionnant cette relation particulière qui a pu peut-être porter préjudice à un membre de cette belle famille. Cette indélicatesse, dans le contexte, et l'on peut s'en rendre compte, ne cherchait pas à nuire. Basile Guissou peut être fâché pour cela. De là à nourrir une haine mortelle contre ma personne, c'est tout de même impensable.

Si œ n'est ce passage indélicat, qu'est-ce qui me vaut l'honneur d'essuyer ces attaques haineuses de la part de mon ex-compagnon?


Quatrième hypothèse:

- Est-ce le fait d'avoir écrit la qualification de « mysticisme » que les adversaires de l'ULCR nous ont toujours jeté à la face, provenait de la propension naturelle de Guissou Basile à l'exhibition? Mais cela tout le monde le sait. Puisqu'il s'affichait, macaron à l'appui, pour qu'on le prenne pour tel. Ce ne peut donc être cela. Alors quoi d'autre?


Cinquième hypothèse:

Dans un des numéros du journal Africa International, Basile Guissou s'en est pris violemment à ma personne, convaincu que c'est moi qui ai guidé la main du journaliste qui a osé écrire que parmi les fidèles de Sankara, Basile Guissou est celui qui a trahi.

J'ai répondu à cette attaque dans les colonnes du « Démocrate », journal du PDS (que nous animions depuis Paris), que j'étais pour rien dans cette affaire, même si je ne partageais pas moins le point de vue du journaliste. J'ai écrit, que par conséquent ces excitations étaient tout bonnement pitoyables. J'ai rappelé à ce propos, que je comprends aujourd'hui, le jugement définitif que le président Sankara a eu à prononcer, le concernant.

En effet, le président Sankara a eu à dire à notre chevalier « conquistador » des droits de l'homme, tout le mépris qu'il éprouvait pour lui (que voulez-vous, quand l'homme lui-même trouve honneur à se rabaisser au statut d'un animal domestique). C'est, les larmes aux yeux, que notre chevalier est venu me réveiller pour me faire part de ce que j'ai estimé un affront. Et c'est en effet « menaçant » (je le suis, selon Basile Guissou, même quand il s'agit de le défendre lui), que je me suis plains au président Sankara. Mes camarades et moi, pensais-je, nous servions loyalement la Révolution, et l'on n'avait pas le droit de nous traiter comme il l'a fait avec Guissou Basile ( à l’époque Ministre des Relations extérieures). Si l’on n’avait plus besoin de nous, que l'on nous le dise! etc.

 J'ai en effet un ton menaçant lorsqu'on attente à ma dignité. Ceux qui n'en ont point ne peuvent comprendre cela.

C'est cette confidence révélée qui a certainement blessé, jusque dans son âme, notre « vaillant » chevalier. Mais il doit savoir que l'on ne peut chercher à donner des coups et se refuser d'en recevoir. Mais dans cette révélation, je n'ai pas usé du mensonge, auquel il a eu recours tout au long de son ouvrage, essayant de me couvrir d'opprobre.

Peut-être que je vais chercher trop loin les causes véritables de cet acharnement haineux.


Sixième hypothèse:

N'est-ce pas tout simplement dû au fait que la perversité de l'homme est ainsi faite, qu'il est porté à haïr et à souhaiter ardemment la disparition de celui qui apparaît être sa conscience gênante? Il y a quelques années seulement, Guissou Basile, déclarait que pour avoir la tête de Valère, il fallait d'abord lui ôter la sienne. Quand le péril est venu, c'est le même Guissou qui, se faisant passer aujourd’hui pour le chevalier conquistador des droits de l'homme s'est empressé de proposer aux camarades, de me sacrifier pour sauver leurs têtes.

Les hommes, comme dit l’autre, sont ainsi faits, que tant que vous leurs faites du bien, ils sont à vous; qu'ils offrent leur sang, leurs biens, leur vie, leurs enfants, tant comme je l'ai dit, que le péril ne s'offre que dans l'éloignement; mais que lorsqu’il s'approche. ils se détournent bien vite.

 

Enfin, on fait avec!

Qui ne connaît pas la honte, ne peut pas la boire.

C'est son droit le plus absolu d'être ce qu'il est. Mais qu'il n'essaye pas de faire jouer aux autres le rôle qu'il a joué. Ainsi, il veut faire passer dans l'opinion le fait que j'ai cherché par ma tentative d'évasion d'abandonner mes camarades.

Mais qu'en est-il au juste? Comme je l'ai rappelé ci-dessus, nous ne courions pas le même danger et nous n'avons pas connu, Basile Guissou et moi, le même traitement. Il suffit pour ne pas trop s'étendre sur cette période douloureuse de rappeler, que des quatre membres de l'ULC-R que nous étions parmi tous ceux qui avaient été arrêtés, aujourd'hui, c'est Basile Guissou qui fait seul cavalier à part. Les deux autres continuent de militer à mes côtés, m'honorant de leur confiance. Lui, Basile Guissou, ne peut dire la même chose.

Après notre libération le 25 mars 1988, pour tenter de montrer à l'opinion publique, que nous n'avons pas été torturés, on a convié des journalistes à poser des questions à un groupe de détenus. Parmi ces détenus choisis pour la circonstance, seul Basile Guissou avait subi des tortures.

On se rappelle encore des propos qu'il a tenus, puisque ce fut très médiatisé. Il a juré par tous les dieux, n'avoir pas été torturé. Et ceux qui ont organisé cette mascarade savaient bien que ce n'était pas Valère qu'il fallait amener en ces lieux pour jouer la comédie. Aujourd'hui, le même Guissou Basile, le coeur en paix, l’âme tranquille, écrit qu'il a été torturé.

Comment peut-on croire en un tel homme ?

Pour boire la honte, encore faut-il l'avoir éprouvée.

Voilà pour le lecteur, le recensement de tous les points qui peuvent motiver, que mon compagnon d'hier m'en veut aujourd'hui à mort. A défaut de recourir à l'arme à feu, il use de la langue fourchue pour tenter d'assouvir sa haine.

Je ne suis certainement pas un ange, je me suis fait un devoir de ne jamais affirmer, écrire œ que je sais faux. Je l'ai déjà dit, mon livre, je l'ai voulu une réplique au livre de Ludo Martens qui s'est ingénié à infliger des entorses à la vérité. J'y ai certainement offensé plus d'un, mais jamais par le recours du mensonge. Et j’ai toujours dit que si des inexactitudes, ou des attaques gratuites étaient relevées dans mon écrit, je serai disposé à faire mon mea culpa. Et c'est le lieu de relever quelques inexactitudes qui ont été signalées à ma connaissance et d'en profiter pour réparer le tort causé à certaines personnes que j’ai chargées injustement.

Ma première sollicitation, je l'adresse à Pierre Ouédraogo sur lequel j'ai écrit qu'il aurait effectué une autocritique. On m'a dit que ce n'était pas exact. Alors autant pour moi.

De même tout ce qui a été écrit contre Blaise Kyelem, l'a été sous l'aveuglement du subjectivisme.

L'un comme l'autre, qu'ils trouvent ici, exprimés tous mes sincères regrets.

Cela dit, examinons comment Guissou à son tour tente désespérément d'infliger des entorses à la vérité dans son livre. On pourrait dire de ce collecteur en tradition orale reconverti en sociologue de développement ( ?) qu’il a dû (en espérant qu'il ait su préserver une once de conscience) se lamenter tragiquement sur soi-même:

« je vois la vérité, je l'approuve, et je professe le mensonge. Je vois le bien, je l'approuve, mais je fais le mal ».

 

Agissant ainsi, il pense détruire ceux qu’il hait, mais il n'aboutira qu'à son autodestruction.


(A suivre)



[ La suite, que l'on pourra lire ci-dessous,  est parue

dans « L’Observateur Paalga »,N° 3884 du 04 avril 1995, avec le chapeau suivant:

 «Comme annoncé dans notre édition no 3883 du lundi 3 avril, nous poursuivons aujourd'hui la publication du Droit de réponse de monsieur Valère Dieudonné Somé à monsieur Basile Guissou, suite et fin.»]

 


2 . Comment on inflige des entorses à la vérité

 

Dès les premières pages de son livre, Basile Guissou fait écrire que lui, Basile Guissou, aurait démissionné du gouvernement de Sankara pour protester contre la violation des droits de l’homme. Il se délivre gratuitement de par ce fait, une décoration de chevalier burkinabè conquérant intrépide des droits de l’homme.

Vraiment, le scrupule n'étouffe pas Basile Guissou!

Depuis 1983, Basile Guissou a participé à tous les gouvernements du CNR. Depuis cette date, il y a eu de nombreuses violations de droits de l’homme. Mais notre ministre est toujours resté au gouvernement. Il lui a fallu attendre jusqu'en 1987, comme par réminiscence, que l'on lui enlève le portefeuille des Affaires étrangères (il n'ambitionnait que ce seul portefeuille) pour celui de l'Information, pour qu'il se reconnaisse l’âme d'un défenseur des droits de l'homme. Vraiment, ce ne sont pas les scrupules qui étouffent Basile Guissou. En 1987, contre quelle violation des droits de l’homme êtes-vous parti en guerre, déposant votre tablier?

Vraiment, tout Burkinabè qui a lu ce passage et était au fait, un tant soit peu des affaires de ce pays, a dû être indigné.

La vérité, que tout le monde sait, est que la perte du portefeuille des Affaires extérieures, a rendu Guissou Basile morose, sans élan, manifestant peu d'engouement pour la gestion de son nouveau ministère.

Ce que tout le monde ne sait pas, c'est que vis-à-vis d'un tel refroidissement, le président Sankara nous a conviés, Basile Guissou et moi, à venir de toute urgence le voir. En fait, ma présence dans cette affaire s'expliquait par le fait que le président voulait me prendre à témoin (et cela sert aujourd'hui). Cette nuit là, il a dit vertement à Basile Guissou, que si son nouveau ministère ne l’intéressait pas, il n'avait qu'à déposer séance tenante son tablier. Valait mieux cela que des démêlées inutiles.

Et qu'a fait Basite Guissou, pensez-vous? Il s'est contenté de demander un peu de temps pour qu'il se ressaisisse afin de prendre en main son nouveau ministère.

 En tout cas, ce jour-là, il n'a pas souscrit à la démission qu'on lui proposait.

En remplaçant «violation des droits » par « violation des «prétentions» (car il considérait le ministère des Affaires étrangères comme un droit naturel à lui seul dévolu), et «de l'homme» par « de Basile Guissou », tout s'éclaire soudain!

Guissou Basile inflige une entorse à la vérité, en cherchant, aujourd'hui que la situation le permet, à se faire passer pour un défenseur avant-gardiste des droits de l'homme. Ça se vend bien à l'extérieur.

Mais ici au pays, cela manque totalement de sérieux. Car au pays ici, on sait qui est qui, qui a fait quoi et pourquoi...

C'est ainsi qu'ici au pays, l'on sait que durant toute la période de la Révolution, Basile Guissou était l'un de ces ministres qui se félicitaient de faire de la surenchère des mesures osées que proposait Sankara. Quand celui-ci avait à peine prononce "un", Guissou Basile entonnait "dix" et s'évertuait d'expliquer la pensée du président avant que lui-même ait entrepris de l’expliciter.

Il est bien connu, ce ministre qui, sous la Révolution, dans sa course assidue, s'honorait d' « être le chien du roi » plutôt que d'« être le roi des chiens ». Ce ministre auquel le prince a accordé pour un moment sa confiance, quelques jours seulement avant qu'il ne succombe, n'a-t­-il pas adressé une note au prince, dans laquelle il écrivait « Dans tous les cas, je suis de cœur, d’esprit et de chair à tes côtés parce que je sais que jamais je ne te survivrai politiquement. Nous allons continuer la Révolution en brisant la contre-révolution de la façon la plus bénéfique ».

Notre chevalier des temps nouveaux, ne parlait pas encore de « civiliser » la Révolution. Etre de cœur, d'esprit et de chair avec un « despote » et être en même temps celui qui vient de démissionner pour protester contre les actes de violations des droits de l'homme. Il faut le faire! Et Basile Guissou, notre chevalier conquistador tardif l’a fait.

Le public de Ouagadougou a encore en mémoire ce ministre qui, se substituant au conducteur d'engin (trouvé trop timoré), a démoli la villa cossue construite sur le bord du Kadiogo. C’est notre chevalier burkinabè des droits de l’homme.

Et j'en passe. Je passe sous silence l'exaltation sans discernement de l'expérience de Menguistu dont notre chevalier se faisait un devoir auprès du prince.

Mais une chose est sûre, on ne peut pas avoir démissionné du gouvernement de Sankara pour protester contre la violation des droits de l'homme et aussitôt, adhérer au Front populaire comme membre dirigeant pour apporter sa caution à des violations plus grandes de ces mêmes droits de l’homme.

Il faut que l'on cesse de prendre le peuple de ce pays pour un peuple ignorant à qui l'on peut raconter des fadaises.

Ayant ainsi infligé une première entorse à la vérité, le chevalier burkinabè des droits de l'homme, ne s'en contente pas. Il lui en inflige six autres encore.

 

Deuxième entorse à la vérité

d'abord, en prétendant que j'aurais préconisé et obtenu la première prise d'otages politiques au sein du Conseil de l'Entente.

C'est ce qui s'appelle avoir un surprenant toupet. A supposer que les choses se soient passées ainsi, une chose est certaine:. Basile Guissou n’a pas désapprouvé une telle proposition. Car chacun sait qu'il a toujours abondé dans mon sens, défendant mes idées avec le manque de finesse qu'on lui connaît, les transformant parfois en des idées saugrenues.

Aussi, en voulant me surcharger, monsieur Guissou se surcharge lui-­même. Il est vraiment sur ce point incorrigible. "Bois tordu ne se redresse pas".

C'est quelqu'un qui offre de lui­-même le bâton pour se faire taper dessus.

"Le voici en travail de misère, il a conçu la peine, il enfante le mécompte, etc. " .

Ami, fais ta besogne"; tu obtiendras rémission et élection.

Lorsqu'on a été un responsable d'Etat et que l’on a pris part de loin ou de près à la marche des affaires, il y a des révélations qui dénotent tout simplement de l'indécence. C'est pourquoi je ne m'avancerai pas plus loin.

Les « bienfaits » de la Révolution (si on consent à les lui reconnaître), ont beaucoup de pères. Mais on ne se bouscule pas pour assumer la responsabilité de ses fautes et erreurs. C'est normal; c'est humain.

Après Ludo Martens, Basile Guissou embouche la trompette pour surcharger Valère de tous les péchés de notre Révolution. Ludo Martens, passe! Lui a écrit sur une histoire qu'il n'a pas vécue et qu'il s'est fait conter. Mais Basile Guissou, tout de même! La dimension dans la falsification, chez lui ne trouve son égal que dans la littérature de chantage.

Basile Guissou s'est fait l'historien d'une histoire dont il s'efface complètement. En effet, il n'est pas donné à tout le monde d’être retenu par l’histoire. Et les entorses à la vérité ne feront pas l'Histoire.


Troisième entorse à la vérité

On relève, au passage, sous la plume de ce chevalier tardif des droits de l'homme (en temps de paix, tout le monde est héros), que j'aurais, le 16 octobre 1987, proposé au président du « Front populaire Blaise Compaoré », mon soutien en contrepartie de quoi, je réclamais qu'il me livre la peau de ceux de mes camarades (?). Voulant m'insulter, il insulte Blaise Compaoré, sans se douter. L'individu manque de finesse.

Mais se rendant compte que le mensonge est trop grossier, il ne pouvait l'attribuer au président du Font populaire. Alors, il me l'attribue, et me voilà dans une posture inconfortable en train de mentir sur moi-même.

L'artifice est de peu d’intelligence. Et ce n'est pas surprise, pour qui connait notre auteur.

Qu'est-ce qui fait que l’on respecte certains hommes et que l’on méprise certains autres:? C'est dans leur comportement quand ils sont en présence du chef. Devant le chef, il y a des hommes qui s'aplatissent, qui s'avilissent. Au lieu de parler d'eux-­mêmes et de leurs affaires, ils viennent pour vilipender les autres, pour médire sur les autres. Ils ne se rendent pas compte, dans leur sale besogne, qu'ils perdent toute valeur aux yeux du chef qui les écoute. Ils ressortent satisfaits d'eux-­mêmes, ignorant qu'ils viennent de se vendre eux-mêmes à vil prix. Je suis loin de cette catégorie de vermines. Et aucun chef de ce pays, à qui j’ai eu affaire, ne peut soutenir m'avoir surpris dans cette attitude de vermine.

Sachant que le président Blaise Compaoré ne peut lui faire honneur d'une telle confidence, Basile Guissou me fait supporter le mensonge qui me couvre d’opprobre.

Ni le 16 octobre 1987, ni en aucune autre occasion, en tout cas jusqu'à ce jour, je n'ai apporté un soutien quelconque à Blaise Compaoré.

La décence et mon éducation m'interdisent de continuer de discuter de cette question. Car ce serait porter tort à une personne tierce, que Guissou Basile a évoqué pour le  besoin de sa cause. Or, c'est avec lui, et lui seul, que je suis en train de découdre. Et je saurai toujours l'extraire du dehors du "paratonnerre", sous lequel il pense trouver refuge, pour mener la discussion à armes égales.

 

Quatrième entorse à la vérité

il y a des mensonges par affirmation volontaire. Il y a aussi des mensonges par omission volontaire.

Et c'est par omission volontaire, que Basile Guissou a manqué d’honnêteté vis-à-vis de ses acolytes. Il aurait pu leur dire, s'il avait l'amour de la vérité, qu'il a été témoin sous le régime du CNR (toujours avec ce ton menaçant que Guissou Basile n'aime guère), lorsque j'ai vigoureusement pris la défense auprès du président Sankara de deux de nos camarades qui, pourtant, venaient de tourner le dos à l'organisation pour servir des ambitions inavouées.

Quand ces deux acolytes me surchargent, me tenant pour responsable de leur déchéance, Basile Guissou aurait pu témoigner en ma faveur. Bien au contraire, il tait la vérité et nourrit le mensonge. Il est un fait que sous la Révolution, un certain nombre d'arrivistes, lorsqu'ils réussissaient à s'élever dans l’échelle du pouvoir, affirmaient devoir cette ascension à leurs seuls mérites ; mais une fois déchus, il fallait trouver un responsable à leur déchéance. Et j'ai toujours eu bon dos et la conscience tranquille.

 

Cinquième entorse à la vérité:

 ensuite, Basile Guissou affirme sans vergogne que je lui aurai téléphoné de Paris, pour lui annoncer ma vengeance imminente, sûr de mon « putsch » (le fameux complot avorté attribué à Lingani et à Zongo en marche). Je serai par conséquent responsable de l'exécution du commandant Lingani et du capitaine Zongo. Non seulement de ces deux-là, mais aussi de la « disparition » (c'est l'expression du chevalier burkinabè des droits de l'homme) de Guillaume Sessouma et de Boukary Dabo.

Et avant eux, je serai le commanditaire de l'assassinat le 15 octobre 1987, du président Sankara, pour avoir été le premier à attirer l'attention sur la folie qui se s'était emparée de lui et du danger qu'il faisait planer sur nos têtes. Pour parer à ce danger, j'aurais préconisé (il n'a pas ajouté et obtenu) que l'on lui passe une camisole de force et qu'on lui passe une balle dans la tête. Du n'importe quoi! Des accusations les plus contradictoires et des plus sordides. Tout ça pour accabler un homme, C'est le lieu de dire: « Ahl Haine, quand tu nous tiens, tu nous aveugles jusqu'à la déraison ».

D'abord, je n'ai jamais téléphoné à Guissou Basile tout le long de mon séjour à l'extérieur du pays. Ensuite, lorsqu'il était question du complot avorté du commandant Lingani et du capitaine Zongo Henri, je ne me trouvais pas à Paris mais à Brazzaville.

Et à Brazzaville, j'étais un paisible citoyen en train de vivre son exil et non, comme un certain provocateur du même acabit l'a affirmé, en train d'effectuer un entraînement militaire pour un débarquement au Burkina Faso.

On aura remarqué au passage que notre chevalier burkinabè « conquistador » des droits de l'homme a entrepris de justifier les exécutions et les disparitions sous le régime du Front populaire. A l'entendre, il n'y a pas là violation de droits de l'homme, puisque c'est la logique qui a animé ces hommes qui les a conduits à la mort violente. On chasse le naturel et il revient au galop!

Ce qui est vrai et que Basile Guissou ne dit pas, J'ai eu en effet à charger un ami commun de lui porter de vive voix, le message suivant: « Vas dire à Basile Guissou, qu'entre lui et moi, il y a Dieu ». En somme, je m'en remettais au jugement de Dieu, pour toute l'ingratitude, tout le tort que j'ai essuyés de sa part. Pensant toujours le connaître, je pensais que la crainte et l'amour de Dieu continuaient de l'habiter. Je cherchais tout simplement à lui signifier que chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même.

Je me rends compte aujourd'hui, que ce sont là des vains mots pour des hommes à bouche de miel et cœur de fiel.

Je continue de croire à une justice immanente. Les méchants ne peuvent éternellement continuer à causer du tort, sans un choc en retour. J'aurais pu, animé par cette croyance, ne pas tenter de rétablir les entorses faites à la vérité.

Dieu dit-on, jugera chacun selon sa propre mesure. Le reste devrait être notre propre ouvrage. Dieu ne veut pas tout faire comme, il a été si bien écrit, pour ne pas nous laisser sans mérite et sans cette portion qu'il nous permet d'acquérir.

En attendant cette justice immanente, je n'ai pas cette force, après une gifle sur une joue de tendre l'autre joue.

Le message que je lui ai donc adressé n'est donc en aucun cas, un message de vengeance. Dieu merci, je ne porte en moi ni haine ni rancune. Et je demeure imparfait pour ne pas savoir aimer mes ennemis et de vouloir chercher à les ignorer et même à les mépriser.

Toutes les accusations de Basile Guissou tiennent de la collecte de déclarations orales, prétendument tenues en privé entre personnes de bonne compagnie. Le seul point sur lequel il table pour faire avaler ces accusations mensongères, c'est qu'il était un de mes proches. Donc à ce titre, il peut prétendre bien me connaître. Et c'est parce qu'il me connaît qu'il sait les points sensibles sur lesquels il peut construire ses accusations mensongères.

A force de chercher à nuire, il ne se rend pas compte que du fait qu'il ait été si proche de moi le fait partager mes travers. On dit que tous ceux qui se ressemblent s'assemblent. Si l'accusation concernant Sankara est vraie, Basile Guissou a dû le partager avec moi, et même, selon sa nature, surenchérir. C'est le moins que je puisse dire, tant cette calomnie est invraisemblable.

Enfin, concernant les événements qui ont occasionné la disparition de Guillaume Sessouma et de Dabo Boukary, je dois rappeler que les autorités du Front populaire dont Basile Guissou, n'ont jamais établi que leurs arrestations ont été motivées par une quelconque activité qui attente à la sécurité de l'état.

Nos camarades qui ont été arrêtés avec Guillaume Sessouma sont encore là pour témoigner, qu'aucun chef d'accusation ne leur a été signifié jusqu'à leur libération. C'est notre chevalier burkinabè des droits de l'homme qui s'érige dans son livre en accusateur de la République, justifiant les violations de droits de l’homme par des raisons de sécurité de l'Etat.

Pour mes camarades et moi, nous demeurons convaincus que c'est l'attitude de refus opposée aux tentatives de ceux, dont Guissou Basile et autres, d'entraîner l'ULCR au sein du Front populaire, qui est à la base de leur arrestation et de leur détention prolongée. Et je suis aujourd'hui contraint de révéler que je détiens en ma possession une lettre manuscrite de Guillaume Sessouma, dans laquelle il écrit expressément, que s'il lui arrivait quelque chose, il faut en tenir Guissou Basile responsable. Guillaume Sessouma, n'a pas « disparu »; notre chevalier burkinabè conquistador des droits de l'homme est bien placé pour le savoir. Guillaume Sessouma est mort sous les tortures dans les geôles du Front populaire. Et voilà, monsieur Basile Guissou, face à face avec sa conscience coupable qu'il cherche à noyer dans l'aveuglement haineux, qu’il nourrit. C’est pourquoi il persiste et cherche à réveiller des passions pour entraîner la « disparition » de ceux qui le gênent.

Malgré tous ces agissements de Guissou Basile, nous avons fait la preuve que nous pouvons dépasser nos ressentiments et œuvrer de façon responsable à une réconciliation nationale pour le salut de notre nation. L'Etat de droit que chacun aujourd'hui souhaite au plus profond de lui-même, signifie la fin de la guerre de tranchée, la fin de l'état de nature, c'est-à-dire de la « guerre de chacun contre chacun », de la « guerre de tous contre tous ». Pendant que des esprits positifs œuvrent  à parvenir à cette situation, combien salutaire pour le pays, il y a des esprits mesquins, des esprits chagrins, pour tenter d'entraver ce processus.

Mais c'est en persévérant dans cette voie que l'on peut espérer instituer un climat de paix sociale qui repose sur l'adhésion de tous à un pardon mutuel.

Nous n'ignorons pas notre parcours, et nous n'essayerons pas de nous faire passer sans vergogne comme des chevaliers burkinabè des droits de l'homme avant la lettre: partisans chevronnés du régime de la démocratie populaire, ce qu'aujourd'hui l’ on convient de ranger sous la catégorie de régime d'exception, aujourd'hui nous voulons inscrire notre action dans le cadre des fondements de l'Etat de droit tel que l'on s'est fait le pari de bâtir. Nous demeurons lucides que ce n'est qu'un pari qu'il faut gagner. Nous ne sommes pas de ces esprits superficiels qui s'enflamment et qui surenchérissent, sans discernement l'avenir d'un système politique et d'un pays. Nous savons que le droit ne peut durablement s'élever au dessus de l'état social et économique. Et c'est cela qui constitue le défi auquel nous avons tous souscrit.

 

Sixième entorse à la vérité

Guissou Basile tire un pétard mouillé. Comme une pierre dans la mare, Basile Guissou, cherchant à faire sensation, déclare que je suis rentré, « après toute honte bue » , tous frais payés par Blaise Compaoré.

Ce n'est pas un secret, monsieur Guissou Basile. Ces frais payés ont été négociés. Et je puis vous dire, et c'est en l'honneur du président Blaise Compaoré, sans aucune contrepartie. Et mes camarades du parti et moi sommes toujours en train de négocier pour le retour tous frais payés de nos camarades restés encore à l’extérieur. Non seulement cela, mais aussi le « dédommagement »  de certains torts subis.

Devons-nous en avoir honte ou éprouver un sentiment de reconnaissance? Monsieur Guissou Basile, apprenez que, lorsque les hommes reçoivent quelque bien de la part de celui dont ils n'attendaient que du mal, ils en sont beaucoup plus reconnaissants.

De tout ce qui a été écrit sur mon compte, c'est ce qui se rapproche de la vérité. Même quand Guissou Basile dit la vérité, il la dit à mauvais desseins.

 

Septième entorse à la vérité:

On a pu lire dans le livre de Ludo Martens, la prétention de monsieur Kader Cissé, d'avoir rédigé le contenu du DOP, m'attribuant la mise en forme.

L'année passée, j'ai affirmé dans les colonnes de la presse, répondant ainsi aux questions d’un journaliste, que quand bien-même j’en étais l’auteur, il ne sied pas  de le dire.

Je constate que le DOP a été une œuvre collective et qu'il ne convenait pas de s'en attribuer le mérite (ou le démérite).

Dans son livre, Basile Guissou revient sur le sujet, m'accusant sans me nommer expressément, dans un langage caricatural, de tirer vanité de la rédaction du DOP et traitant ces « petits capitaines » d’ignorants.

Ici, mensonge par affirmation volontaire, et mensonge par omission volontaire se trouvent conjugués. Et le piège est évident. C'est m'amener à sortir de ma réserve. Si le DOP est un écrit dont on puisse tirer vanité, ce n'est pas le cas pour moi. Il y a bien d'écrits et bien d'actions posées avant et pendant la Révolution dont je puisse véritablement m'honorer, et pourtant, je ne le fais point.

De toute façon, ma participation à cette Révolution a été décrite par Guissou Basile, comme totalement négative. Il me fait assumer tous les péchés de cette Révolution. Aucun acte positif ne doit être inscrit à mon actif. C'est ainsi que l'on écrit l'histoire quand on manque d’objectivité.

Nombreux sont les écrits de l'ULCR dont Basile Guissou et son autre compère Cissé Kader s'évertuaient à usurper la paternité pour faire bien. Tout en étant simple membre du comité central de l'ULCR, cela n'empêchait pas Basile Guissou, sous la Révolution, au cours de ses missions à l'extérieur du pays, d’usurper le titre de premier responsable.

 

3. POUR DES TACHES PLUS NOBLES ET PLUS  UTILES.

Je pense avoir suffisamment établi que monsieur Guissou Basile, poursuivant l’assouvissement d'une haine, n'a pas craint d’infliger des entorses à la vérité. Il a montré de quoi il était capable, dans l'affabulation, dans la confection de mensonges tout crûs, en cherchant à nuire.

Il peut se vanter de m'avoir distrait momentanément des occupations plus nobles que je poursuis, à savoir la recherche de la réconciliation nationale.

Cette réconciliation nationale est rendue nécessaire justement quand on prend conscience que la haine continue d'habiter le cœur de nombres de nos compatriotes. Si des volontés positives ne s'érigent pas contre le développement de tels sentiments négatifs, Il y a beaucoup de chance que ce pays soit de nouveau plongé dans, le chaos destructeur.

Et c'est pour ce faire que notre parti, le PDSU préconise l'idée d'un dépassement constructif, seule à même de jeter les fondements d'une paix sociale dans laquelle on ne saurait, fût-on « sociologue en développement », définir une stratégie de développement, gage d’un espoir pour l'Afrique.

J'en ai pour ma part, terminé avec Guissou Basile. Qu'il continue, si telle est sa disposition naturelle, à patauger dans le bourbier; je ne me rabaisserai plus jamais à son niveau. Le public saura toujours faire la part des choses. Un jour viendra où toutes les bouches s'ouvriront, où toutes les langues se délieront, et la vérité ne saurait être tenue en laisse.

 

Monsieur Guissou Basile, que le Seigneur,

en attendant, vous ait en sa sainte garde.

 Amen!



26/10/2011
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